Alistair « the Reem » Overeem – L’abordage tout en douleur du Hollandais Violent

Portrait de l’un des combattants poids lourds les plus décorés : Alistair « The Reem » Overeem.

Un regard qui veut dire « un mouvement de travers et tu y passes », une cicatrice sur la joue souvenir d’un coup de bouteille dans une rixe alors qu’il n’a que quinze ans, une voix calme et flegmatique, un charisme tranquille, mais imposant. Alistair « the Reem » Overeem, c’est d’abord une présence. Style grizzly dans le poulailler.

Champion poids lourd du Strikeforce, du Dream côté MMA, Champion du K-1 World Grand Prix côté kickboxing. Il a à 36 ans entassé l’inimaginable palmarès de 41 victoires pour 14 défaites au plus haut niveau du combat libre mondial sur les circuits les plus prestigieux, du Pride à l’UFC ou il officie actuellement. Sur les 41 combats ou il a fini semelle sur carcasse, seulement 4 sont allées à la décision pour un total de 18 KOs et 19 soumissions. Le bonhomme a comme qui dirait un goût pour le travail bien fait. À la moulinette hollandaise sont ainsi passés les plus gros noms que le sport avait à offrir : Junior Dos Santos, KO. Brock Lesnar, KO. Mark Hunt, soumission. Fabricio Werdum, Franck Mir… Quand on croise le « Demolition Man », c’est généralement l’aller simple.

À la veille de son potentiel sacre à l’UFC, qui ferait de lui, depuis la création de l’Univers par Valérie Damidot et son équipe il y a 14 milliards d’années, le premier être humain à avoir décroché des titres au K1 et à l’UFC, voici la panoplie du parfait groupie : tout ce qu’il faut savoir sur la Rolls-Royce toutes options de l’encastrage nasal.

Étant petits, après avoir suivi leur mère aux Pays-Bas à la suite du divorce de leurs parents, Alistair et son grand frère Valentijn (qui sera lui même un honnête combattant, mais finira sa carrière avec plus de défaites que de victoires) sont très axés sport. En revanche, là ou ça diverge c’est ils n’ont pas vraiment la même définition de « créer du lien ». Alors que Valentijn se range et vit sans faire de remous, Alistair quant à lui fit des bastons de rue sa gymnastique quotidienne ! Dans la rue, les bars, avec ou sans utilisation d’objets classés « hostiles », ça ne reculait devant rien ni personne. Mais ne négligeant pas son capital santé pour autant, il s’initie parallèlement au judo, à l’athlétisme et au basket, on l’imagine pour se maintenir assez en forme pour performer les samedis soirs à l’heure ou tout passe, tout lasse, sauf les shlasses.

alistair-overeem-jeuneRegard interrogateur, mais néanmoins confiant, même sur les photos de classe il pue l’embrouille

En bon Pascal le grand frère version hardcore, Valentijn décide de recadrer Alistair pour essayer de lui inculquer une chose ou deux sur le respect ; il l’amène à un entraînement de MMA. Après avoir découvert les joies du sport quand il est enseigné par Bas motherfucking Rutten (entre autres), Alistair a le déclic et commence à prendre goût à la science du combat. Le vrai. Le noble.

Il commencera à 17 ans par le kickboxing. À 19 il embraye sur le MMA et c’est à 22 ans seulement qu’il décroche un contrat pour son premier combat au Pride FC. Il gagnera par ce qui sera désormais mondialement connu comme la marque de fabrique du Reem : les genoux.

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De la même manière qu’on associe le high-kick gauche à Mirko Crocop ou les takedowns timés à la perfection à Georges St Pierre, les genoux seront pour toujours et à jamais associés au colosse hollandais. En clinch ou sur un pas, sautés ou en contres, si vous cherchez à être témoins de la perfection, n’hésitez pas à vous adresser à notre client. Et si Conor McGregor a remis au goût du jour le terme de « shot selection », littéralement la science du « bon coup au bon moment », Alistair en a fait ses fonds d’écran, verrouillage et accueil (ceux qui ne sont pas sur smartphone passez votre chemin, ici on est entre gens bien, esclaves de la technologie et fiers de l’être.). Il est la vitrine absolue pour l’intelligence de combat. Il ne se lance que rarement dans des combos à plus de 3 coups, mais ceux-ci sont triés sur le volet et lancés véritablement avec confiance qu’après une phase de reconnaissance du rythme et des mouvements de l’adversaire qui tient plus du scanner qu’autre chose : il va à partir de feintes et de coups simples (un jab par ci, un oblique kick par là) établir une carte mentale de vos automatismes et réactions instinctives à certains stimulis. Et une fois qu’il a bien cerné à qui il avait affaire, alors il passe à l’attaque. C’est tout bonnement fabuleux.

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Et si on vous parle de son « fight IQ » la saucisse à la main, ce n’est rien comparé à la majesté de ses mouvements une fois qu’il passe à l’offensive. Une grâce toute féline dans le déplacement (on rappelle que l’animal pèse bien ses 110 kilos), et une science du stand-up comme on en voit que rarissimement dans l’octogone. Chaque jab accélère au moment parfait, est exécuté d’un angle parfait avec le timing parfait, chaque kick est envoyé avec le mouvement de hanche idéal pour une puissance optimale et une rapidité effrayante.

Regarder Overeem mettre son tablier et déballer ses outils c’est comme se réveiller un lendemain de Noël (enfin pour ceux qui le fêtent, pour les autres disons un soir de buffet campagnard gratuit à volonté), c’est le filet de bave et les constellations dans les yeux…

Puisqu’il faut bien lui trouver un pouce rouge et que ce n’est pas son sol (il a soumis Vitor Belfort et a remporté les Europeans trials de l’ADCC en 2005), ni sa lutte (Brock Lesnar, Champion des États-Unis de lutte n’a pas réussi à le mettre au sol), on se rabattra sur son orgueil et son menton.

Son orgueil c’est ce qui lui a fait perdre son combat contre Bigfoot Silva alors qu’il le dominait de la tête et des épaules, se permettant des esquives approximatives en se rendant compte de sa supériorité, il s’est fait choper par les 3 mètres de diamètres des poings de Bigfoot. À partir de là il a alors perdu environ 5 ans d’espérance de vie en bonne santé avant que Herb Dean n’intervienne et écarte le monstre Brésilien du lieu du crime. Et son menton, c’est le gros point noir, c’est ce qui fait que l’on n’est jamais complètement serein quand on regarde un combat du Hollandais Violent. Parce qu’il faut bien être conscient que si, il en prend une de bonne facture sur le coin de la tempe, ce sera fini direct. C’est ce qui est arrivé avec Travis Browne alors qu’il était littéralement en train de le tuer, et même chose avec le Big Ben Rothwell.

Paradoxal quand on parle d’un champion de kickboxing ! Mais la différence de gants se fait ici grandement ressentir, avec des gants de boxe (et un gabarit aussi 3.0 **tousse**suppléments de testostérone**tousse** à l’époque il faut bien le dire) il pouvait se faire une vraie carapace en défense qui le protégeait beaucoup plus que des gants de 4 onces d’épaisseur comme le sont les mitaines au MMA.

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À tout ça on pourrait rajouter que l’homme se meut dans la vie de tous les jours dans le pur style clubbeur huppé hollandais. Toujours impeccable que ce soit décontracté t-shirt lunettes de soleil rondes à reflet ou tiré à quatre épingles en 3 pièces pour ridiculiser toute tentative de faire le mec à 20 mètres à la ronde. Qu’il s’entraîne au Nouveau-Mexique à la team Jackson-Winkeljohn (avec Jon Jones, Donald Cerrone, Holly Holm et toute une bande de joyeux drilles), mais que ça ne l’a pas empêché de démembrer un de ses petits camarades de la team, Andrei Arlovski par jumping front-kick.

Alors si l’expérience vous tente et bien QUELLE COÏNCIDENCE, il combat ce week-end pour le titre contre Stipe Miocic à Cleveland en territoire ennemi et vu le niveau des deux compères, ça risque de faire du grabuge !

Ce genre d’orchestre mené par le Demolition Man, c’est le genre d’offre que vous ne pouvez pas vous permettre de refuser. À dimanche pour le débrief !

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Photo By: alistairovereem.com, Tim Heitman-USA TODAY Sports, bleacherreport.com, otalprosports.com
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