Le jour où Cro Cop s’est fait “Cro Croper”

Mirko “Cro Cop” Filipovic. Que vous vient-il à l’esprit quand vous entendez ce nom ? En plus des shorts à carreaux emblématiques du combattant croate, vous avez sûrement en tête l’image du terrible coup de pied gauche de la légende du PRIDE. Une arme qui compte parmi les plus dévastatrices de l’Histoire du MMA. Mais malheureusement pour lui ce fameux coup de pied gauche se retourna contre lui de manière brutale.

Qu’est-ce qui fait du MMA le sport le plus excitant au monde ? La rencontre de différents arts martiaux ? Le courage dont font preuve les combattants ? Les combats d’anthologie ? L’intensité des affrontements ?

Tous ces éléments contribuent certes à faire du MMA un sport sans pareil. Mais ce qui caractérise le plus le MMA – à mon humble avis – est le côté imprévisible des combats. Alors certes il y a forcément des favoris (comme dans tous les sports) mais n’empêche qu’aucune autre discipline ne réserve autant de surprises que le MMA. Combien de combattants et de champions légendaires ont chuté face à des adversaires que tout le monde donnait perdants ?

C’est le cas de Mirko Cro Cop, en cette soirée du 21 avril 2007. Cro Cop fait alors figure de nouvelle recrue au sein de l’UFC, organisation dans laquelle il n’a alors effectué qu’un seul combat, l’emportant aisément par TKO face à Eddie Sanchez. Le succès qu’avait connu le combattant croate au PRIDE semblait être aussi au rendez-vous à l’UFC, et la majorité des observateurs le voyaient tout à fait poursuivre sur sa belle lancée. Sauf que…

Sauf que le croate tombait sur un os à l’UFC 70. Cro Cop affronte le Brésilien Gabriel Gonzaga en tête d’affiche de l’évènement. Le combat est crucial en ce qu’un title shot contre le champion de l’époque Randy Couture allait être mis en jeu. Cro Cop fait figure de large favori. Personne ne semble alors imaginer que le spécialiste de Jiu-Jitsu Brésilien Gonzaga puisse se défaire de la star du PRIDE, encore moins dans un duel de striking.

Le combat commence et Gonzaga se révèle d’ores et déjà bien plus à l’aise dans le combat debout que bon nombre d’observateurs l’auraient imaginé. Mieux encore, il parvient très fréquemment à placer son pied avant à l’extérieur du pied avant de Cro Cop, chose qui donne un ascendant automatique et conséquent du point de vue du striking dans les combats opposants un droitier à un gaucher. Le croate semble ne pas être dans son plus beau jour.

Et ce n’est que le début. Malgré un remarquable middle kick qui s’écrase violemment contre les côtes de Gonzaga, Cro Cop se retrouve au sol, sur le dos en garde fermée. S’ensuivent plusieurs minutes de ground and pound qui font du dégât, Gonzaga utilisant habilement ses coudes. Cro Cop, pas habitué à ce genre d’attaques – les coups de coude étaient prohibés au PRIDE – encaisse difficilement et souffre d’une coupure au visage.

L’arbitre décide alors de relever les deux combattants, car… eh bien en fait on ne sait toujours pas. Les commentateurs s’étonnent d’ailleurs de sa décision pour le moins surprenante. Toutefois, ce qui aurait pu constituer un désavantage pour Gonzaga va vite se révéler être une aubaine.

Il reste 11 secondes dans le premier round. C’est à ce moment que Gonzaga envoie un high kick stratosphérique qui vient s’abattre sur le front du croate. Ce dernier est KO, une jambe littéralement retournée.

Les commentateurs n’en reviennent pas. Les fans sont hagards. Cro Cop, lui le spécialiste du head kick, vient de se faire atomiser par exactement la même arme qui a bâti sa légende. Assurément un des plus beaux – et choquants – KOs de l’Histoire du MMA. Par Reda A.

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