Interview Cyril Asker – le frenchie est en Australie pour casser la hype


Ce samedi à Perth, Cyril Asker affronte Tai Tuivasa en co-co main-event de l’UFC 221. Le frenchie compte bien jouer le briseur de hype.
En Australie, Cyril Asker va tenter d’enchaîner une deuxième victoire consécutive. Premier combat de la soirée en novembre à Shanghai, le voilà co-co main-event. Ainsi, l’Avignonnais se retrouve face à Tai Tuivasa. À 24 ans, l’Australien est invaincu en carrière et sort d’un impressionnant KO pour ses débuts à l’UFC.
Hello Cyril, comment te sens-tu avant ce
combat ? Tu es quand même co-co main-event ?
Hello Guillaume, oui je suis co-co-co-co-co main-event haha. Ça va
je suis bien. Je pensais que j’allais plus dérouiller au niveau
physique et sur le transport.
Comment s’est passée la gestion du trajet ? Quand
es-tu arrivé ? (L’interview était mercredi 7
février)
Je suis arrivé hier en début d’après-midi. On est parti lundi
matin, on s’est levé à 2h du mat’. On n’a pas dormi jusqu’à hier
soir. Ça fait un gros trajet. Il faut gérer, ne pas trop
s’entraîner, il faut récupérer. On était cramé, mais on a tenu
jusqu’au soir. Ça ne veut pas dire grand-chose, car l’événement se
déroule le dimanche matin ici.
Co-Co main vent sur un UFC numéroté qu’est-ce que ça
change pour toi ? Tu as conscience qu’une victoire pourrait te
propulser dans l’organisation ?
Non, je ne sens pas trop de différence. Écoute, je prends combat
par combat, là je suis concentré sur lui. Comme on dit
: « one by one ». Si t’as question c’est
« est-ce que je m’excite la chatte ? », ce n’est pas
le cas.
Que penses-tu de ce matchmaking de la part de
l’UFC ? Pour beaucoup, le combat sert surtout à mettre en
avant la pépite Tai Tuivasa ?
Moi je m’en bats les couilles. À l’UFC, je suis prêt à prendre
n’importe qui. Si tu rentres à l’UFC en te disant « je vais
choisir les combattants dans la caté », ce n’est pas bon. Moi
je prends n’importe qui. C’est mon 5e combat, j’enchaîne
les prépas. Je suis en grosse forme. J’ai soigné mon mal de dos,
j’ai la grosse pêche. Tai Tuivasa, il a un combat à l’UFC, on verra
ce que ça va donner. J’y vais à fond, je suis motivé, je suis au
taquet.
Que sais-tu de lui ? As-tu un gameplan
spécial ?
Pas tellement, tu sais chez les poids lourds c’est plus ou moins
pareil : des gros qui tapent fort. Hormis, chez le top 10 où
ça devient plus compliqué, là c’est presque toujours pareil. On a
des mecs qui sont arrivés de partout, qui ont mis les gants. Il
faut être prêt à tout, on s’entraîne à tous les niveaux.
[tweet https://twitter.com/WorldSportsWrap/status/934354258639585281]
Tuivasa est un protégé de Mark Hunt, qui combat
justement samedi contre Curtis Blaydes. Que penses-tu du Super
Samoan ? De son autre combat contre le
dopage ?
Je trouve ça génial. Mark Hunt c’est une légende. Ça a l’air d’être
un mec sympa dans et en dehors de la cage. Sa lutte contre le
dopage est primordiale. C’est un sport où il y a eu beaucoup de
dopages, ça a mauvaise presse. Depuis que l’USADA est en place, il
y a eu beaucoup de chutes. D’un autre côté, l’USADA est
contraignante. Il faut que tu donnes tes plannings. Si tu as la
grippe, tu ne peux pas prendre-ci, tu ne peux pas prendre ça. C’est
le petit revers de la médaille. Les rankings ont quand même
beaucoup bougé depuis l’arrivée de l’USADA. T’as vu les tops 10
depuis 2 ans, ça a bougé, c’est un truc de fou. Je vais pas donner
de nom parce que je vais pas me faire de copains… À la rigueur, je
m’en branle. Tu les connais…
De ton côté, ça a changé ton quotidien l’USADA ? Au
niveau de tes suppléments alimentaires
notamment ?
Non, je prends des suppléments de base : vitamines C,
magnésium, oméga 3 et un peu de fer. Je suis à l’eau, au pinard et
au fromage. Prendre des suppléments, c’est un peu pactiser avec le
diable. « Aurais-tu réussi à le faire sans les
produits ? » Je pense que l’aide est plutôt mentale. Il
n’y a rien qui remplace le taff.
En cas de victoire, tu commenceras à avoir un plan de
carrière ? Un plan pour la suite dans la catégorie ? Tu
es toujours très décontracté, tu travailles toujours au garage. Le
combat reste une passion avant un métier ?
Je ne sais pas, je pense que j’ai trouvé mon équilibre. Dans ma vie
d’homme et de combattant, c’est très important. Je ne mise pas tout
là-dessus non plus. J’ai la bonne pression quand je rentre dans la
cage, car je veux une bonne performance. Je veux titiller les
meilleurs mondiaux. C’est sûr qu’en France c’est dur de prendre la
grosse tête. Le samedi tu boxes devant 15 000 personnes. Le
dimanche tu rentres chez toi. Le lundi matin, t’es au boulot. Tu
dis que tu fais du MMA, on te demande si t’es dans les assurances.
Forcément, ça te calme. J’ai trouvé mon équilibre.
https://youtu.be/lkb9dAtFLeo
Ce serait différent pour d’autres. C’est la boîte de mon père, je compte la reprendre. On travaille énormément. Je ne peux pas être un mec qui attend l’heure de l’entraînement dans le canapé. Il faut que je sollicite beaucoup ma tête. Si je sollicite juste mon physique, c’est compliqué. Parce qu’il ne faut pas croire les mecs qui disent s’entraîner 6h par jour. C’est de la connerie. Moi je me lève le matin, je pars bosser. Je sors à 11h, je m’entraîne 1h-1h30. Le soir je m’entraîne encore 1h30. Les mecs qui disent s’entraîner 6h-8h par jour, je n’y crois pas. Je m’entraîne pendant 1h30, 10 fois par semaine… Quand tu cales aussi les cardios et les séances de sparring, c’est déjà une bonne semaine.
Tu as été au bout de ton premier contrat à l’UFC,
resigné, ça change financièrement pour toi ? Niveau sponsor
notamment…
Ah ouais, les sponsors, ça a beaucoup changé ! Je suis passé
de peau de balle à rien. Non, ça n’a rien changé, je suis toujours
à zéro sponsor. Voilà, je m’en bats les couilles.
Dans deux mois tu fêteras tes deux ans à l’UFC. Que
penses-tu de ton run ? Tu t’imaginais rester aussi
longtemps ?
Franchement, je suis content d’être sur la main-card. Ça me fait
surtout plaisir que l’événement soit tôt dans la journée. Pas trop
tôt, car si j’avais été sur les prelims, j’aurais dû combattre à
7h30. J’ai eu des problèmes de santé au dos sur les premiers
événements. Franchement, je ne suis pas content de moi sur mes
premiers combats. Bon déjà, j’ai perdu mon premier combat. Ça
arrive à beaucoup de mecs, mais ça, je m’en branle. Walt Harris,
j’aurais pu le battre 100 fois, j’ai pris un mauvais coup. L’UFC ne
me fait pas de cadeau, mais c’est le niveau mondial. Si tu
commences à pleurnicher, c’est fini. J’ai un regard mitigé sur mon
premier contrat. C’est très moyen, ça ne reflète pas ce que je peux
faire.



















[…] avait annoncé que ça allait être très compliqué pour Cyril Asker, on ne s’était pas trompé. Face à l’invaincu Tai Tuivasa, le Français n’a malheureusement […]