Interview Jan Blachowicz

En co-main event de l’UFC 253, Jan Blachowicz affronte Dominick Reyes pour le combat le plus important de sa carrière de combattant MMA.

Lors de l’UFC 253, un nouveau roi de la catégorie light-heavyweight sera couronné. Jan Blachowicz affronte Dominick Reyes pour la ceinture vacante de la catégorie. Ancien champion, le grand Jon Jones a préféré laisser son titre pour monter chez les lourds. À 37 ans, le Polonais Blachowicz obtient donc son premier title-shot. Si la marche est haute, celui qui a tout connu ou presque croit en ses chances après des années dans les tranchées.

Tu as 37 ans, tu es à l’UFC depuis 5 ans, tu sembles ne jamais avoir été aussi bon. Que s’est-il passé l’année dernière ?
Ce qui s’est passé ? Je suis mentalement et physiquement dans la meilleure forme de ma vie. J’ai trouvé un moyen de devenir le meilleur de la planète maintenant. Dans ma vie, pas seulement à la salle, mais aussi en dehors, tout va très bien, c’est presque brillant. Ça m’a aussi aidé beaucoup. J’aime avoir la paix autour de moi, et quand cela arrive, tout va bien. C’est pour cette raison que je suis l’un des meilleurs au monde, et je n’ai plus qu’à devenir le meilleur au monde.

Tu étais sur une série de 4 victoires consécutives avant ta défaite contre Thiago Santos. Est-ce que celle-ci t’a permis de faire les ajustements nécessaires ?
Oui, évidemment. Comme je te l’ai dit, je connais beaucoup mieux mon style. Je sais où je fais des erreurs quand je perds un combat et je sais comment résoudre ces erreurs pour ne plus les commettre. Grâce à Thiago, je suis un bien meilleur combattant.

Quelles étaient ces erreurs exactement ?
C’est une longue histoire. J’ai essayé de changer tout mon training camp. C’était ma première grande erreur. J’ai ensuite essayé de changer mon régime. Une autre erreur. Avant je ne faisais pas tout ça. J’ai fait un retour aux bases et maintenant je suis l’un des meilleurs de la planète. Je n’ai pas à faire de techniques bizarres dans ma préparation.

Tu as 26 victoires en carrière, 7 par KO mais tu as beaucoup parlé de la légendaire puissance polonaise. Qu’est-ce que c’est exactement ?
C’est dans mes muscles. La légendaire puissance polonaise est quelque chose que les Polonais ont dans leur cœur. Ils doivent le trouver, et trouver un moyen de le libérer. Je crois que je l’ai trouvé, j’ai trouvé un moyen de le libérer et tu vas le voir prochainement.

Dirais-tu que tu viens d’une terre de combattants ?
Tu connais l’histoire polonaise. On a dû se battre toute notre vie quand tu regardes notre histoire. Ils nous ont attaqués de tous les côtés et on a dû se défendre. C’est pour ça qu’on a cette légendaire puissance polonaise, cette fierté. Nous sommes des combattants. On ne peut pas nous arrêter, on va toujours trouver un moyen de survivre.

J’ai vu le dernier vlog de ta chaîne YouTube. Apparemment, tu touches la corde d’un homme pendu pour que ça te porte chance…
Quand j’ai trouvé le corps, dans la forêt, j’ai dû appeler la police. Ils devaient le détacher de la corde, voir ce qui s’était passé. Quand j’ai parlé avec le policier, qui m’a demandé comment j’avais trouvé le corps, il m’a demandé si j’avais pris un morceau de corde pour le ramener chez moi. J’ai demandé pourquoi. Il m’a dit que c’était une bonne chose à faire, qu’il avait tout le temps un bout de corde avec lui. Car ça porte chance ! J’ai regardé sur internet, et à l’époque, les gens pensaient que garder un bout de corde d’un pendu portait chance. Je ne l’ai pas ramené chez moi, mais je retourne dans la forêt pour toucher la corde. Et ça fonctionne.

Quand est-ce que c’est arrivé ?
Si je me rappelle bien, c’était avant la revanche contre Jimi Manuwa.

Ah donc ça a marché, ça a plutôt bien marché !

Dans un peu plus d’une semaine, tu affrontes Dominick Reyes pour le titre, qui représente la prochaine génération de combattants. Tu aurais dû affronter Jon Jones qui représente ne autre génération de combattants. Si tu avais pu choisir entre les deux, qui aurait été ton adversaire ?
Je crois que tout le monde veut battre Jon Jones. Il a eu la ceinture pendant longtemps, personne ne l’a battu. Je n’ai pas eu de choix, j’ai eu Dominick. Je suis content de l’affronter. C’est un plaisir pour moi, car c’est l’un des meilleurs au monde, il a presque battu Jon Jones. C’est bien pour moi, je suis content de l’affronter. Je peux combattre Jon Jones plus tard, il ne m’échappera pas. Pas d’inquiétude. Mais pour le moment, je suis uniquement concentré sur Dominick. C’est le seul dans ma tête.

Tu as affronté les plus grands de la catégorie aussi bien à l’UFC qu’au KSW, qui a été ton adversaire le plus challengeant ?
Au KSW, je pense que c’était Sokoudjou. À l’UFC, je pense que c’était les deux combats contre Jimi Manuwa. Je pense que son style et mon style allaient bien ensemble. Le deuxième combat était brillant, incroyable. Beaucoup de sang, un des combats les plus durs de ma vie. Aussi, après l’avoir battu dans la revanche, j’ai commencé à plus croire en moi. Je crois qu’après ce combat j’ai commencé à savoir que je pouvais battre tout le monde, personne ne pouvait m’arrêter. Avant Jimi Manuwa, je devais me questionner : « c’est mon niveau, est-ce que je peux le battre ou pas ? » J’ai commencé à croire en moi. Je peux y croire, je peux le battre. Je peux battre tout le monde.  Quand je l’ai battu dans la revanche, je me suis dit je le bats, je peux battre tout le monde. Il m’a battu la première fois, après la revanche, je savais que l’esprit était la limite et que tout se joue dans la tête. Maintenant mon esprit est libéré et je sais que je peux tout ce que je veux.

Beaucoup de light-heavyweights montent chez les lourds, est-ce que c’est quelque chose qui pourrait t’intéresser ?
Dans le futur oui. Pas pour le moment, mais ensuite oui. Pour sur, je veux quelques combats chez les lourds. Je pense que c’est ma destinée et je déteste le cutting. J’adore la nourriture, j’adore manger.

Tu as perdu ton premier combat avant d’aller au KSW, à ce moment, était-ce un challenge difficile à surmonter ?
Je ne me souviens pas, c’était il y a longtemps. Après chaque défaite, il faut penser à ce qui n’a pas été : pourquoi ai-je perdu ? Si tu arrives à savoir, tu deviens un meilleur combattant. Je pense qu’après chaque défaite, je trouve un moyen de trouver quel était le problème. Quand je trouve ça, je résous le problème. Regarde où je suis maintenant : au top. Enfin, pas encore, il reste une étape. Exactement, une dernière étape, une autre victoire… et j’ai une dernière question : les gens parlent parfois du comportement des combattants, qu’ils ne sont pas des personnes normales, mais tu sembles très calme, avec une vie assez normale.

Comment as-tu trouvé l’équilibre entre la folie de la cage et ta vie en Pologne ?
L’équilibre est très important dans la vie. Tu as besoin de t’entraîner dur, mais aussi te rappeler de la récupération. Tu peux aussi manger n’importe quoi, mais tu dois aussi manger de la nourriture saine. Tu peux boire deux bières, mais pas trop. L’équilibre pour moi est très important. Là, je suis très sympa, calme, mais quand la cage se ferme, je change quelque chose. Je ne vais pas être sympa avec Dominick, je vais essayer de le mettre KO. Et je vais le faire, je crois que je vais le faire.

Comment se passe le passage du « Jan normal » au « Jan dangereux » ? Et le retour à la normale ?
Je ne sais pas, je fais ça depuis longtemps donc je sais le faire. Tout le monde est différent. Ce n’est pas un secret, tu dois trouver comment le faire. Si quelqu’un vient dans ma chambre pour voler mes affaires, je changerais mon esprit de la même manière. Je sais comment faire.

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