Alors que l’UFC a réussi à maintenir son calendrier effréné malgré la pandémie, nous sommes allés voir comment le MMA Factory, principale structure de la discipline en France, gérait la période.

En France, le MMA Factory fait figure de référence dans la discipline. Si le niveau ne cesse de monter dans l’hexagone, entre Atch Academy, NR Fight et Boxing Squad, le gym de Fernand Lopez continue de fournir l’UFC en talents Français. En 2020, ils sont ainsi trois frenchies du Factory à être dans la plus prestigieuse organisation mondiale : Ciryl Gane, Nassourdine Imavov et Alan Baudot. Alors que le coronavirus a été une épreuve pour le club aux 70 athlètes de haut niveau, il a su tirer son épingle du jeu avec quelques coups d’éclat ; entre performances remarquées et grosses signatures (par la filiale Management Factory, agence de gestion de carrières – NDLR). Surtout, le Factory dans son ensemble s’est adapté à la situation actuelle, et a dû faire des sacrifices pour tenter de garder le cap.

Fernand Lopez, fondateur et head-coach de la structure raconte : « Quand tu fais partie du staff et que tu aides constamment les professionnels de la santé dans l’administration des tests quotidiens aux fighters, tu t’exposes. Ce sont des sacrifices que tu fais pour toi, pour ta famille. Le fait d’avoir plusieurs groupes pour réduire la jauge de personne sur le tapis décuple le temps de travail. Un cours qui se faisait en une fois, se fait désormais en trois fois. Avec Ciryl (Gane), je donnais parfois cours quatre fois dans la journée. Ça nous a multiplié le boulot, mais c’était notre défi pour avoir des athlètes en compétition sans être contaminé. Jusqu’ici, on n’a eu aucun gars malade en compétition. »

Au-delà de l’aspect sanitaire, il y a aussi eu un défi dans la gestion des carrières au sein de l’agence Management Factory : « Il a fallu chercher à être très performant sur les organisations qui étaient encore en forme. Pendant très longtemps, on a ciblé le monde entier, mais maintenant on a fait une sélection très serrée des organisations qui tournent encore. Notamment l’UFC, où on a fait un gros forcing, un gros travail. On s’est adapté à exactement ce dont ils avaient besoin. On a intégré des organisations où le virus n’avait pas beaucoup progressé. On est donc parti du côté des Émirats arabes unis avec le Brave CF, et l’UAE Warriors. »

Alors que la structure a investi pour lutter contre le coronavirus, Fernand Lopez précise que « ça fait 4-5 mois que la salle MMA Factory n’a plus de revenu ». Une situation de « danger financier » qui s’avère « payante » pour les athlètes professionnels du Management Factory.

Finalement, le dirigeant résume bien les choses pour cette année 2020 les concernant : « ça a été très difficile sur le volume pour placer les gars dans les organisations, mais sur la qualité c’est vraiment pas mal. Finalement, on s’est adapté. Par exemple, je suis resté à Abu Dhabi pendant un mois, on a fait venir des athlètes qu’on manage de Russie à nos frais pour attendre une possibilité de combats à l’UFC. Au final, ça a été payant pour certains de nos sportifs. Alan Baudot devait combattre sur Ares, Ares a été stoppé et on a placé Alan Baudot à l’UFC. Nassourdine Imavov devait combattre à Ares, il est aujourd’hui à l’UFC. Ça montre que l’année n’a pas été que négative. »

Alors que la situation est bien évidemment difficile pour le club sportif, le succès de l’agence de gestion de carrière compense. « L’ecosystème factorien » si cher à Fernand Lopez prend ici tout son sens avec une structure qui supporte l’autre : « Même si le MMA Factory n’a pas eu beaucoup de revenus, le Management Factory lui est resté actif. Les athlètes d’élite rapportent quelque chose. Financièrement, le pourcentage qu’il reverse permet de survivre. Surtout, sur cette année charnière, on a rentré une tonne de nouveaux sponsors : DFNS, Elion, My Protein, Mood. Récemment, on a signé la plateforme ADN avec Mehdi Ben Lakhdhar. Ce n’est pas n’importe quoi. On est le seul club en MMA à être premium en île de France. La région nous a versé 10 000 euros. Les autres partenaires nous ont beaucoup soutenus. On s’est aussi entouré de bonnes personnes, l’agence Com’Over par exemple, Jason Onderwater l’un de nos Junior Managers. Benjamin Sarfati, notre Président a lui poursuivi son colossal travail de l’ombre. Nos coachs ont également été exceptionnels sur la période. »

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