Arthur Cravan – Le boxeur-poète et neveu d’Oscar Wilde

Introspection jeunes gens! Je pense que la majorité d’entre vous ne connaisse pas Arthur Cravan, cet homme d’un autre temps au parcours plus qu’atypique!

Eh bien fans de boxe, de poèmes philosophiques et bien sûr de bandes dessinées ne vous inquiétez pas les réponses à vos questions sont regroupées dans cet article et plus largement au travers des pages du roman graphique Arthur Cravan (sortie en avril 2018 par les éditions BAMBOO afin de rendre hommage à cet homme mort il y a une centaine d’années de cela). Ce que je vous propose aujourd’hui est de vous présenter l’histoire de ce “dada” aux multiples vies, charmeur de serpents, marin sur le pacifique, boxeur, neveu d’Oscar Wilde et j’en passe!

Avant toute chose nous n’aurions pas pu avoir en mains cet ouvrage sans le dessinateur et auteur Jack Manini qui a décidé, il y a deux ans de cela, de se lancer dans la réalisation de ce biopic. Manini possède la double casquette de scénariste et dessinateur et a pour habitude généralement de ne pas mêler ses deux activités simultanément. Généralement, il préfère les collaborations, car il considère que cela lui apporte beaucoup (autant pour ses oeuvres que pour lui-même). Cela lui arrive cependant de travailler seul sur certains projets (je swingue, Les Croquemagnons…) en mettant à profit la totalité de ses compétences comme il l’a fait avec Arthur Cravan.

Fan des contextes historiques et de leur mise en relief au travers de ses oeuvres. Il n’est pas étonnant qu’en 2016 en découvrant la photo de cet athlète qu’est Cravan il tombe “amoureux” de son parcours et de son caractère contradictoire. Ils partagent tous deux la même passion qu’est la boxe ce qui n’a pas manqué de frapper (c’est le cas de le dire … ) J.Manini qui se lance alors dans cette longue aventure qu’est de rendre honneur à un personnage historique au travers d’un roman graphique.

Maintenant que les présentations sont faites, il est temps de se pencher un peu plus sur le personnage principal de cette histoire. On retrouve donc Fabian Avenarius Lloyd (vrai nom d’Arthur Cravan) au cours d’une nuit parisienne en 1910 dans une situation où on ne sera plus étonné de le retrouver c’est-à-dire: en pleine soirée et dansant avec une (ou plusieurs) femme(s). Fin de soirée et fauché jusqu’au cou il ne peut se permettre de retourner à son appartement où la concierge l’attend de pied ferme pour lui réclamer ses loyers impayés. Où va-t-il dormir? Ce n’est pas une question adaptée pour Fabian. Que ce soit à la pleine lune ou chez une prostituée il trouvera toujours un endroit où “se reposer”.

Arthur Cravan

Comme vous pouvez le voir, cette ouverture nous présente déjà quelques traits de caractère de ce géant de 2 mètres (dont danseur et dragueur). Mais malgré ce tempérament assez débrouillard, Fabian n’était pas du genre à se saigner à la tâche pour des choses qui ne lui plaisaient pas. Vous ne le verrez donc jamais en train d’effectuer un travail manuel ne lui apportant comme seule récompense que quelques deniers. A contrario, quand il devait s’investir personnellement dans ses multiples passions ce n’était pas la même histoire. C’était un homme à vivre pour lui et ses projets plutôt que pour les autres (l’exemple même de l’entrepreneur). C’est pourquoi il n’est pas étonnant qu’en tant que poète et critique il décide de créer une revue littéraire lui permettant de lier deux de ses passions.

Cette revue aura un succès fou auprès des hautes sphères parisiennes. D’une part, en utilisant des stratagèmes plus que culottés pour réaliser sa communication (se présentant comme mort pour vendre son premier numéro notamment, car un poète mort attire plus qu’un poète vivant) et d’autre part en critiquant de façon crue et acerbe la majorité de la population artistique (“Marie Laurencin. En voilà une qui aurait besoin qu’on lui relève les jupes et qu’on lui mette une grosse … Quelque part pour lui apprendre que l’art n’est pas une petite pose devant le miroir …”). Vous l’aurez compris, il n’hésite pas à utiliser toutes les méthodes à sa disposition pour pouvoir vendre ses papiers (allant jusqu’à les vendre lui-même au pied de la Tour Eiffel). Ce culot extravagant l’aidera à réussir et est selon moi le trait de caractère qui le définit le plus.

Arthur Cravan

Pourtant son passage de Fabian Lloyd à Arthur Cravan se fera bien avant la parution de sa revue. Il naîtra vraiment en tant qu’Arthur Cravan lors de sa rencontre avec sa première concubine Renée Bouchet. En se basant sur la ville dont était originaire sa dulcinée (“Cravans” sans le “s”, car “ça sonne mieux” ) et sur le prénom royal qu’est “Arthur”, il se réincarne en Arthur Cravan le “roi des poètes” (et non pas le roi des pirates ahah …). C’est donc avec ce nom que son histoire en tant que critique commence. Plus globalement, c’est au travers des pages de sa revue Maintenant (je vous en parlais dans le paragraphe précédent) qu’il se fera le plus connaître, se faisant par la même occasion quelques ennemis, dont son homologue Guillaume Apollinaire.

Et sa carrière de Boxeur dans tout ça? Eh bien Arthur, était le champion de France amateur de boxe! Eh oui rien que ça! Enfin … Il est tout de même bon de stipuler que son titre il ne l’a pas obtenue de façon “normale”. En effet, son concurrent ne s’étant pas présenté, il a obtenu le titre par défaut si je puis dire. Quel aurait été le résultat si le boxeur s’était présenté? Mystère. Mais ce n’est pas pour autant que cela l’empêchera de mener d’autres matchs au travers de ses voyages par delà le monde en mettant bien en  avant son titre de champion. Il affrontera quelques boxeurs de-ci de-la et donnera même des cours, jusqu’à rencontrer le champion du monde catégorie poids lourd de 1908: Jack Johnson. Voyant le gain possible que pourrait lui apporter un combat contre le champion, il décide d’en organiser malgré son niveau amateur. Conclusion? Il tiendra pas moins de 7 rounds contre Johnson, une véritable prouesse pour ce dandy des temps passés.

Arthur Cravan Johnson

Je pourrais parler encore longtemps d’Arthur, mais je pense qu’il serait mieux pour vous lecteurs de découvrir par vous-même ses aventures. Néanmoins, je peux tout de même vous parler de la qualité du dessin. On retrouve donc dans cet ouvrage, non pas des planches, mais de réelles peintures à proprement parlé vu les qualités artistiques réunies par Manini sur chacune des cases. On ressent réellement le coup de pinceau de Manini qui nous offre une grande qualité de réalisation tant dans les expressions faciales que dans les décors représentant les villes que sont Paris, Barcelone et bien d’autres.

D’un point de vue global, pour revenir sur Cravan, Manini a raconté l’histoire d’un homme qui ne correspond pas forcément avec mes valeurs. Cravan était vraiment tourné vers la provocation et jouait de ses avantages pour obtenir ce qu’il voulait, mais il était avant tout un homme libre qui donnait tout pour ses convictions. Il avait peur de se livrer à la guerre (le récit se déroulant en partie lors de la Première Guerre mondiale) il la fuira et préférera vivre une vie de déserteur. Même si nos deux personnalités sont plutôt différentes je pense qu’il est tout de même intéressant de porter un regard sur les péripéties qu’a vécu cet homme.

Bref, vous l’aurez compris Arthur Cravan a vécu beaucoup de choses au cours de sa courte vie (décédé à 31 ans de manière mystérieuse, il serait d’après les dires mort au cours d’un voyage en mer pour rejoindre sa femme Mina Loy), mais ce n’est pas dans un article comme le mien que vous pourrez connaître l’ensemble des péripéties qu’a vécu Cravan. Cependant, Manini s’est donné pour réaliser une oeuvre tangible dans laquelle vous pourrez retrouver les parties les “plus” importantes de l’épopée du boxeur. C’est pourquoi si vous voulez obtenir plus de détails sur le boxeur-poète, vous pourrez vous procurer la bande dessinée juste ici. Par ailleurs, La Sueur vous propose en partenariat avec les éditions BAMBOO de vous faire gagner 5 exemplaires de l’œuvre ! Pour participer, il vous suffit juste de follow La Sueur ainsi que Bamboo sur Twitter les vainqueurs seront annoncés le 4 décembre. Je vous souhaite bonne chance et de bonnes lectures!

Photo By: Bamboo, Google

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