Depuis maintenant quelques jours, et une performance colossale devant son public d’Oslo à l’occasion de l’étape de Diamond League dans le Bislett Stadion, le norvégien Karsten Warholm est l’Européen le plus rapide de l’histoire dans sa discipline.

Annoncé depuis plusieurs années que l’un des phénomènes de la nouvelle génération d’athlètes, au même titre que le perchiste suédois Mondo Duplantis ou le sprinteur américain Michael Norman, Warholm a répondu aux attentes le concernant lors des deux derniers grands championnats internationaux. À Londres en 2017, le norvégien avait s’était imposé en 48’’35, en devançant notamment l’américain Kerron Clement et le Qatari Abderrahman Samba, glanant son tout premier titre majeur. Champion d’Europe une année plus tard à Berlin l’été dernier, Warholm a continué sa progression, tout en s’affirmant comme l’un des tout meilleurs dans sa discipline de prédilection. Sa course de la semaine dernière lui permet de confirmer une promesse inéluctable, de rajouter un record international à son CV. En détrônant le français Stéphane Diagana (47’’37), Warholm a fait tomber un record vieux de 24 ans.

Warholm correspond parfaitement à « l’athlète millennial ». Un caractère fort, déterminé, qui cache à peine un personnage plus décontracté, qui paraît avant une course presque pas concerné par l’événement qui l’attend. Amusé par les conférences de presse qu’il aborde avec légèreté, Warholm discute de tout, littéralement. Avant son titre de champion du monde remporté en 2017, il racontait au magazine Spikes un pari fait avec son coach Leif Olav Alnes qui l’autorisait à regarder le dernier épisode de la série Hostages s’il rapportait l’or le soir même. S’il confie ne pas aimer utiliser les réseaux sociaux, car il ressent le besoin de rendre « quelque chose » à l’audience large et grandissante dont il est l’objet en tant qu’athlète, Warholm maîtrise cette technologie et en use avec justesse. Qu’il partage ses voyages, ses séances d’entraînement ou les coulisses de sa vie, Warholm invite son audience à suivre le fil de sa saison en communicant son actualité avec constance, que la plupart des ses collègues athlètes. Pas vraiment métrosexuel, il cultive cependant l’image de beau garçon scandinave, nouvelle tête de l’athlétisme mondiale largement appréciée pour sa fraîcheur et sa communion avec les fans présents. Dans un style différent d’un Usain Bolt, qui attirait la sympathie des fans en jouant sur son culte de la personnalité, Warholm lui apparaît plus naturel, star des réseaux sociaux lorsqu’il célèbre les plus beaux moments de sa jeune carrière en effectuant son tour d’honneur un drapeau norvégien sur les épaules, casque à cornes de viking vissé sur la tête.

Warholm veut s’amuser, veut aborder chaque compétition sans se rajouter de pression. Mais cet air insouciant ne l’empêche pas de trouver une bonne raison de remporter chaque course à laquelle il participe : sa résilience.

Auréolé d’un statut de star de l’athlétisme européen, et fort de son titre de champion du monde en titre, Karsten Warholm devra cependant faire face à une concurrence incroyablement relevée pour pouvoir espérer conserver son titre. En effet, en parallèle de son ascension express au sommet de sa discipline, son meilleur ennemi Abderrahman Samba est lui aussi devenu une figure de l’athlétisme mondial. Invaincu lors de ses confrontations directes avec Warholm en 2018 (6 sur 6), le Qatari avait marqué de son empreinte l’histoire du 400m haies en s’offrant la deuxième meilleure performance de tous les temps lors du meeting de Paris en juin de l’année dernière (46’’98). En septembre prochain, il courra notamment devant son public lors des championnats du Monde d’athlétisme à Doha.

Cette année encore, c’est à ce jour Samba qui détient la meilleure performance mondiale de l’année, devançant la marque de Warholm de 6 centièmes (47’’27). L’arrivée au meilleur niveau de l’américain Rai Benjamin, encore un grand espoir de cette nouvelle génération relève encore un peu plus la compétition du 400m haies.

Pour Warholm, le meilleur reste à venir. Alors qu’il se prépare pour les challenges les plus excitants de sa carrière, à un peu plus d’un an des Jeux Olympiques de Tokyo, ses prochains résultats internationaux pourraient bien le transporter vers un statut de superstar mondiale.

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