Critique La Fille Inconnue : Adèle Haenel en toubib chez les Dardenne

 

Après Deux Jours, une Nuit, les frères Dardenne sont de retour avec La Fille Inconnue, nouvelle fable sociale avec Adèle Haenel.

Aux Etats-Unis il y a Woody Allen et en Belgique, il y a les frères Dardenne. S’ils ne sont bien sûr pas dans le même registre cinématographique, il y a une certaine similitude entre le réalisateur new-yorkais et les cinéastes belges. Ils tentent de rester globalement dans la même thématique de film en film, mais toujours en abordant un contexte différent. Après Deux Jours, une Nuit, avec Marion Cotillard dans l’un de ses meilleurs rôles, Jean-Pierre et Luc Dardenne ont choisi la jeune et talentueuse Adèle Haenel pour La Fille Inconnue. Un drame social  assez noir dans la lignée de la filmographie des frangins les plus célèbre du cinéma (avec les Cohen).

Adèle Haenel fait le serment d’Hypocrate

Récipiendaire du César de la meilleure actrice pour Les Combattants de Thomas Cailley, Adèle Haenel est devenue en un film, une des figures de cette nouvelle génération d’acteur talentueux. Une force de jeu qui a tapé dans l’œil de Jean-Pierre et Luc Dardenne, qui continue ainsi de choisir une comédienne française pour jouer le premier rôle (après Marion Cotillard). Haenel incarne dans La Fille Inconnue Jenny, une jeune médecin généraliste qui officie dans un cabinet installé dans un quartier populaire de la banlieue de Liège. Profondément seule associé un désintérêt pour son look vestimentaire, Jenny pense médecine et vit médecine. Son unique préoccupation ce sont ses patients qu’elle suit 7 jours sur 7.

Mais tout va basculer un soir quand Jenny n’ouvrira pas la porte de son cabinet à une jeune fille qui se fera assassiner quelque minutes plus tard. Se sentant coupable, elle va tout faire pour retrouver l’identité de la victime pour qu’elle ne soit pas enterrée anonymement.

On part ainsi dans La Fille Inconnue dans une enquête à la recherche d’indices et de la vérité. Comme dans Deux jours, une Nuit, les frères Dardenne font progresser l’intrigue pas à pas sur fond de rencontres entre le personnage principal et les secondaires (Olivier Gourmet, Jérémie Renier). Une construction quasiment identique, mais efficace.

Noir et froid

Vivement critiqués à Cannes et qualifié (trop facilement) d’autoparodie de leur propre cinéma, le dernier film des Dardenne a dû être remonté pour sa sortie officielle. Raccourci de 7 minutes, La Fille Inconnue reste un pur film dardenien. Une fable morale et sociale sur le thème de la culpabilité et de l’entraide.

Si le sujet est fort et particulièrement bien traité, il y a malheureusement un grand problème de rythme qui est bien trop lent (même si c’est la patte des Dardenne). De son côté, Adèle Haenel manque cruellement de personnalité et d’expression. Froide et neutre, son personnage ressemble à un fantôme qui ère dans les rues sombres et grisâtres de Belgique. Une ambiance totalement à l’opposée de celle de Deux Jours, une Nuit.

Malgré ce léger côté robotique, La Fille Inconnue reste tout de même prenant avec un scénario et un thème suffisamment intéressant pour se laisser plonger encore une fois dans l’univers des frères Dardenne. Si ce n’est pas le meilleur rôle d’Adèle Haenel, ceci est compensé par les très bonnes interprétations des Olivier Gourmet, Jérémie Renier et Olivier Bonnaud (excellent en médecin stagiaire qui rêve d’idéal). Jean-Pierre et Luc Dardenne continuent leur oeuvre naturaliste sur les êtres humains. La seule chose au final qui intéresse les cinéastes belges.

La Fille Inconnue (Bel, 1h46)
De Jean-Pierre et Luc Dardenne
Avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud et Jérémie Renier
En salles le 12 octobre.

Pierre-Andrea

Pierre-Andrea

Journaliste chez La Sueur
Ecrit sur la NHL, le surf, le running et la culture
Pierre-Andrea
Photo By: Diaphan Distribution

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