Islam Makhachev vs Della Maddalena : l’analyse et les pronos de La Sueur
En bref
- Islam monte en catégorie pour devenir double champion face à Jack Della Maddalena.
- Mais l'ego monstre de JDM sera son plus grand ennemi face à ce finisseur clinique.
- Rusty et Guillaume le prédisent : soumission Makhachev au 2e round.
MMA – Makhachev vs Della Maddalena : quand le génie tactique affronte l’audace créative. Le piège de l’ego risque de coûter cher à JDM !
Rarement un combat de titre n’aura autant fasciné les analystes avant même de se dérouler. Islam Makhachev tentera ce que son mentor légendaire Khabib Nurmagomedov n’a jamais osé : monter en catégorie pour devenir double champion. Face à lui, Jack Della Maddalena, l’Australien qui a bâti son empire sur une résilience surhumaine. Deux séries de victoires quasi parallèles depuis 2016, un seul titre à gagner. Ce n’est pas qu’une simple opposition entre un lutteur et un boxeur. C’est bien plus que ça.
Jack Della Maddalena : de zéro à berserker invaincu
Pour comprendre qui affrontera Makhachev, il faut remonter à la source. Jack Della Maddalena n’a pas commencé sa carrière professionnelle en héros : deux défaites consécutives en deux combats. Complètement détruit, il a dû retourner chez ses parents leur expliquer qu’il allait continuer à se battre alors que son bilan annonçait une catastrophe.
Ce moment aurait pu marquer la fin. Mais JDM a refusé de plier. Il s’est relevé et a enchaîné les victoires sans interruption depuis. Plus une seule défaite. C’est cette mentalité qui forge son arsenal psychologique, ce mental de berserker qui refuse les limites. Une caractéristique déterminante – mais aussi potentiellement son plus grand risque.
L’arme secrète de Della Maddalena : l’anti-lutte créative
Della Maddalena ne s’impose pas comme un boxeur traditionnel. Sa vraie force réside dans sa défense de lutte non conventionnelle, perfectionnée aux côtés de Craig Jones, considéré comme le deuxième meilleur grappleur du monde. Ensemble, ils ont développé un système complexe à plusieurs étages : utiliser le mouvement de l’adversaire contre lui, créer du mouvement perpétuel, des angles imprévisibles. Le « scramble instinctif« .
Contre Gilbert Burns, JDM en a donné la démonstration. Piégé dans une menotte daghestanaise, il a utilisé l’appui de Burns pour initier un changement explosif et finir avec un genou. Cette défense s’appuie sur une posture basse permanente, des feintes d’uppercuts dissuasives, des genoux et front kicks défensifs, et une garde haute particulière formant barrière. Un vrai cauchemar pour un lutteur orthodoxe.
Islam Makhachev : le boxeur qu’on aurait oublié
Ici arrive le grand twist. Contre Dustin Poirier, l’un des meilleurs boxeurs légers, Makhachev n’a pas seulement tenu bon – il l’a surclassé par moments. Sa boxe était du vrai striking : contre-attaques précises, travail au corps intelligent, coup d’œil exceptionnel.
Mais c’est dans la fusion de ces deux mondes que réside le génie. Il utilise le striking pour créer les conditions parfaites du takedown. À chaque échange debout, l’adversaire doit se demander : « Est-ce qu’il va frapper ou plonger ? » Cette hésitation même est déjà une victoire. C’est la signature de Georges St-Pierre revue par un lutteur daghestanais : une incertitude paralysante.
La vulnérabilité cachée de Della Maddalena
Avec tous ces outils, pourquoi les analystes sont-ils si confiants dans la victoire de Makhachev ? Parce qu’ils ont identifié la faille. Et elle n’est pas technique, elle est mentale.
JDM a une fâcheuse tendance à prendre des très mauvaises décisions en combat. Contre Belal Muhammad, il dominait le cinquième round et a lui-même tenté une mise au sol – une décision que Guillaume compare au moment où Chris Weidman a complètement perdu la tête face à Luke Rockhold. Contre Basil Hafez, il s’est obstiné à tenter des guillotines répétées, transformant ses propres défenses en invitation à finir sur le dos.
Cet ego de champion monumental le protège mentalement mais produit aussi des jugements erratiques quand le moment devient critique. Et c’est là que Makhachev devient un prédateur – un finisseur clinique qui crée ses propres opportunités. Contre Poirier, Islam a attendu la cinquième minute du cinquième round pour trouver une D’Arce choke originale. Cette patience calculatrice ? Exactement le contraire de l’impulsivité de JDM.
Le duel debout : plus serré qu’on ne le pense
Un détail favorable : les deux combattants sont gauchers. JDM aurait un vrai avantage s’il reste en garde gauche-gauche, neutralisant les kicks puissants de Makhachev. En anglaise pure, JDM possède plus de puissance et de variété – un style Nick Diaz épuré, économe en énergie, maintenant puissance et précision sur cinq rounds. Mais voilà : la puissance en striking seule ne gagne pas les combats quand il y a une différence abyssale en grappling.
Ce que disent Rusty et le G
Pour Guillaume, l’analyse est tranchante : Makhachev n’est pas Belal. Le niveau de lutte de Makhachev face à JDM crée une asymétrie incomparable à ce qu’il a affronté précédemment. Guillaume met l’accent sur la fusion striking-lutte d’Islam, capable de créer une incertitude psychologique permanente. Les tentatives de scramble créatif de JDM resteront limitées par manque d’espace – et une seule erreur de jugement sera fatale.
Pour Rusty, la conclusion est similaire mais met davantage l’accent sur le physique. Libéré de sa coupe de poids drastique en lightweight, Makhachev atteindra un autre niveau d’activité et de cardio en welterweight. La menace constante du takedown perturbera le striking de JDM dès le premier round. Et cette hésitation permanente ? « Il y a des niveaux dans ce sport« , rappelle Rusty. Des niveaux que JDM ne franchira pas ce soir-là selon nos deux analystes.
Le verdict : l’analyse des deux experts
Les deux observateurs arrivent à la même conclusion : victoire de Makhachev par soumission au deuxième round. Pas parce que JDM n’a aucune chance. Mais parce que plusieurs facteurs convergent inexorablement.
Jack Della Maddalena possède des outils créatifs et un mental de champion. Il a les stratégies pour poser des problèmes inédits à Makhachev. Mais sa plus grande force – cet ego de berserker – sera aussi son exécuteur. Une erreur de jugement sur 25 minutes devient presque inévitable. Et quand cette erreur survient face au finisseur clinique qu’est Islam, c’est terminé.
Makhachev arrive comme une machine à la précision diabolique. Méthodique. Patient. Clinique. Il attendra ses moments, exploitera chaque faille avec l’efficacité d’une arme programmée.
Et vous, quel est votre pronostic ?
Rusty et Guillaume sont d’accord sur ce pronostic. Et vous ? Pensez-vous que JDM peut exploiter son striking créatif et son anti-lutte pour déranger Makhachev ? Ou estimez-vous que le niveau daghestanais sera trop écrasant ? Dites-nous en commentaire quel est votre pronostic et pourquoi !