Le menton, anatomie d’un lâcheur

En MMA, les victoires les plus spectaculaires se terminent généralement en KO. Le fautif côté vaincu est souvent le menton. C’est parti pour une étude de la péninsule de votre mâchoire.

Le menton est la partie la plus proéminente de notre visage, la patagonie de votre faciès si vous préférez. Il est donc intuitif as fuck sans même être passé par un master de mécanique du solide, de voir que c’est la partie de votre caboche qui sera sujette à une plus grande rotation en cas d’impact (au hasard un crochet mortier de Stipe Miocic). C’est l’accélération de la boîte crânienne liée à cette rotation brutale qui causera donc le plus de dommage à tout votre disjoncteur, puisque le cerveau sera projeté contre les parois avec le plus de force. En effet plus le rayon par rapport au centre de rotation est élevé, plus la vitesse augmente.

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Rentrons encore un peu plus dans les détails. Le corps contient du sodium, du potassium et du calcium qui forment un Maghreb United appelé « électrolytes ». C’est grâce à ces petits vicieux que l’information circule entre les neurones.

À chaque fois qu’un nerf est touché de quelque façon que ce soit, le potassium file à l’anglaise et est remplacé à grande hâte par du calcium. L’équilibre électrolytique est alors rompu. Le cerveau va s’appliquer à réparer vos conneries comme il le peut, mais chaque impact va aggraver encore la situation en plus de drainer dramatiquement votre énergie (c’est une des raisons pour lesquelles les coups sapent votre cardio en combat). Lorsque le dommage subi dépasse la capacité du corps à réguler la situation, le cerveau se met en stand-by : c’est le black out.

Les signes qu’un KO est imminent lors d’un combat sont nombreux, mais le plus impressionnant reste sans doute la « chicken dance » (danse du poulet). Le pugiliste semble soudainement avoir les jambes faites de gomme, il chancelle et perd son équilibre. C’est alors le signe que le cervelet est touché puisque c’est lui qui gère la coordination, la synchronisation des gestes et le contrôle moteur en général.

À cet instant, un seul coup bien placé peut terminer le show.

MMA - Le menton, anatomie d’un lâcheurSignez là, s’il vous plaît

Si aucune étude scientifique poussée n’a encore été réalisée sur le sujet, certains sont enclins à penser qu’une musculature développée des trapèzes, des muscles du cou et de la nuque en général induiraient une meilleure capacité du corps à s’opposer à toute rotation brutale. Mais quand on voit les trapèzes baobabiens d’Alistair Overeem pré-USADA (l’agence anti dopage aux commandes à l’UFC) et sa résistance aux KO pourtant toujours aussi désespérante, on se dit qu’on n’a clairement pas affaire à une science exacte.

La vérité est génétique. (ce qui ferait un pur titre pour le prochain prochain James Bond d’ailleurs)

C’est pour ça que si vous êtes trésoriers de pères en fils depuis 6 générations, vous pourrez peser le même poids qu’un Samoan et vous entraîner tout pareil, il sera capable malgré tout d’encaisser quinze fois plus de boîtes que vous même si vous enfilez le heaume de Richard Cœur de Lion. Il y a là une froide injustice comme seule la nature peut en produire ; vous êtes nés avec une certaine main, débrouillez-vous pour avancer avec ça.

C’est probablement ce que doivent se dire les Andrei Arlovski, Alistair Overeem et Antonio Silva de ce monde, qui ont si souvent été trahis par leur menton qu’on les soupçonne même de faire chambre à part une fois chez eux.

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Cela dit, il y a aussi le facteur usure. Dan Henderson et Chuck Liddell au début de leur carrière étaient connus en qualité de véritables tanks. Ils étaient tout simplement inarrêtables. Tout ça couplé à l’insondable puissance de leurs poings, à l’époque tenter avec eux le « à toi à moi ça circule bien » revenait à signer son arrêt de mort.

Mais pour eux ainsi que pour toute une floppée d’autres combattants, il y a eu ce moment. Cette droite ou ce kick particulièrement bien placé par l’adversaire qui les a pour la première fois proprement mis au tapis, sans discussion possible. C’est alors à partir de ce moment clé que le landau prend de la vitesse et que bébé finit immanquablement encastré contre la cabine téléphonique en bas de la butte.

Quand le menton est entamé, c’est le début de la fin.

Après son premier KO net et sans bavure subi des mains de Rampage, Chuck Liddell passa ad patres 3 fois sur ses 5 combats suivants. De même que Dangerous Dan (Henderson) sera envoyé au tapis quasiment à chaque combat suivant sa décapitation en place publique par Vitor Belfort.

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Chuck Liddell a même tenté de donner sa propre explication du phénomène. Pour lui, son corps est indépendamment arrivé à la conclusion après toutes ces années de bons et loyaux services que le mental, insubmersible, allait contre de ses intérêts sur le long terme. Il aurait alors pris la décision de fermer les lumières dès les premiers signes de tonnerre, pour l’empêcher de continuer à se faire du mal par simple refus d’abandonner. S’il paraît bien sûr presque enfantin d’anthropomorphiser son inconscient de cette manière, l’explication scientifique illustrant cette théorie n’est peut-être pas si loin du compte. Si l’on s’en réfère à notre dissection du KO sur le plan neurologique du début, il se peut parfaitement que notre cerveau décide à un moment de mettre le holà par pure prévention et expérience des traumatismes répétés passés.

Alors que faire ? Bon déjà, ce n’est pas inventer la fermeture éclaire que de conseiller de garder les mains hautes et le menton bien rangé. Saupoudrez tout ça de mouvements de tête constants à la Tyson, ou pour revenir au MMA, disons Shogun Rua dans son prime. Quand la tempête se déclenche, vous pouvez essayer de « rouler avec les coups » comme Anderson Silva (avant le KO de Weidman, depuis malheureusement son menton est passé dans la catégorie des suspects).

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Mais surtout, ô grand surtout, et c’est là que le mal est fait : allez-y mollo au niveau des sparrings.

Si vous y allez pleine balle et à chaque entraînement, non seulement c’est la bonne santé dans vos vieilles années qui va en prendre un grand coup, et c’est là le plus grave, mais de surcroît votre résistance à la punition en sera immanquablement grignotée.

Alors les guerres intestines et les concours de teubs (ou de poitrines si des Damoiselles se sont glissées dans le tas), réglez plutôt ça avec une partie de FIFA post-entraînement. Et si ladite partie de FIFA déclenche une nouvelle session de sparring, et ben… Et ben un peu de tenue merde, vous n’avez plus 12 ans ! (ou alors vous avez menti sur votre âge lors de l’inscription sur facebook, et ça c’est passible de prison ferme, de 3 000 euros d’amende et d’obligation de participer à la fête des voisins).

Rust

La Sueur

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Photo By: latimes.com, Joe Camporeale-USA TODAY Sports, sbnation.com, sitedeaposta.net, lowkickmma.com

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