En plein coeur d’une AccorHotels Arena qui accueille ce vendredi les plus gros chocs de l’hexagone – avec en prime, le duel Soro-Vitu – Dylan Charrat affronte le Vénézuélien Johan Perez. Invaincu en 19 combats (18-0-1), le Lyonnais entend bien conserver son invincibilité. Entretien avec celui qui détient la ceinture EBU chez les super-welters.

Te revoilà 4 mois après ton premier titre. Premier combat après ta ceinture EBU (même si elle ne va pas être remise en jeu). Comment s’est passée ta préparation?
Après le combat de cet été, j’ai pris un peu de repos. J’ai pris des vacances de 2-3 semaines et j’ai profité de la ceinture ! Je suis retourné sur Lyon vers le 10 août et là, j’ai commencé une très grosse préparation physique avec pas mal de travail de puissance, d’explosivité, et beaucoup de travail au niveau des jambes. Dans le passé, c’était l’une de mes faiblesses et on travaille beaucoup dessus pour renforcer tout ça. Et à partir du mois de septembre, on a commencé le travail technique avec des assauts à thèmes et du travail spécifique. Puis en octobre, j’ai entamé des sparrings avec Ahmed El Moussaoui et deux autres boxeurs pros qui sont sur Lyon. Toute une équipe était là pour se préparer et c’était l’occasion de se tester, d’élever mon niveau et de travailler sur mes défauts.

En quoi a consisté ton travail au niveau des jambes?
Au travers des jambes, on cherche à améliorer mes appuis. Dans le passé, j’étais un boxeur assez aérien. Et au fil du temps, on cherche à garder de la mobilité tout en étant plus sur mes appuis lorsque je frappe pour avoir encore plus d’impact. Donc le travail de renforcement musculaire au niveau des jambes a été très important. Il y a eu aussi un énorme travail de coordination, d’agilité, de mouvements, de déplacements et un travail spécifique en boxe. C’est un processus de travail qui va de la musculation jusqu’à un travail de pure technique des jambes.

« La clef pour ce combat, ça va être ma rapidité et mon travail de jambes pour me désaxer et ne jamais rester en face »

Johan Perez, c’est un boxeur expérimenté avec plus ou moins des bonnes statistiques (24-6-2). Quelle va être la clef pour passer cette étape ?
Perez, c’est vraiment un très bon combattant puisqu’il a été champion du monde WBA dans le passé. Il a tout simplement boxé les meilleurs mondiaux. Donc c’est un vrai test. Sur les vidéos que j’ai vues, c’est un boxeur très physique, offensif et avec beaucoup d’expérience (24 victoires et 6 défaites) avec beaucoup de combats en 12 rounds. C’est un mec qui a du métier, limite bagarreur, avec assez de technique. Et donc la clef pour ce combat, ça va être ma rapidité et mon travail de jambes aussi pour me désaxer et ne jamais rester en face. On a effectué un énorme travail dans les sparrings au niveau du jab, de mes déplacements après les échanges, et de l’explosivité pour être plus rapide que lui.

Jusque-là, tu as beaucoup combattu de boxeurs français et européens (hormis une exception au Japon). Avec ton titre européen, est-ce que maintenant la stratégie est d’aller chercher des boxeurs à l’étranger, à l’image de Perez ?
Petit à petit, on se tourne vers des boxeurs qui ont une grosse expérience au niveau mondial. Premièrement, pour prendre de l’expérience, se jauger, mais aussi pour les classements. Parce que là, j’ai le titre de l’Union européenne. Maintenant, je suis challenger pour le titre de champion d’Europe qu’on devrait faire d’ici mars ou avril. Le truc, c’est que le boxeur que je vais rencontrer pour le titre de champion d’Europe, c’est le numéro 2 mondial dans sa fédération (la WBC). Donc c’est important de faire un combat contre quelqu’un qui a été au niveau mondial et qui a été champion du monde afin de se jauger et de se préparer.

« J’ai envie de briller, de réaliser une performance qui marque les esprits. Je vais faire en sorte d’honorer ma présence et de faire briller la boxe française »

Après ce combat contre Perez, comment vois-tu la suite de ta carrière ? J’ai vu qu’il y avait une opportunité en 2020 avec un combat qui pourrait t’attendre contre un très bon boxeur… Est-ce tu peux m’en dire un peu plus ?
Là, le fait d’avoir gagné la ceinture de l’Union européenne m’a permis d’être numéro 2, donc challenger, pour le titre européen. Je vais donc combattre le champion dans les prochains mois. Le champion en titre, c’est Sergio Garcia qui a déjà défendu son titre à 3 ou 4 reprises. C’est un très bon boxeur. Du coup, après le combat contre Pérez, on va se diriger vers un championnat d’Europe au printemps prochain pour continuer notre chemin entre l’Union européenne et l’Europe.

Encore une fois diffusé par Canal + dans une carte exceptionnelle (le choc Soro-Vitu et le combat de Goulamirian). Une AccorHotels Arena qui s’annonce bouillante. Une fierté pour toi ?
Je suis vraiment heureux de boxer dans une soirée comme ça. C’est clair que c’est grisant et motivant. J’ai envie de briller. Je suis content de rencontrer un adversaire de cette qualité-là. Devant un public comme ça, devant autant de personnes, dans une salle si prestigieuse avec de si beaux combats, j’ai envie de réaliser une performance qui marque les esprits. Et c’est clair que je vais faire en sorte d’honorer ma présence et de faire briller la boxe française.

«  On a besoin de voir les meilleurs Français se combattre ! »

En cas de victoire, quel bilan feras-tu de ton année 2019 ?
Là, je suis trop focus sur ce combat… Je ne peux pas parler de bilan ! C’est une année dans laquelle j’ai travaillé très dur. J’ai réalisé un très bon combat au mois de juillet où j’ai montré ma progression après des longs mois de travail et de patience après le match nul d’octobre 2018. Et là, je pense uniquement à vendredi et pas à ce qui va se passer après. C’est un vrai test, un vrai combat important. Le but, c’est de finir sur une bonne note et de continuer d’apprendre et de progresser. Je ferai un bilan à la fin de l’année !

Un petit mot sur ton coéquipier Michel Soro, qui affronte Cédric Vitu dans un combat qui s’annonce électrique. Tu vas garder un oeil aiguisé sur cette opposition ?
Ah oui complètement ! Je serai en bas du ring ! J’ai vraiment hâte de voir ce combat. C’est bien de la part de ces 2 boxeurs d’avoir accepté de s’affronter parce que c’est un combat franco-français et la France en a besoin. On a besoin de voir les meilleurs Français se combattre ! Ce sont 2 boxeurs qui ont eu grosse expérience au niveau national, international et même mondial… Et en plus, chacun à son style de boxe avec des qualités et des défauts différents. Donc j’ai vraiment hâte et bien sûr je suis pour mon coéquipier Michel Soro !

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