Jean Gabin : Monstre Sacré

Portrait de Jean Gabin, à l’occasion de sa retrospective

A l’occasion de la retrospective Jean Gabin organisée par La Cinémathèque française du 16 mars au 30 mai, nous avons décidé de vous présenter cette personnalité, forcément Bigger Than Life.

Quand on s’attaque à un monument, mieux vaut se préparer ou être sacrément bien harnaché. Retour sur cet acteur dantesque du cinéma français. Sans filet.

Jean Gabin, verra sa carrière marquée par la Seconde Guerre mondiale dans laquelle il s’engagea comme marin, puis chef de char au sein du régiment blindé des fusiliers marins des Forces françaises libres. Au départ, il utilise surtout son charisme, son physique imposant et son bagout naturel pour être remarqué et unanimement apprécié en tant qu’acteur romantique. Entre 1935 et 1939, d’abord grâce à Julien Duvivier il deviendra une véritable star. Il enchaînera donc les succès avec La Bandera,  La Belle Équipe, Les Bas-Fonds, La Grande Illusion (classique de chez classique !) ou encore Le Quai de Brumes.

Le fameux « T’AS D’BEAUX YEUX TU SAIS » dans Le Quai de Brumes.

La Seconde Guerre mondiale le verra donc s’engager pour la France. Il s’exilera également aux États-Unis en refusant de tourner pour l’Allemagne pendant l’occupation. Malgré un contrat avec la Fox, il tournera peu durant cette préférant défendre son pays. Il recevra la médaille et la Croix de guerre pour ces accomplissements notamment la libération de la Poche de Royan.

C’est là que sa seconde carrière commence. Jean Gabin a désormais 41 ans, des cheveux blancs et Jean Marais et Gérard Philippe occupent désormais la place d’acteurs romantiques. Cette période 45-50 le verra surtout triompher dans la pièce La Soif.

La période 1954-1955 marquera un tournant dans la carrière de Gabin. Ainsi, en 1954, il joue dans « Touchez pas au Grisbi ». UN CLASSIQUE. Succès en salle, acclamé par la critique, il permettra également la rencontre de Gabin avec un autre monument du cinéma : Lino Ventura. Le changement est définitif, on trouve désormais un véritable taulier en Max Le Menteur, truand venant de réaliser un énorme coup et aspirant au repos.

Touchez pas au grisbi, Jacques Becker, 1953 ∏ DR

En 1955, il rencontre Michel Audiard (Père de Jacques hein…) avec qui il travaillera d’abord sur Gas-oil et Le rouge est mis de Gilles Grangier. Le dialoguiste et scénariste deviendra ensuite son ami et ils collaboreront sur de nombreux long metrages (au hasard Le Pacha, La Cave se rebiffe, Melodie en sous-sol ou encore Un singe en hiver). Il jouera avec Bourvil dans la traversée de Paris, avec de Funès alors peu connu du grand public dans Le cas du docteur Laurent.

Gas-oil, Gilles Grangier, 1955 ∏ Tamasa Distribution

En 1958, il interprète Jean Valjean dans Les Misérables aux côtés de Bourvil et Bertrand Blier. Il s’agira ici du plus grand succès de sa carrière avec 9 940 533 entrées et du deuxième plus gros succès de l’année derrière les Dix Commandements (avec Charlton Heston).

Les années 70, le crépuscule de sa carrière et de sa vie seront marqués par son Ours d’Argent au Festival de Berlin en 1971 et son retour à la chanson. 38 ans après « Quand on se promène au bord de l’eau », Jean Gabin enregistre « maintenant je sais » en 1974 ; l’histoire parlée d’un homme « à l’automne de sa vie » faisant le bilan de sa vie.

En 1976, il préside la première cérémonie des César (!). Deux semaines plus tard, il est à l’affiche de L’Année sainte. Ce seront ses dernières apparitions en public et sur grand écran. En 1987, un César d’honneur à titre posthume lui sera décerné.

Au cours de sa carrière, il aura côtoyé les plus grands parmi lesquels Jean Paul Belmondo, Bourvil, Bertrand Blier, Georges Lautner, Louis de Funès, Jeanne Moreau, Alain Delon, Brigitte Bardo, Lino Ventura, Francis Blanche ou Jacques Prévert. Pas mal pour quelqu’un entré dans le monde du spectacle contraint et forcé par son père.

En cas de malheur, Claude Autant-Lara, 1957, DR

Avec Brigitte Bardot, en 1957 dans « En cas de Malheur »

Au fil des décennies, il aura su évoluer et se réinventer pour ainsi passer de fils du peuple à l’homme mûr dans les années 60. Sans seul échec restera le rejet du monde agricole à son encontre concernant son domaine familial de La Pichonnière. Il restera marqué à vie et finira par vendre son domaine, pour lequel il consacrait la plupart de ses ressources.

Du 16 Mars au 30 Mai la Cinémathèque française lui rend hommage avec une rétrospective et des conférences animées par Murielle Joudet.

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Photo By: cinema.lessentiel.lu

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