Quand Sean Strickland mentait au médecin UFC lors de son duel contre Kamaru Usman avec un œil détruit


En bref
- Sean Strickland s'est incliné face à Kamaru Usman.
- Les deux hommes se sont affrontés lors de l'UFC 210.
- Comment Sean Strickland, blessé, a-t-il pu continuer le combat ? En mentant, tout simplement :
MMA – Quand Sean Strickland a menti à un médecin de l’UFC pour continuer son duel
L’histoire oubliée d’un combat brutal à l’UFC 210
Il y a neuf ans, en avril 2017, un jeune combattant nommé Sean Strickland s’est présenté à l’UFC 210 à Buffalo, New York, avec le statut de challenger sérieux. Face à lui, un certain Kamaru Usman, alors débutant à l’UFC mais déjà menaçant. Ce qui s’est déroulé ce soir-là allait marquer Strickland de manière indélébile, et pas seulement par ses blessures visibles.
La domination d’Usman a été totale. Méthodique. Écrasante. Mais ce qui rend cette histoire vraiment folle, c’est ce que Strickland a dû faire pour continuer le combat après les deux premiers rounds. Une révélation qui prend une dimension nouvelle aujourd’hui, neuf ans plus tard, maintenant que Strickland est le champion poids moyen de l’UFC.
Deux rounds à 10-8 : quand la domination devient handicapante
Le scénario était catastrophique pour Strickland. Usman n’a pas seulement gagné les deux premiers rounds. Il a écrasé le combattant de Dallas. Les juges ont donné un score de 10-8 à Usman au premier round sur le carnet de Dave Tirelli. Au deuxième round, Jeff Mullen a également inscrit un 10-8 pour le combattant nigérian.
En MMA, un 10-8 n’est pas une simple victoire de round. C’est un badge d’honneur pour le vainqueur du round et une cicatrice pour le perdant. Cela signifie une domination si écrasante que les juges considèrent que le perdant a subi des dommages substantiels.
Et les dommages, Strickland les avait. Son œil gauche était dévasté. Gonflé. Meurtri. Gravement endommagé par les coups d’Usman. Avant le troisième round, Strickland a clairement indiqué à son coach qu’il « ne voyait plus rien de cet œil« . La vision disparue. Le danger était réel. L’arrêt médical approchait.
Le mensonge qui a sauvé le combat
C’est ici que l’histoire devient amusante. Le médecin, comme il se doit, a vérifié l’état de Strickland entre les rounds. Question standard : « Ça va ? Tu peux continuer ? »
Strickland a regardé le docteur droit dans les yeux et a menti.
Il a affirmé qu’il voyait. Que tout allait bien. Et quand le médecin a remarqué qu’il plissait fortement l’œil gauche, Strickland a répondu avec un calme déconcertant : « C’est juste gonflé, pardon. »
Un mensonge simple. Efficace. Qui aurait pu avoir des conséquences graves. Mais cela a permis à Strickland de continuer. De refuser l’arrêt médical. De rester dans le combat, même s’il ne voyait que d’un oeil.
La domination totale d’Usman
Le mensonge a fonctionné. Strickland a pu terminer les trois rounds, même si le troisième n’a apporté aucun soulagement. Les cartes de pointage reflétaient la réalité : 30-27, 30-26 et 30-26 pour Usman. Une victoire sans équivoque. Une domination totale.
Les statistiques racontent l’histoire avec une franchise brutale :
- Frappes significatives : Usman a connecté 90 sur 171 (52%), tandis que Strickland a géré seulement 27 sur 103 (26%)
- Frappes totales : Usman 117 sur 200 contre 30 sur 108 pour Strickland
- Takedowns : Usman en a marqué 2, Strickland aucun
- Temps de contrôle : Usman a dominé 8 minutes et 8 secondes au sol
À cette époque, Strickland était 18-2 en MMA professionnel. Usman, lui, cherchait à devenir 10-1 à l’UFC. Le classement était clair. L’expérience, aussi.
2026 : quand Strickland devient champion
Ce qui rend cette anecdote véritablement savoureuse, c’est le temps qui a passé. Neuf ans après ce combat humiliant face à Usman, Sean Strickland est devenu le champion des poids moyens de l’UFC. Il a remporté le titre le 9 mai 2026 lors de l’UFC 328, en battant le redoutable Khamzat Chimaev par décision partagée et en lui infligeant sa première défaite en carrière.
Depuis ce combat contre Usman, Strickland a construit une légende. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : 31 victoires pour 7 défaites. Il est le deuxième combattant de l’histoire de l’UFC avec le plus de frappes significatives posées (2430), et le premier pour le nombre total de frappes en division poids moyen (1799).
C’est un combattant qui a construit sa carrière non pas sur le talent naturel ou la technique pure, mais sur une résilience inhumaine, une capacité à encaisser, à continuer, à survivre, et finalement, à gagner.
L’image du combattant qui ne renonce jamais
L’histoire du mensonge au médecin encapsule parfaitement ce que représente Sean Strickland dans le MMA moderne. Un gars qui ferait n’importe quoi pour continuer. Qui mentira à un docteur. Qui refusera l’arrêt médical même avec un oeil qui ne voit plus.
Cette révélation, devenue publique neuf ans plus tard, renforce son image de combattant inévitable, quelqu’un qui ne peut pas être arrêté par la douleur, par les blessures, ou par la logique médicale. C’est l’image d’un champion.
Kamaru Usman, lui, a continué sa route après ce triomphe. Il est devenu l’un des meilleurs poids welter de l’UFC, avec un palmarès impressionnant de 21 victoires pour 5 défaites. Mais ce jour-là, en 2017, il a affronté un gars qui n’abandonne jamais.
Conclusion : la résilience comme arme
L’histoire de Sean Strickland mentant au médecin en 2017 est plus qu’une simple anecdote de coulisse. C’est une métaphore vivante de sa carrière entière. C’est l’histoire d’un combattant qui refuse d’accepter la défaite, qui repoussera ses limites jusqu’à la rupture, et qui, en fin de compte, deviendra champion malgré (ou plutôt grâce à) cette détermination brutale.
Neuf ans ont passé. Strickland porte maintenant la ceinture. Et quelque part, il y a probablement un médecin de l’UFC qui se demande combien d’autres combattants ont menti avant lui, et combien continueront à le faire.
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