Interview John Kavanagh, coach de McGregor – « son adversaire le plus difficile a toujours été lui-même »


Entraîneur de Conor McGregor depuis les débuts du Notorious en MMA. John Kavanagh est bien évidemment du voyage à l’UFC 246.
Fondateur et head-coach du Straight Blast Gym, John Kavanagh a été de tous les combats de Conor McGregor. Pour l’UFC 246 à Las Vegas, le coach est toujours avec son poulain, déterminé à reprendre le chemin de la victoire. Tous sports confondus, le Notorious n’a, en effet, pas connu la victoire depuis novembre 2016. Il y a quelques semaines, Kavanagh a accepté de répondre à nos questions sur ses actualités et le MMA en général.
Ma première question concerne Morgan Charrière, il s’est
entraîné dans ton gym. Que penses-tu de son évolution
?
Oui, j’ai regardé son combat au Cage Warriors. Son double-jab,
overhand, suivi d’un genou, c’était ‘Magnifique’. Très très beau.
Je suis très fan de Morgan, et c’est un bon combattant. Il a un
très bon état d’esprit, c’est un technicien. Je suis impatient de
voir ses progrès.
On voit qu’en MMA, c’est important d’avoir ce qu’il faut
dans la cage et en dehors, avec par exemple les réseaux sociaux,
fais-tu du coaching à ce niveau également ?
Je ne fais pas du coaching à proprement parler, mais je leur dis.
Ça ne sert à rien d’être le plus grand combattant au monde si
personne n’en a entendu parler. C’est l’époque dans laquelle nous
sommes. Regarde autour de toi. Un combattant doit être capable de
faire des interviews, doit être capable de parler. Dans le cas
contraire, j’encouragerais à rester au niveau amateur. Les
championnats IMMAF amateurs sont fantastiques. Ce sont une belle
plateforme pour les personnes avec un esprit de compétition, mais
qui n’aiment pas faire des réseaux sociaux. Parce que vous n’y
arriverez pas dans le monde du MMA sans réseaux sociaux.
Vous êtes devenu une personne influente dans le monde du
MMA, comment expliquez-vous cela ?
Non, tu es trop poli. Ne prétendons pas que c’est autre chose que
mon association avec Conor McGregor. C’est ce qui m’a rendu
célèbre. C’est aussi pourquoi tu m’interviewes aujourd’hui.
Vous avez de multiples élèves, venant de différents
endroits de la planète. Qu’est-ce que vous leur enseignez en
particulier ?
Ce que j’essaye de faire est d’essayer de trouver leur motivation.
Si je connais leur véritable motivation, je sens que je peux les
aider. Au niveau de Morgan, quand ils viennent dans mon gym, que
vais-je leur enseigner ? À lancer un jab ? Ils savent déjà le
faire. Ils comprennent les techniques physiques. J’essaye de les
accompagner un peu dans leur carrière. Je suis dans ce milieu
depuis un moment, je sais comment ça fonctionne pour monter dans
les classements. Mon approche est de les aider du mieux que je peux
au-delà des coups de poing et coups de pied.
Quelle est la chose la plus difficile ? Entraîner
un combattant qui a déjà de l’expérience ou un diamant
brut ?
Les deux sont très satisfaisants. Pour être honnête, je préfère
avoir quelqu’un dès le début. Conor a commencé avec moi dès le
premier jour. Il avait déjà boxé avant, mais n’avait rien fait
d’autre. Il y a d’autres gars comme Lee Hammond, qui est un peu une
star dans notre gym, il est champion du monde IMMAF. Il est arrivé
dans mon gym alors qu’il était un petit adolescent chétif… pour
devenir un fantastique combattant. C’est toujours gratifiant
d’avoir quelqu’un depuis le début.
À quel point est-ce difficile d’accompagner un
combattant de ses débuts, jusqu’au titre ?
Ce n’est pas facile ! Mais quel genre de travail est facile ? Ton
travail n’est pas simple. Tu dois voyager de France pour venir ici,
cela nécessite du temps. Si on veut plus, on doit faire plus. J’ai
une équipe importante et j’essaye d’être disponible pour eux autant
que possible. Je suis à l’aise avec le fait de ne pas avoir
beaucoup de temps libre, car ce que j’ai en retour est tellement
génial.
Fernand Lopez m’a dit que communiquer avec les athlètes
est l’élément le plus challengeant, pour toi, quel est le point le
plus challengeant ?
Chaque combattant est différent de l’autre. Vous ne voulez pas
avoir des problèmes avec les gars. Il faut maintenir un
entraînement aussi réaliste que possible… tout en minimisant au
maximum le risque de blessure. En s’entraînant très dur tout le
temps, les gens progressent rapidement, mais peuvent se blesser ou
être coupé. Il faut trouver la balance entre s’entraîner de manière
réaliste… sans se faire mal.
Qui va être la prochaine star de SBG ?
Comme je te parle à toi, j’ai un gamin français, Asael, je ne sais
pas si tu en as entendu parler. Il va faire ses débuts
prochainement (au Bellator). Il passe professionnel l’année
prochaine. Je place de très grands espoirs en lui. De très grands
espoirs.
La normalisation du MMA en France approche, est-ce si
important que ça ?
C’est énorme ! France est… J’imagine être à Paris, la ville
lumière, avec une grosse organisation, aussi bien l’UFC que le
Bellator. D’un point de vue historique, je pense que c’est
important d’avoir le MMA en France. La France a été au cœur de tant
de révolutions artistiques, je pense que c’est important d’être sur
ce marché.
As-tu vu Ciryl Gane ?
J’avais une Allemande qui combattait au Canada, lors de son dernier
combat avant l’UFC. Au TKO, j’ai vu l’échauffement et je me suis
dit : « Oh mon Dieu, qui est ce gars ? » Quand tu vois un
heavyweight athlétique, tu fais tout de suite attention. Souvent,
ils sont toujours pris par d’autres sports comme le rugby ou le
football US. En allant dans un autre sport, je suis sûr qu’il
aurait eu un énorme contrat. Donc en MMA, tu vois ces gars et tu
sais tout de suite que ça va être spécial. Au MMA Factory, on sait
qu’il va avoir un bon entraînement technique. En mettant tout ça
ensemble… il est à 2-0 à l’UFC, et il été très bon lors de son
dernier combat. C’est un homme effrayant.
Le mouvement est-il la prochaine grande étape du MMA
?
En général, en dehors des capacités techniques, pour un
heavyweight, de réussir à se déplacer comme ça, pendant 15 minutes
« WOW ». Il a un énorme potentiel…
Quel serait l’adversaire idéal pour Conor McGregor
?
Son adversaire le plus difficile a toujours été lui-même. C’est cet
adversaire qu’il combat actuellement, je crois. J’espère qu’il aura
ce combat du 18 janvier. Dans 11 semaines. Pour moi, connaître
celui qui sera en face est bien moins important que le Conor dans
la cage. Ça fait longtemps. Il faut un Conor en bonne condition
physique et mentale. C’est pour cette raison que celui qui est en
face n’est pas très important.
Est-ce compliqué de gérer la balance entre Conor et les
autres élèves ?
On a des entraînements en équipe et Conor fait partie de l’équipe.
Il vient et il n’y a pas de traitement spécial. Il est membre de
l’équipe. J’ai quasiment toute ma vie dédiée à mon équipe de
combat. Les journées sont longues, et si vous êtes efficace dans la
gestion du temps, c’est possible.



















