Everest, l’ascension de la rentrée

Critique d’Everest, chef d’oeuvre en haute altitude

En mai de cette année un terrible tremblement de terre a frappé le Népal, causant la mort de nombreuses personnes parmi lesquelles de nombreux alpinistes partis pour gravir le plus haut sommet du monde, l’Everest. Mon oncle François fait heureusement parti des rescapés dont le plus grand malheur n’est finalement « que » de n’avoir pu réaliser cette ascension mythique.

C’est donc avec une émotion certaine et une curiosité exacerbée que je me suis rendu à l’avant première d’Everest de Baltasar Kormakur présenté au festival de Deauville.

La Sueur vous présente donc une critique du film attendu par tous les passionnés de grands espaces, d’aventure et de dépassement de soi, deux semaines avant sa sortie française.

Le scénario reprend le récit de la terrible ascension de 1996, nous présentant l’équipe d’alpinistes amateurs accompagnée de l’expérimenté Rob Hal et de son équipe de sherpas et professionnels. Le film s’ouvre sur un récapitulatif des expéditions jusqu’alors menées, puis nous offre à voir l’intégralité du périple : de l’arrivée du groupe au Népal jusqu’à la terrible journée du 10 mai qu’a ensuite raconté le journaliste Jack Krakauer dans son ouvrage Tragédie à l’Everest.

Une immersion totale et réussie

Everest est une vraie expérience cinématographique, avec une immersion réussie, grâce à des images stupéfiantes, des paysages à couper le souffle, un design sonore maîtrisé notamment pour accentuer le contraste entre l’expédition et le monde « normal » des familles.

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La 3D proposée pour ce film est un vrai plus, on se trouve plongé dans un spectacle formidable de la chaine himalayenne. Le tournage a eu lieu de fait en grande partie dans le versant népalais de l’Everest, avec néanmoins quelques séquences dans les Alpes et le reste du tournage à chercher à reconstituer des conditions extrêmes, en « congelant » le plateau et envoyant de la vraie neige. Cet aspect est loin d’être anecdotique, une réalisation studio « classique » aurait empêché de telles sensations car l’immersion évoquée est d’abord celle des comédiens dans l’univers de la montagne, rendant encore plus de force à la dimension « aventure » du projet de Kormakur.

De plus, l’ensemble son/image rend parfaitement hommage à la pratique de l’alpinisme, même dans les parcours sans encombre, l’immersion est tellement réussie que l’on prend parfaitement la mesure des efforts et de l’exploit que cela représente. On observe ainsi leur préparation par étape, le mode de fonctionnement avec les différents camps de base.

Le dépassement de soi et les dangers que cela implique comme thème central

Le film réussi à présenter les deux composantes de l’alpinisme, le monstre qu’est la montagne comme vu précédemment mais aussi l’homme et l’humain face à ce géant.

Au delà d’un casting incroyable avec entre autres Josh Brolin, Jack Gyllenhaal, Keira Knightley, Robin Wright ou Jason Clarke, dont les performances sont remarquables; le film prend le parti de traiter de manière équitable les différents protagonistes, qu’ils soient alpiniste chevronné, casse-cou, modèle … Ainsi on découvre que leurs ambitions sont très différentes alors que l’objectif est le même: l’un veut prouver à ses enfants qu’ils peuvent réussir dans la vie, l’autre fuit une dépression latente mais quelles que soient leurs raisons, tous seront confrontés à la dureté du climat, les conditions dantesques et devront mettre leur mental à l’épreuve de la tempête.

Le dépassement de soi est un thème central de ce film, que ce soit dans leur préparation, le fait qu’ils envisagent même cette aventure, et leur capacité à composer avec les éléments.

De l’autre côté de ce challenge incroyable et de cette aventure se trouve la famille, représentée deux fois (la femme d’un guide et celle d’un « amateur »). Celles ci symbolisent le sacrifice et la vie en dehors de l’alpinisme dont elles questionnent le sens. Le traitement en parallèle des deux foyers lors de la tempête montre aussi les aléas de la montagne qui choisit de prendre la vie ou non, sans qu’il n’y ait de logique ou de morale derrière.

EN SALLES LE 23 SEPTEMBRE

by T.T.R.

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