The Ultimate Fighter – Quand « Les Anges » apprennent à voler au supplex

Plongez au coeur de l’émission phare de l’UFC : The Ultimate Fighter. La télé réalité 4000.0 saupoudrée de sa dose de trashtalk et d’hémoglobine.

Il est généralement admis que le MMA en serait toujours à l’âge de bronze si Royce Gracie n’avait pas, entre 1993 et 1994, labouré son sillon à travers les 4 premiers UFC. Au volant de son Tracteur Agricole aka le Jiu-Jitsu Brésilien quand le reste de la populace se retournait encore les ongles en jonglant avec de vieilles pioches, il a changé la face du sport en y ajoutant une nouvelle dimension. Ce fut le plus grand bond dans l’Histoire de la discipline, devant l’image VHS granuleuse de ce Brésilien salement keuss portant fièrement son Gi, aux quatre coins du monde certains des plus grands combattants de tous les temps avouent avoir vu leur vie changer et leur perspective s’ouvrir comme jamais auparavant.

The Ultimate Fighter – Quand « Les Anges » apprennent à voler au supplex

Ce fut la première secousse sismique à redéfinir clairement les frontières du sport. La seconde, de magnitude moins monstrueuse, mais tout aussi importante dans le rôle qu’elle a joué vers une reconnaissance globale, fut le combat de titans entre Forrest Griffin et Stephan Bonnar en finale Light-Heavyweight  de l’émission-tournoi qui sera par la suite considérée comme l’un des produits phares de la machine américaine : « The Ultimate Fighter ».

En 2005, si l’UFC avait évolué vers de plus en plus de professionnalisme comparé aux toutes premières moutures, ils fonctionnaient toujours par le système de pay-per-view, de cassettes ou DVD. Ils avaient besoin de passer à la vitesse supérieure pour réellement commencer une expansion, et aller vers une reconnaissance du sport au même titre que la NBA ou la NHL. Tout du moins c’était la vision qu’avaient les frères Fertittas, propriétaires à l’époque qui avaient racheté l’UFC pour un ridicule million de dollars (qui en pèse aujourd’hui plus de 4 milliards). Comme de par mazard à la même époque, la chaîne Spike TV cherchait une deuxième partie de soirée à la suite de la WWE diffusée en prime time, et après avoir hésité entre le K1 et le MMA, ils décidèrent de donner leur chance à « The Ultimate Fighter » pour une saison, impressionnée par la vision des frères Fertitta et par le potentiel de Dana White, encore chevelu et svelte à l’époque, de devenir un Vince MacMahon (le chef d’orchestre même encore aujourd’hui de la WWE) bis.

Le succès fut tel après le dénouement en forme de feu d’artifice de la première saison (pendant le combat Griffin-Bonnar, les gens appelaient leurs amis pour qu’ils le regardent en direct. Ce qui conduira à des pics d’audience de plusieurs millions de téléspectateurs) que Spike en renouvellera le contrat pour une deuxième.

The Ultimate Fighter – Quand « Les Anges » apprennent à voler au supplex

Aujourd’hui on compte 24 saisons principales au total, et 10 saisons parallèles supplémentaires dites « Internationales » comme le « TUF (The Ultimate Fighter) Latin America » ou le « TUF Brazil ». C’est déclinable à l’infini pourvu que ça fasse du air time et du biffe, et c’est ça qui est génial quand on est de gros capitalistes amateurs du principe dit du « Call of Duty : nianianiah Warfare ».

Le principe d’une saison est simple, 16 combattants appartenant à une ou deux catégories de poids différentes selon les saisons, vont être divisés en deux équipes et prendre part à un tournoi dans le plus pur style DragonBallesque. Le combat de finale sera disputé en direct lors d’un event UFC global avec d’autres gros combats n’ayant rien à voir avec le TUF.

Le ou les gagnants (les si il y a deux tournois car deux catés de poids) se verront récompensés d’un contrat spécial avec l’UFC.

Bien sûr puisque l’émission sera éditée et diffusée en différé de quelques mois, les combattants ont interdiction stricte de révéler l’issue des combats et des phases préliminaires, ainsi que quelque détails sur le show ou son déroulement.

Chaque équipe est mentorée par un coach principal, généralement une superstar de l’UFC, et point d’orgue de la saison les coachs eux-mêmes s’affronteront, pour un titre ou juste pour se foutre sur le blaire après s’être copieusement insultés pendant 6 semaines devant les caméras (la durée moyenne de tournage d’une saison).

le TUF avec Rampage et Rashad, une saison qui sentait bon le snipe et le « black-on-black crime » 

Parce que si les combattants sont sélectionnés assez drastiquement en fonction de leurs capacités pugilistiques, devant pour prouver leur valeur passer par des batteries de tests après avoir été ou non acceptés par leur palmarès professionnel, le but est aussi quand même de faire de l’audimat. Alors parmi les centaines de candidats qui se présentent aux tests de sélection organisés un peu partout par l’UFC, seulement 16 (ou 32 lorsque l’UFC décide de passer par un premier tour éliminatoire) gagneront donc leur ticket pour le manoir UFC. Et ces 16 gaillards (ou gaillardes comme on a pu le voir dans les dernières saisons) vont devoir passer 6 semaines entre eux/elles dans une énorme maison, logés nourris aux frais de la princesse, mais sans AUCUN contact avec l’extérieur. Et pas besoin d’avoir lustré les plafonds à l’ENS pour savoir que ce genre de situation ne peut que dégénérer.

Insultes, bagarres, pleurs, menaces, bordel, c’est généralement pas le mélodrame qui manque lors d’un tournage de TUF. Et vous pouvez compter sur les responsables à la production TV pour bien en rajouter lors des montages, voir même s’aménager une trame scénaristique maison quand l’originale n’est pas assez funky-Billy. En fin de chaîne on se retrouve avec une émission ou on voit les mecs s’entraîner la moitié du temps, s’envoyer des bifles verbales de bienvenue l’autre moitié du temps, et au milieu de tout ça quelques combats quand même. ‘MURICA !

Michael Bisping - The Ultimate FighterGood Old DJ Mike-B

 

Après on déconne, on déconne, mais mine de rien parmi les centaines de participants au TUF à travers les saisons, 5 bonshommes et une bonne femme sont devenus champions à l’UFC, quand d’autres le sont devenus au Strikeforce ou encore au WEC. Parmi eux on retrouve des valeurs sûres comme Rashad Evans, TJ Dillashaw ou encore Michael Bisping. Donc oui on est numéro 1 sur l’humour, mais les candidats sont quand même de TRÈS, TRÈS sérieux compétiteurs.

En fait c’est bien simple, dans les premières saisons, si vous êtes un fan de MMA un peu sérieux vous reconnaîtriez encore aujourd’hui les ¾ des noms. Car si quelques-uns ont remporté le Graal suprême après leur passage dans le show, certains sont devenus des überstars même sans y arriver. On pense à Nate Diaz, responsable vous l’imaginez bien de moments Kinder Pingui et de punchlines absolument mémorables dans la « maison TUF ». On repensera la morve au nez et la larme à l’œil à cette fameuse session tag où il utilisa un marqueur indélébile pour représenter « 209 » et « Stockton » sur toutes les portes et tous les murs de la maison… On pourrait citer également Matt Serra, Ryan Bader ou encore Roy Nelson.

Néanmoins pour être honnêtes, de moins en moins de produits du TUF arrivent à trouver leur marque dans les plus hautes strates à l’UFC de nos jours. La faute à un niveau général dans le sport qui a considérablement augmenté depuis 2005 et la première saison.

La rançon du succès en quelque sorte, car si le TUF a lancé le MMA pour de bon médiatiquement, des dizaines et des dizaines d’organisations ont bourgeonné depuis  un peu partout dans le monde et un passage au TUF n’est clairement plus la voie royale, ni même la plus simple pour attirer l’oeil des recruteurs américains. Devenir Champion dans une organisation parallèle à l’UFC (même sans être concurrente, comme le BAMMA ou le Jungle-Fight) semble par exemple pour les combattants internationaux un bien meilleur moyen de se parer d’un voyant lumineux que d’aller passer 6 semaines au bout de l’enfer à Las Vegas.

Enfin voilà vous l’aurez compris, on se situe entre de la télé-réalité bidon que TF1 n’aurait pas reniée, et un tournoi de MMA de très haute volée. C’est leur formule gagnante et aujourd’hui « The Ultimate Fighter » est diffusé sur Fox Sports 1. Une consécration après avoir passé six loyales années chez Spike TV et une chez FX.

The Ultimate Fighter Demetrious

Après du point de vue de l’amoureux du sport, difficile de bouder les combats à chaque fin d’épisode qui ont l’incroyable attrait de se passer dans un gymnase quasi désert, ce qui permet d’entendre très clairement les consignes des entraîneurs à chaque instant ainsi que les bruits réels du combat, apportant une perspective inédite et fascinante à l’image qui nous est présentée.

Voilà pour l’initiation à une des armes lourdes de l’UFC en matière de com’ et de chasse aux prospects. En France il faudra se tourner vers la chaîne « Kombat Sport » si vous voulez trouver des épisodes rediffusés. Pour le reste : à vos internets…

Juste parce que.

 

Rust

Photo By: mmaweekly.com, mma-core.com, sherdog.com, mirror.co.uk, pinimg.com, ssta.com, UFC
1 Discussion on “The Ultimate Fighter – Quand « Les Anges » apprennent à voler au supplex”

Leave A Comment

Your email address will not be published.