Mason Jones Cage Warriors

MMA – À 25 ans, Mason Jones vient de signer à l’UFC. Le double champion du Cage Warriors (lightweight et welterweight) compte bien poursuivre sa série de victoires.

Cette année, le Gallois s’est emparé des deux ceintures chez les lightweights puis chez les welterweights au Cage Warriors. Combattant complet et invaincu (10-0), il a signé un contrat avec l’UFC il y a quelques semaines. À 25 ans à peine, il s’affiche comme un incontournable prospect et espère combattre très rapidement au sein de sa nouvelle organisation. Entre invincibilité, ambition débordante et sublimes takedowns… Entretien avec Mason Jones.

Tu as décroché deux ceintures au Cage Warriors cette année, dans deux catégories différentes, ce qui est une performance assez exceptionnelle. Quel bilan peux-tu faire de cette année 2020 ?

Mon année 2020 a été très bonne en comparaison à la plupart des gens, qui ont traversé une mauvaise année. Je devais me battre contre un Italien, il s’est finalement retiré pour des raisons médicales… Ensuite ils m’ont envoyé un Français, Yassine Belhadj, mais ça ne s’est pas finalement pas fait. Du coup, ils m’ont proposé Joe McColgan à Manchester en lightweight (NDLR : le 20 mars 2020), donc j’ai bien sûr accepté. Je l’ai terminé en un peu plus de 4 minutes au premier round. Ensuite, j’ai eu deux semaines de repos avec le confinement qui est tombé au milieu. J’ai continué à m’entraîner durant cette période même si je n’avais pas le droit de le faire… Après les professionnels ont eu une dérogation pour pouvoir s’entraîner.

J’attendais d’avoir un adversaire en lightweight, je ne savais pas contre qui j’allais me battre. Il n’y avait pas vraiment quelqu’un que je pensais pouvoir mériter. Adam Proctor a décroché le titre welterweight. J’ai directement appelé le matchmaker et je lui ai dit que je voulais vraiment ce combat pour la ceinture welter. Ensuite, j’ai appelé mon manager et je lui ai dit la même chose. Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un appel qui me confirmait que j’allais me battre pour le titre et j’ai gagné en 4 minutes au premier round aussi. Cette année est bonne. Je sens que tout se met en place, mais je ne pense pas avoir encore montré tout mon potentiel. Ces deux combats ont été simples, sans véritable challenge. Tout s’est bien passé, j’ai fait ce que j’avais à faire et j’ai battu ces mecs sans problème. Je veux un challenge, je veux un vrai combat. J’ai fait une bonne année, même mieux que certains dans toute leur carrière. J’ai marqué l’histoire cette année.

« Pour l’instant, je ne suis nulle part, je n’ai rien achevé »

Tu as signé avec l’UFC il y a quelques semaines. Qu’est-ce que ce contrat signifie pour toi ?

Un contrat UFC signifie beaucoup. C’est bizarre, c’est à la fois tout et rien pour moi pour l’instant. Le contrat, c’est un peu comme un objectif. L’UFC a toujours été dans mes pensées, ça a toujours été un endroit où je voulais être… C’est une organisation de renommée, j’ai toujours su que je me battrais là-bas. Mais ça ne reste toujours rien, car j’ai toujours voulu être au top de l’UFC. Pour l’instant, je ne suis nulle part et je n’ai rien achevé. Je ne suis pas encore classé à l’UFC donc j’ai toujours un long chemin à faire. Les choses difficiles ne commencent que maintenant. Bien évidemment, j’ai été contacté par des sponsors et des trucs comme ça, et je vais sûrement commencer à être payé avec ça.

Tu arrives à l’UFC après avoir été champion dans deux catégories différentes au Cage Warriors (lightweight et welterweight). Quelle est ta catégorie préférentielle ? Et quels sont les termes de ton contrat avec l’UFC ?

Il est facile de s’égarer il faut rester concentré. Il faut que je reste fixé sur mon objectif qui est la ceinture lightweight. Je n’ai toujours pas fait de combat et j’ai un contrat de 4 combats. J’ai signé sans savoir contre qui j’allais me battre. Je suis prêt à me battre, j’attends juste que l’UFC me donne un adversaire… J’attends juste une date de combat pour pouvoir travailler et m’entraîner pour cette date. J’espère que ce combat arrivera avant la fin de l’année, mais ce sera plus probablement avant la fin du mois de janvier. J’aimerais me battre à Las Vegas ou au Texas. La catégorie lightweight est une catégorie très dense, remplie de requins. Je veux manger mes adversaires progressivement, les rayer de la carte et monter dans le classement. Je veux surtout des gars qui sont invincibles ou qui ont un gros palmarès… Je veux des adversaires qui pourront confirmer mes promesses.

« J’aimerais bien (affronter) Justin Gaethje ou Dustin Poirier »

Justement, où est-ce que tu te situes dans cette fameuse catégorie lightweight ?

Je recommence sur de nouvelles bases. C’est un peu comme quand j’avais commencé au Cage Warriors. J’entends beaucoup de gens qui disent que je devrais me battre contre Michael Chandler, ou quelqu’un qui est classé, mais je ne suis pas vraiment d’accord… Je serais content de me battre contre n’importe qui, et je serais content de me battre contre Chandler, je le défoncerais. Si on me donne un invaincu, je le défoncerais. Mais pour moi, c’est un nouveau début. Je n’ai pas été battu, mais ce n’est pas grave. Je battrais n’importe qui. Le bilan n’est pas important à l’UFC.

Quel est le combat que tu rêverais d’avoir désormais ?

J’aimerais bien Justin Gaethje ou Dustin Poirier. Gaethje a toujours été quelqu’un contre qui je voulais me battre. J’aime son style et j’aimerais vraiment me battre contre lui. Comme je l’ai dit, la catégorie lightweight est remplie de requins, que des killers… Le top 20 de la catégorie lightweight est plus dur que dans n’importe quelle autre catégorie. Donc voilà, je veux juste me battre.

Combien de temps te donnes-tu pour arriver à ce genre de combat ?

Je n’aime pas mettre une date sur les choses. J’ai juste l’objectif de devenir champion mondial, que ce soit dans deux ans comme dans trois. Ce n’est pas grave, j’ai 25 ans. Je voulais signer avant mes 25 ans, j’ai été signé juste après, donc je suis content de ça. J’ai encore du temps pour m’améliorer. 

Comment organises-tu tes entraînements avec l’épidémie de Covid-19, puisqu’il y a maintenant un confinement au Pays de Galles ?

Pour être honnête, en tant qu’athlète professionnel, si je me fais arrêter par la police j’ai juste à montrer mes papiers UFC… Mais je n’ai pas rencontré de problème à ce jour.

« Je vais me donner à fond sur chaque combat. Il faut me tuer pour me battre »

Et depuis ta signature avec l’UFC, comptes-tu t’expatrier ailleurs pour des camps d’entraînement ?

Ça dépend. J’aime bien passer du temps en Californie, mais avec le Covid-19, je n’ai pas pu y retourner. J’aimerais retourner là-bas le plus vite possible pour échapper au froid et à la pluie… Après, je me verrais bien faire moitié-moitié : passer mon été au pays et le reste du temps en Californie. J’ai de très bons coaches qui sont chauds de me suivre pour des camps d’entraînement.

Tu es invaincu : 10 victoires, aucune défaite. Qu’est-ce qui est le plus important pour toi : être champion en ayant déjà perdu des combats, ou être invaincu sans être champion ?

À l’UFC, le titre de champion est le plus important. Je ne vois pas le fait d’être invincible comme un truc énorme, ça ne m’intéresse pas trop. Cela veut juste dire que personne n’a été assez bon pour me battre… Est-ce que quelqu’un va le faire ou non ? C’est une histoire différente. Je veux juste me battre contre les adversaires les plus hauts gradés. Quand tu as des gars comme Jon Jones qui ont 15 combats à leurs actifs face à la crème de la crème et qui sont toujours invaincus, et des mecs comme Khabib qui ont 13 victoires, c’est ça que je veux faire. Le titre de champion, c’est le plus important… Et le fait d’être invincible, c’est juste un bonus. Comme je l’ai dit, je n’ai pas peur de perdre. Je vais me donner à fond sur chaque combat. Pour moi, il faut me tuer pour me battre. Si quelqu’un y arrive, tant mieux et bien joué à lui. Vous verrez juste une meilleure version de moi-même par la suite.

Tu es un combattant relativement complet, que ce soit en striking ou même en lutte. Et ça se vérifie dans ta capacité à terminer tes adversaires : 4 KO et 3 soumissions en 10 combats. Ceinture noire de JJB… Quels sont les aspects de ton jeu qui doivent encore être améliorés ? Quels sont tes axes de progression ?

Je dois encore m’améliorer partout. En ce qui concerne mon jiu-jitsu, je l’ai adapté au style MMA durant ces deux dernières années. Au début de ma carrière, j’ai tenté quelques prises de soumission et j’ai fait des erreurs bêtes, ce qui m’a coûté le finish. Donc je dois vraiment travailler mon jiu-jitsu et je l’adapte vraiment bien. Je travaille toujours dessus. Ma lutte doit également s’améliorer surtout quand tu te bats contre des Daghestanais ou des lutteurs gréco-romains qui sont des gars qui ont fait ça toute leur vie. Donc je dois tout le temps m’améliorer. Je suis hypocrite avec moi-même. Je travaille toujours et je veux m’améliorer. Ce matin, après que mon avion ait atterri (NDLR : après des vacances en Grèce), je suis directement allé à la salle m’entraîner.

« Je suis impatient de me battre contre un Daghestanais. Le judo marche très bien contre ce type de gars ».

Dans tes combats, une chose ressort sans cesse : la violence de tes takedowns… Tu sembles vraiment très à l’aise avec ça et on a l’impression que c’est facile pour toi. Comment expliques-tu cela ?

J’ai fait beaucoup de choses en judo, j’ai une ceinture noire. J’étais champion national en judo… En tant que Français, tu dois connaître l’importance du judo et son ampleur. J’ai fait de bonnes choses en judo, et cette discipline est l’une de mes forces. C’est quelque chose que tu vois beaucoup dans mes combats. C’est pour ça que tu vois de bons takedowns et de bonnes finitions.

Pour être honnête, je suis impatient de me battre contre un Daghestanais et le judo marche très bien contre ce type de gars. Je suis bon de partout, personne ne va réussir à trouver ma faiblesse. Si quelqu’un est meilleur que moi dans un domaine, je vais réussir à le contourner et utiliser d’autres techniques pour le fracasser. Au sol, je suis dangereux et je peux te terminer n’importe où, ce n’est pas un problème pour moi.

Tu es le 6e Gallois à rejoindre l’UFC. De plus en plus de combattants de ton pays atteignent le haut niveau en MMA. Quelle est la place de ce sport au Pays de Galles ?

Le Pays de Galles est un pays bizarre… C’est montagneux, il fait froid, il pleut et nous sommes des gens résistants, et tu ne trouveras pas grand monde aussi résistant que nous. Les gens adorent se battre contre les Gallois. J’ai été élevé avec la bagarre. On adore tous sortir pour se battre et ensuite retourner à la salle de sport pour être plus forts. On a juste été élevés comme ça.

Avant, nous n’avions pas les infrastructures que ce soit pour le jiu-jitsu ou les salles de sport. Mais c’est de mieux en mieux. La situation s’améliore, il y a plus de trucs qui ouvrent, les talents sortent de plus en plus et le niveau augmente. Les gens qui arrivent en scène poussent ceux qui sont déjà dedans donc les niveaux sont toujours en train de s’augmenter. Certaines personnes avec qui je m’entraîne sont très fortes donc c’est tout à mon avantage. Donc vous allez voir des tueurs dans les cinq ou dix ans à venir.

En France, nous venons d’avoir le premier événement de MMA il y a quelques semaines. Un combat à Cardiff, avec un public gallois derrière toi, un rêve ?

Oui, ce serait un rêve de me battre sur mes terres, ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète. Bien sûr, il y a des endroits où je veux me battre comme Las Vegas, New York, le Japon. Il y a plein de pays où je veux me battre donc une fois que j’aurai fait tous ces combats, je pourrai avoir une carte galloise. Mais c’est inévitable.

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