En dehors de la Juventus de Turin, les clubs italiens peinent à se faire entendre sur la scène européenne. Ces anciens viviers dans lesquels la sélection puisait son talent semblent s’être épuisés. Retour sur les symptômes d’un championnat qui cherche à retrouver sa grandeur passée.

Le plus grand championnat du monde ? Demandez à Zizou en 1998 et il désignera sans hésiter la Serie A. Avec Del Piero, Maldini, Buffon, Ronaldo, Davids, Seedorf, Shevchenko et bien d’autres, la quantité de talent qui foulait les pelouses italiennes à la fin des années 1990 n’avait rien à envier à l’actuelle Liga. Que dire des générations précédentes ? Platini, Maradona, Baggio, Weah, Conte et on en passe… de grands noms qui ont créé les mythes de « l’Étoile Rouge » de Milan ou de la « Vieille Dame » de Turin. Imaginer des demi-finales de Ligue des Champions sans équipe italienne ? Impossible. Malheureusement, l’Étoile Rouge ne brille plus sur l’Europe et la Vieille Dame, bien qu’elle ait connu un regain de vitalité depuis quelques années, n’a pas remporté la Ligue des Champions depuis la saison 1995-1996. Où sont donc passés les géants italiens et leurs stars ?

À l’époque, la Serie A puisait une grande partie de son talent à la source, dans les centres de formation italiens. Les incontournables Maldini et Del Piero sont les symboles d’une génération en or de joueurs italiens, ces mêmes joueurs qui ont construit la réputation de leur championnat. Peu de joueurs de l’actuel « Squadra Azzura » peuvent se vanter de suivre le même type de carrière, dans une nouvelle génération bien moins convaincante. Les plus talentueux, à l’image d’un certain Marco Verrati, quittent le pays. L’équipe nationale italienne peine à s’en sortir depuis sa victoire en Coupe du Monde en 2006, la preuve avec son élimination en phase de poule au Mondial 2014 au Brésil et son échec en quart de finale de l’Euro 2016. Elle est affaiblie par le manque de qualité des centres de formation actuels de Serie A. Les clubs perdent leurs stars et n’arrivent plus à former les jeunes, soit en les laissant partir trop tôt, soit en misant sur les mauvais éléments. La Juve est le seul club italien pouvant se targuer d’attirer et de former les jeunes depuis l’arrivée de joueurs comme Dybala, ou le passage d’un certain Paul Pogba, bien qu’ils soient tous deux venus de l’étranger.

Malheureusement pour les clubs italiens, les stars vont en Angleterre ou en Espagne, et plus récemment en France. Tous les grands noms et grands talents sont drainés par les ogres que sont le Barça, le Real, ou encore Manchester City et le PSG. Les clubs italiens n’ont plus le poids financier nécessaire au recrutement des stars. Les investisseurs préfèrent tenter leur chance ailleurs, trouvant le championnat d’Italie trop hostile avec ses chants racistes et ses scandales de corruption.

C’est en grande partie cette vague de scandales ayant eu lieu au milieu des années 2000 qui a affaibli les grosses écuries du Calcio. En 2006 éclate le fameux « Calciopoli » l’affaire des matchs truqués qui voit la Juventus reléguée en Serie B, la Fiorentina et la Lazio interdits de Coupe d’Europe et le Milan AC rétrogradé de la deuxième a la quatrième place. Cette image de championnat « bad boy » affaiblit la Serie A. Le Milan AC a longtemps peiné à trouver un acheteur lorsque son propriétaire, le très controversé Silvio Berlusconi, a affirmé vouloir s’en débarrasser. La fiabilité du fonds chinois ayant investi 740 millions d’euros pour le seul rachat du club reste d’ailleurs à prouver.

On peut se demander si la récente réussite de la Juventus de Turin est le signe d’un second souffle pour la Serie A ? La Vieille Dame arrive à attirer les jeunes, et parvient grâce à un recrutement très intelligent à se créer un effectif solide en dépensant peu d’argent (mise à part la folie Gonzalo Higuain, permise par le transfert de Pogba). Mais les autres clubs peinent à suivre, encore aucun signe des deux Milan en Coupe d’Europe cette saison et la Roma, qui plus est depuis qu’elle est dépossédée de son icône Totti, n’a pas l’envergure nécessaire pour reprendre le flambeau. Le nouvel échec de la Juve en finale de la Ligue des Champions montre encore les limites du plus grand club italien. Une chose est sûre, si la Serie A veut redorer son blason, elle aura besoin non seulement de l’impulsion du club de Turin, mais surtout du retour des géants milanais.

Tags

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *