Arturo « Thunder » Gatti – Hommage au plus grand guerrier de l’histoire

Arturo « Thunder » Gatti a tout donné pour la boxe. Nous rendons hommage à celui qui a fait rêver les fans pendant les années 90.

« La boxe c’était mieux avant ! ». Si vous parlez à un puriste, c’est bien souvent ce qu’il vous dira. Mais pourquoi ? Eh bien parce que de nos jours boxe est synonyme d’argent, il faut faire le maximum pour protéger la carrière de son poulain et la faire durer le plus longtemps possible. C’est en partie pour cela que vous n’assistez plus aux véritables guerres de ring qu’on put se livrer des Hagler-Hearns ou bien des Holyfiled-Bowe pour ne citer qu’eux.

C’est pour cela que je vous propose aujourd’hui de replonger dans les années 90, de revivre la carrière du plus grand guerrier de l’histoire de la boxe, un homme qui a donné sa vie pour ce noble sport, un homme au cœur d’or qui avait la boxe pour exécutoire : je veux bien évidemment parler d’Arturo « Thunder » Gatti. Nous aborderons ses victoires les plus éclatantes, mais surtout, son style de boxe unique en son genre.

De double nationalité italienne et canadienne, Gatti choisit de se passionner pour la boxe très jeune. Le talent du petit est déjà assez remarquable et va très vite devenir connu pour la qualité de ses punchs. À l’âge de 19 ans, la commission du Canada lui propose de concourir pour les Jeux Olympiques de 1992, mais ce dernier refuse, car une autre chose lui trotte dans la tête : le passage en professionnel.

Ni une ni deux, c’est donc à l’âge de 19 ans que Gatti passera professionnel, le 17 novembre 1992. Il y affrontera Jose Gonzalez qu’il mettra à terre dès le 3e round. Comme vous pouvez vous en douter, il ne faudra pas longtemps au Thunder pour ce faire connaître. Lors de ses 16 premiers combats il en remportera 12 par ko, trois par décisions unanimes, et perdra une fois.

Pour son 17e combat, Thunder affronte Darrell Singleton, actuel champion USBA catégorie Featherweight. Gatti infligera une correction à Singleton en seulement un round, et s’emparera donc du titre. Un an plus tard, en 1995, Thunder ira défier le champion IBF super featherweight Tracy Harris Patterson qui n’est autre que le fils adoptif du grand Floyd Patterson. À l’époque Tracy c’est juste 54 victoires pour 3 défaites, du lourd donc. Gatti gagnera par décision unanime dans un scoring relativement serré, marquant le début de la gloire pour notre ami.

vs. Wilson Rodriguez

À l’issue de cette victoire, Gatti signera avec HBO, pour combattre sur HBO Boxing. Pour son 26e combat, il défendra son titre contre le dominicain Wilson Rodriguez (44-8). Ce combat sera nominé en tant que candidat au titre de combat de l’année tant l’affrontement est magnifique : Gatti ira au tapis dès le second round, mais renversera totalement l’issue de l’affrontement en envoyant dormir le dominicain dans la 6e reprise alors que son œil droit est totalement fermé.

Il affrontera de nouveau Patterson et gagnera une nouvelle fois par décision unanime des juges, mais cette fois le scoring sera largement en la faveur du Thunder.

vs. Gabriel Ruelas

Deux combats plus tard et deux victoires plus tard, Gatti affronte le puncheur Gabriel Ruelas. Cette fight sera elle aussi élue fight de l’année par Ring Magazine et Gatti la remportera par ko au round 5. De plus, ce 5e et même round sera élue round de l’année. Ce fut une véritable guerre entre ces deux puncheurs. Pour preuve, Gatti se mangera plus de 16 punchs par le mexicain lors du second round sans répliquer une seule fois, encaissant chaque coup pour finir le round en titubant.

Comme vous pouvez le voir, Gatti a bien plus de fights référence que la moyenne puisque presque chacune d’elle est dantesque. Et ça ne s’arrête pas là, croyez-moi. Après cela, Gatti grimpera dans la catégorie des légers. Ses trois premiers combats dans cette nouvelle catégorie seront une véritable déception : trois défaites. Néanmoins, son affrontement avec Ivan Robinson sera élu combat de l’année 1998.

Mais Thunder reprendra ses esprits et enchaînera sur une autre série de victoires. Cependant, une de ces victoires sera relativement controversée. En effet, lors de son affrontement contre l’américain Joey Gamache (55-3), Gatti arrivera avec 19 pounds en plus que lors de la pesée (qui se déroule je vous le rappelle, la veille du combat). Gamache criera donc au scandale. Cette affaire donnera lieu à une nouvelle réglementation quant à la limite de poids qui peut être prise entre la pesée et le combat.

vs. Oscar De La Hoya

Le 24 mars 2001, Gatti fera face à la nouvelle superstar de la boxe, le Golden Boy Oscar De La Hoya. Dès le premier round, les deux boxeurs se livrent une véritable guerre, Gatti allant au tapis lors de ce même round.

De La Hoya mitraillera Gatti d’enchaînements au corps durant quasiment tous les rounds. Le public est en furie, et ils ont bien raison, ce combat est un régal à voir : des combinaisons magnifiques et une combativité extraordinaire de la part des deux guerriers. Le Golden Boy remportera le combat par TKO lors de la 5e reprise.

vs. Micky Ward

Et nous arrivons enfin au meilleur, la cerise sur le gâteau : ses trois matchs face à l’américain Micky Ward (37-11). Trois chefs d’œuvre, que dire de plus. Impossible de ne pas aimer ses trois combats, tous plus palpitants les uns que les autres.

Le premier est peut-être le plus sensationnel, à tel point que la fight sera élue fight de la décennie. Un véritable bain de sang, sans doute l’un des plus grands combats de l’histoire, et je pèse mes mots. Si vous deviez retenir un seul combat d’Arturo, retenez celui-ci. Si vous ne devez regarder qu’une seule vidéo de l’article, regardez celle-ci.

Les commentateurs n’en croient pas leurs yeux, jamais un affrontement de ce calibre n’a duré autant de round. Les deux boxeurs vont au tapis tour à tour, mais n’abandonnent jamais, leur visage pourtant marqué au sang. Le public scande le nom des deux boxeurs à chaque coup, impossible de choisir un favori quand on voit ce carnage.

Cet affrontement est selon moi le plus grand de l’histoire en matière de combat allant jusqu’aux 10 rounds. Impossible de ne pas respecter ses deux guerriers, jamais personne n’a vu ça, et jamais personne ne reverra une rivalité comme celle-ci, une guerre comme celle-ci, un engouement comme celui-ci.

Micky Ward gagnera à la majorité des juges, mais la revanche aura lieu 4 mois plus tard.

Remake du premier, ce combat sera aussi une boucherie, mais cette fois c’est bien Gatti qui en sortira vainqueur.

Une victoire partout, pourquoi ne pas faire la belle ? Eh bien c’est ce qu’il se passera 7 mois plus tard. Ce combat sera aussi élu combat de l’année et Gatti remportera une nouvelle fois la fight par décision unanime.

Dernier affrontement mémorable, celui contre notre très cher Floyd Mayweather. Le pauvre Gatti devenu trop vieux pour son style de boxe se fera malmener par Money et le médecin arrêtera le combat à la 6e reprise.

Bilan : 49 combats, 40 victoires, 9 défaites.

Le fighting style

Passons maintenant au plus intéressant, le style de notre ami Arturo Gatti.

C’est une machine. Programmée pour avancer, ne jamais céder de terrain, pour se battre jusqu’à n’en plus pouvoir. Et même quand il n’en peut plus, il continue.

Véritable puncheur, Gatti est surtout respecté pour sa combativité. C’est simple, il représente pour moi le plus grand guerrier de l’histoire de la boxe, toutes catégories confondues. Il est impossible de ne pas fantasmer devant un tel boxeur.

Son style est inexplicable. Il prend des centaines de coups par matchs, préfère encaisser plutôt que reculer. Il va au tapis presque une fois par match, mais il n’abandonne jamais, il se relève toujours, et avance de nouveau.

C’est un excellent attaquant, mais un piètre défenseur, sa garde est souvent percée, mais il ne cède jamais.

Son visage enfle à chaque match pour devenir un véritable champ de bataille. En plus du prix du boxeur le plus combatif, on lui offre aussi celui des plus belles gueules amochées.

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Ce gars a vraiment donné sa vie, donné sa santé, donné son âme au noble art. Chaque combat est un régal à regarder parce que Gatti donne à chaque fois toutes ses tripes, et des boxeurs comme lui il n’y en aura plus jamais. Il savait qu’il ne pouvait rivaliser avec les cadors de son époque comme De La Hoya, mais Gatti a toujours disposé des deux armes les plus redoutables chez un humain : le cœur et le courage.

Toute sa vie a été un véritable calvaire (plusieurs tentatives de suicide notamment), peu de personnes auraient pu résister psychologiquement comme il l’a fait, et la boxe a toujours représenté son exécutoire. Sa vie était un véritable paradoxe : il avançait sur le ring, mais reculait hors des rings.

Si l’on demande de citer un boxeur des années 90, un puriste ne vous citera pas Mike Tyson, ni De La Hoya, ni Holyfield non, mais Arturo Gatti.

S’il y a bien un combattant à retenir de ces années 90, un combattant sur qui prendre exemple, c’est bien lui. Il est un modèle d’humilité et restera l’un des plus grands hommes à avoir jamais foulé cette planète. Bien plus qu’un boxeur, c’était un homme, un vrai.

Je vous conseille fortement de regarder cet highlight qui est selon moi le meilleur jamais fait sur un boxeur.

Malheureusement le Thunder mettra fin à ses jours dans la nuit du 11 juillet 2009, cela fait donc 8 ans que ce grand homme nous a quittés. Quand sa mort fut connue, le monde de la boxe fut en deuil, conscient qu’il avait perdu à jamais un homme au cœur d’or.

Photo By: USA Today

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