Interview Theo Epstein – président des Opérations Baseball des Cubs derrière la remontée des World Series 2016
On a interviewé Theo Epstein, l’homme derrière la victoire en World Series des Chicago Cubs synonyme de la fin du Billy Goat Curse.
L’été dernier, les Chicago Cubs ont réussi un véritable exploit. Menés 3-1 par les Cleveland Indians, ils ont gagné 3 matchs de suite dont un Game 7 bouillant dans l’Ohio. Avec cette victoire, la franchise de l’Illinois s’est offert un premier titre en 108 ans. Cerveau de ce succès et arrivé dans la franchise en 2011, Theo Epstein, le Président des Opérations Baseball a répondu à nos questions. Les Chicago Cubs sont nommés pour les Laureus World Sports Awards 2017 en tant qu’équipe de l’année avec notamment les Cavs, le Portugal et le Real Madrid.
La Sueur : Qu’est-ce que cette victoire en
World Series a représenté pour vous et votre équipe ?
Theo Epstein : La victoire en World Series
représentait tellement pour nous tous, car elle nous a permis de
nous sentir connectés à quelque chose qui nous dépassait. On s’est
sentis connectés à l’histoire, connectés à nos fans, connectés les
uns aux autres. C’est particulier de pouvoir jouer même un petit
rôle dans cette aventure qui a rendu tellement de gens heureux.
C’est un sentiment et une réussite qu’il faut chérir.
LS : Qu’est-ce que ça représentait pour
les fans des Cubs, qui ont attendu 108 ans pour voir cela ?
T. E. : Quand le dernier retrait a été
enregistré, les supporters ont ressenti de la joie, du soulagement
et une forme de rédemption. Ils ont repensé non seulement à toutes
les fois où l’on avait essayé, toutes les fois où l’on avait manqué
de peu, mais aussi aux personnes auxquelles ils tiennent et avec
qui ils ont partagé ces expériences, y compris ceux qui n’étaient
plus là pour voir cet ultime triomphe. Les supporters des Cubs ont
eu une longue, mais tortueuse histoire d’amour avec cette équipe,
pendant plus d’un siècle. Le Championnat a juste apporté la fin
heureuse de contes de fées qu’il manquait à cette relation. Et
c’est même mieux encore, puisqu’il n’y a aucune raison que ce soit
la fin de l’histoire.
LS: Qu’est-ce que vous avez personnellement
ressenti au cours de ces sept matchs ?
T. E. : J’ai eu l’impression de mourir trois
fois durant le septième match seulement. On était tous sur une
montagne russe émotionnelle : il y avait à la fois de la
fierté, de la reconnaissance et des attentes pleines d’espoir dans
les bons moments, mais aussi de l’horreur, du déni, et du regret
dans les pires moments. Au final, on était juste reconnaissant et
humble de se retrouver du côté des vainqueurs de World Series
réellement spéciales.
LS: Qu’est-ce que vous avez pensé lorsque les
Cubs étaient menés 3 à 1 ? Pensiez-vous que vous pouviez
encore gagner ?
T.E.: Ce qui peut être surprenant c’est, qu’à ce
moment-là, la plupart d’entre nous, y compris les supporters,
étions encore optimistes quant à nos chances de gagner. Nous
savions que notre équipe était talentueuse et unie, et savions
aussi comment nos jeunes joueurs ont cette capacité à se dépasser
dans ces moments difficiles.
LS: Au début de la saison, pensiez-vous que les
Cubs pouvaient être champions ?
T. E. : Nous savions que nous avions l’équipe
la plus talentueuse de la ligue, et nous savions que le club-house
était rempli de gens de caractère, de joueurs travailleurs qui
avaient le groupe à cœur. Ce que nous ne savions pas c’était
quelles épreuves nous allions devoir traverser durant la saison,
et, plus important encore, comment nous allions affronter cette
adversité. On était impatient de commencer cette aventure, et on
avait réellement la sensation d’avoir une opportunité de faire
quelque chose de spécial.
LS: La réussite de votre équipe a eu un
rayonnement mondial, est ce que cela vous a surpris ?
T. E. : Je savais que notre équipe était
attrayante pour un public fan de baseball. Nous avons joué avec
passion, fun, énergie et intimité. Nos joueurs s’appréciaient et ça
se voyait. Ils aimaient aussi jouer de la façon dont un enfant aime
pratiquer son sport. C’est quelque chose que les fans ressentent et
apprécient. J’ai était surpris d’apprendre que notre histoire soit
devenue si populaire et ai même touché un public qui
traditionnellement ne regarde pas le baseball. Je pense que ça
montre que l’attractivité du sport, lorsque plein de drame et de
joie, est véritablement universelle.
LS : Vous avez été nominés pour les Laureus
World Team of the Year, par un jury comprenant quasiment 2,000
médias mondiaux. Qu’est-ce que ça représente pour vous et pour
l’équipe ?
T. E. : Nous sommes honorés que le jury de
médias internationaux ait choisi de nominer les Cubs pour le World
Team of the Year Award, surtout lorsqu’on sait qu’il est
exceptionnel de décerner ce type de récompense à une équipe de
baseball. En un sens, ça fonctionne bien. Nos joueurs fournissent
aux médias une histoire convaincante à couvrir, dont le
développement a pris 108 ans ; en retour, les médias ont
récompensé l’équipe en les nominant pour une distinction
reconnue.
LS : Vous êtes arrivé chez les Cubs en
2011, en tant que Président des Opérations Baseball. Comment
caractériseriez-vous ces 5 années ?
T. E. : Faire partie du développement des
Cubs, qui sont partis de rien et sont montés jusqu’au niveau qu’ils
ont actuellement, 5 ans après, a vraiment était une expérience
formidable. Nous avons réellement été soutenus par les
propriétaires, qui ont été patients, alors que nous avions une
vision à long terme et que nous essayions de construire une
organisation saine et robuste qui pourrait générer une réussite
soutenue. Nous avons été transparents avec nos supporters sur notre
vision à long terme et ils nous ont récompensés avec de la loyauté
et aussi de la patience. On ne faisait qu’un derrière une vision
collective concernant le potentiel des Cubs, et on a travaillé avec
assiduité, passion et stratégie pour en faire une réalité. Au
final, les moments difficiles ont rendu la récompense finale encore
plus douce pour ceux qui avaient gardé espoir.
LS: Quels joueurs selon ont été primordiaux au
succès des Cubs ?
T. E. : Anthony Rizzo est notre jeune leader
vétéran et il a grandi en même temps que l’équipe durant ces 5
dernières années. L’émergence de nos jeunes joueurs ces deux
dernières années a aussi été essentielle : Kris Bryant, Kyle
Schwarber, Addison Russell, et Javier Baez. Les vétérans accomplis
que sont Ben Zobrist, David Ross, Dexter Fowler et Jason Heyward
ont aidé à montrer aux jeunes joueurs comment gagner. Enfin, nos
lanceurs, menés par Jon Lester, Jack Arrieta et Kyle Hendricks, ont
vraiment supporté cette équipe tout du long.
LS: Dans la catégorie Laureus World Team of the
Year, vous faites face aux Cleveland Cavaliers, qui ont eux aussi
attendu leur réussite pendant un certain temps. Qu’est-ce que vous
pouvez dire d’eux ?
T. E. : J’ai beaucoup de respects pour les
Cavaliers, et le talent et leadership de LeBron James. Grâce aux
World Series, je n’ai aussi que de super souvenirs de
Cleveland !
LS : Est-ce que le Curse of the
Billy Goat est bien mort désormais ?
T.E. : Oui. Le Curse of the Billy Goat est
bien mort. J’en suis sûr, car notre premier repas après les World
Series était un agneau rôti.
Un grand merci à Laureus et à Pauline pour cette interview.
https://youtu.be/GqyKx13S5tw



















