Avant son premier UFC Paris, le Français Michael Aljarouj se confie : « il fallait courir pour éviter les snipers de Daesh »


En bref
- Michael Aljarouj est né à Alep, en Syrie, avant de rejoindre la France à l’adolescence.
- Lors de sa fuite vers le Liban, son bus a été arrêté par un groupe de Daesh qui voulait l’enrôler.
- Son père a finalement négocié sa libération en donnant de l’argent au chef du groupe.
- Le 5 septembre, Aljarouj affrontera Fabia Sintes à l’Accor Arena pour ses débuts à l’UFC.
MMA – Michael Aljarouj s’apprête à faire ses débuts à l’UFC Paris après un parcours hors du commun.
Avant de connaître le MMA de haut niveau, Michael Aljarouj (13-4) a vécu une scène qui aurait pu bouleverser toute son existence. Né à Alep, le Français a grandi dans une Syrie frappée par la guerre. Alors qu’il tentait de rejoindre le Liban avec sa famille, leur bus a été arrêté par un groupe de Daesh. Aljarouj a immédiatement été séparé des siens.
« Le jour où on était dans le bus pour aller au Liban, on s’est fait arrêter par un groupe de Daesh et ils m’ont fait descendre parce que, pour eux, j’avais l’âge pour faire la guerre. » confie-t-il au micro d’RMC Sport.
La situation s’est rapidement aggravée. « Là, il y a le chef qui me parlait et en même temps, un des soldats mettait un gilet pare-balles sur moi avec des grenades, il me donnait une arme. En même temps, le chef me disait : “Écoute, tu as deux choix. Soit tu combats pour nous, soit on va te tuer, toi et ta famille.” Mon père me voyait de la fenêtre et c’est là où il a réagi. »
De l’arrivée en France à un premier combat dans l’octogone
Le père de Michael Aljarouj a décidé d’intervenir pour empêcher son fils d’être enrôlé. Une négociation s’est alors engagée avec le responsable du groupe. « Donc il est descendu, il a négocié avec leur chef, il lui a donné de l’argent et c’est là où il nous a libérés. »
Aljarouj est ensuite arrivé en France à l’âge de 15 ans sans parler français. Il a obtenu un baccalauréat scientifique avant de se consacrer sérieusement au MMA. Depuis, il est devenu champion dans plusieurs organisations françaises, notamment le 100% Fight, le MMA GP et Hexagone MMA.
Plusieurs années après son départ de Syrie, il s’apprête désormais à franchir une nouvelle étape majeure. Le 5 septembre, il affrontera Fabia Sintes à l’Accor Arena pour son premier combat à l’UFC. Toutefois, pas de quoi lui mettre la pression : « Je suis dur mentalement, donc je ne dirais pas que ça m’a traumatisé. Mais il m’arrive de faire des cauchemars en repensant à certains événements. Comme quand je rentrais du collège et qu’il fallait courir pour éviter les snipers… Tu pouvais mourir à n’importe quel moment. »



















