Canelo Alvarez, la superstar du boxing game

Portrait de celui qui enflamme la boxe depuis son plus jeune âge. Alors qu’il rentre dans son prime, Canelo Alvarez a rendez-vous avec l’histoire.

Ça y est, la revanche a été annoncée ! Le second volet du plus grand combat de boxe de l’année 2017 aura lieu le 5 mai prochain ! Pour célébrer cette annonce, je vous propose de nous pencher sur l’actuelle plus grande star mexicaine du boxing game, j’ai nommé Canelo Alvarez. Son talent assez extraordinaire et son style relativement équilibré font de lui un des tous meilleurs P4P de la planète. Cette présentation vous aidera à comprendre comment notre ami a pu en arriver ici, et vous fera peut-être changer d’avis à son sujet !

Plus jeune d’une fratrie de 8 enfants, Santos Saul Alvarez naîtra et grandira dans la grande ville mexicaine de Guadalajara. Passion de toute la famille (ses 6 frères deviendront tous boxeurs professionnels), la boxe bercera l’enfance d’Alvarez. Mais ce n’est qu’à l’âge de 13 ans qu’El Canelo passera le pas sur un ring pour s’inscrire dans un club.

Côté palmarès, il remportera en 2004 une médaille d’argent au championnat national mexicain. L’année d’après, c’est la médaille d’or qui lui tendra les bras. Et c’est seulement à l’âge de 15 ans qu’il mettra un terme à sa carrière amateur, avec un palmarès de 44 victoires pour 2 défaites. La raison ? Impossible de trouver un adversaire du même âge que lui, selon son père (et entraîneur).

Ni une ni deux, Canelo s’attaquera alors au monde professionnel. Durant les deux premières années, toujours le même problème, impossible de trouver un adversaire de son âge (logique me direz-vous chez les pros, des mecs de 15 ans, ça court pas les rues). Ses 13 premiers adversaires seront donc bien plus âgés que lui, mais ce sera loin d’être un problème pour notre ami puisqu’il en enverra dormir 11 d’entre eux. Cependant, ces mecs-là, ce n’était pas vraiment des durs à cuire : que des palmarès médiocres (2-6 ou encore 8-21…).

C’est à partir de sa 14e rencontre qu’Alvarez élèvera quelque peu le niveau de ses adversaires en affrontant des boxeurs tels que Carlos Herrera (21-0), ou bien Euro Gonzalez (17-0) ; mais au final, rien de bien folichon. Mais c’est à partir du 6 mars 2010, pour son premier combat au MGM de Las Vegas lors de l’undercard Mayweather-Mosley que la carrière de notre ami va enfin décoller. Il affrontera en effet Jose Miguel Cotto, qui n’est autre que le grand frère de la machine à tuer Miguel Cotto. Dans un match intéressant, Canelo enverra Jose Cotto au tapis au terme du 9e round. Après cela, Alvarez affrontera plusieurs adversaires au Mexique comme aux USA. Le 5 mai 2012 lors de l’undercard Mayweather-Cotto, c’est le grand Shane Mosley (46-7) qui deviendra la nouvelle cible de notre ami.

Dans un fight relativement serré, Canelo sortira vainqueur au terme des 12 rounds par décision unanime. Mais à l’époque, Canelo se cherche encore. Son style reste assez brouillon, bien que sa palette de coup soit assez impressionnante. En effet, des combos de trois coups maximums, un rythme très saccadé… Sa grande qualité reste néanmoins sa précision, facette primordiale du style de Canelo puisque ses enchaînements sont très courts. Notre ami arrive donc à ébranler ses adversaires avec sa puissance plus que correcte et sa technique. Pourtant, sa boxe reste relativement conventionnelle, avec une garde toujours très haute et un usage constant du balayage de bras.

Après cette victoire, Alvarez signe pour un combat avec le champion Paul Williams. Mais c’était sans compter sur un accident de moto de Williams, qui le paralysera et le contraindra à abandonner soudainement sa carrière de boxeur. C’est donc Josesito Lopez (30-4) qui sera élu nouvel adversaire et accessoirement nouvelle victime du mexicain. C’est en effet en seulement 5 petits rounds que Canelo enverra Lopez dormir, dominant le fight de bout en bout.

Le 20 avril 2013, gros combat en perspective : Canelo fera face au talentueux Austin Trout (26-0), un out boxeur relativement intelligent. C’est le moment de tester enfin la capacité de notre mexicain à boxer contre un gars au style totalement différent de la moyenne. Trout est en effet un boxeur attentif, mais qui dispose de la puissance nécessaire pour envoyer dormir une mâchoire peu préparée. Étant un fin out boxeur, son jeu de jambes est aussi supérieur à la totalité des boxeurs que Canelo a affrontés jusque-là. C’est devant presque 40 000 personnes qu’Alvarez dominera Trout, qui ne s’attendait sûrement pas à une telle puissance de la part de son concurrent. C’est en effet dès la troisième reprise que Trout comprendra que Canelo est tout sauf un figurant.

Et c’est au 7e round, avec une droite chirurgicale au menton que Canelo fera tituber Trout pour que ce dernier soit compté pour la toute première fois de sa carrière. Ce fight se terminera néanmoins par une victoire de Canelo sur décision unanime des juges. C’est pour moi le combat référence de notre ami. En effet, c’est lors de cette soirée que Canelo nous montrera l’étendue de sa boxe : un style extraordinairement équilibré. Le bonhomme sait faire vraiment beaucoup de choses, parfois puncheur en alternant travail au corps et à la face, parfois défenseur avec des esquives assez monstrueuses.

Seul défaut notable, sa boxe relativement saccadée, avec beaucoup de temps morts, et peut-être aussi un peu trop conventionnelle. Et c’est en cette nuit du 14 septembre 2013 que Canelo va voir son palmarès enrayer par la défaite. Et quelle défaite ! Une leçon, probablement la domination la plus totale du Money May. Professeur Mayweather a littéralement renvoyé Canelo à l’école en lui inculquant une véritable leçon de boxe. Quasiment aucun coup n’atteindra Floyd, et ses contres seront encore plus extraordinaires que lors de tous ses autres combats. À cet instant, c’est comme si Mayweather avait rajeuni d’une quinzaine d’années. À cet instant, le plus jeune des deux, c’était bien lui.

Money remportait le combat par décision unanime. Pourtant un des trois juges y verra une égalité, chose à laquelle Mayweather répondra : « Je ne sais pas quel combat ce juge a vu, il est clair que je l’ai dominé ». Canelo quant à lui sera bien obligé d’avouer : « C’est un super fighter. C’est simple, je ne pouvais pas le toucher. Je ne savais pas comment l’attraper, il est très intelligent. Je reconnais qu’il m’a battu ».

Deux fights plus tard, le choc presque aussi attendu que contre Mayweather, j’ai nommé Canelo-Lara. Notre boxeur cubain est une véritable machine à boxer, dans le top trois des meilleurs out boxeurs toutes catégories confondues. Pourtant, sa carrière peine à décoller, prenant donc le même chemin que nombres d’out boxer, soi-disant incapable de satisfaire la foule avec un KO. Mais croyez-moi, la boxe de Lara vaut tous les KOs du monde : son style est d’une rare pureté, son footwork magique, et sa puissance tout à fait raisonnable.

C’est donc le 12 juillet 2014 que le match eut lieu. Résultat : un vol pur et simple. Lara a totalement su annihiler la boxe saccadée de Canelo, ce dernier se contentant d’avancer constamment sur Lara, qu’il l’a out boxé remarquablement. C’est simple, Canelo ne pouvait toucher Lara. Largement en avance aux points, le Cubain a pourtant vu la victoire passer sous son nez puisque c’est bien Canelo qui, à la surprise générale, remportera le combat par split décision.

Ce combat soulignera l’autre grande faiblesse de notre ami, l’out boxing. Face à un tel type de boxeur, il perd tous ses moyens. Il ne se contente que d’avancer mécaniquement pour se prendre un contre des enfers. Canelo a tendance à parfois se détruire tout seul, perdant tout jeu de jambes, mouvements de tête pour avancer tel un bœuf devant son adversaire. Sauf que ces mêmes bœufs sont les cibles préférées des out boxeurs.

Mais ces deux leçons pugilistiques qu’aura subies Canelo vont le faire énormément progresser puisqu’à partir d’ici sa boxe commencera à atteindre une réelle maturité. Pour son prochain combat, c’est le pauvre James Kirkland, n’ayant plus boxé depuis plusieurs années qui sera désigné adversaire de Canelo. Dans une rencontre à sens unique, le mexicain détruira complètement Kirkland en trois petits rounds, signant par la même un des KO de cette année 2015. James sera directement envoyé à l’hôpital et avouera par la suite : « je ne savais même pas que j’étais KO ».

Prochain combat et non des moindres, celle contre Miguel Cotto. Cette rencontre sera attendue par l’ensemble des fans de boxe de la planète puisque ces deux gars représentaient tout bonnement les deux meilleurs boxeurs en 155 pounds. Cotto, plus grand guerrier de notre génération, mais de plus en plus vieillissant, faisant face à la jeunesse mexicaine : une affiche de rêve.

Puerto Rico contre le Mexique, la rivalité latine qui n’a jamais cessé et ne cessera probablement jamais. Dans un combat relativement serré, c’est bien Canelo qui en ressortira vainqueur par décision unanime. Pourtant, Cotto dominera largement Canelo techniquement, enchaînant des combinaisons de plus de 5 coups remarquables ; mais sera vite rattrapé par la jeunesse de Canelo.

De plus, Canelo finira le combat avec la face la plus boursouflée de sa carrière. Une chose est sûre, si Cotto avait eu 3 ou 4 ans de moins, notre ami aurait pris une sacrée déculottée. Le mexicain avouera de plus, lors d’une interview avant sa rencontre contre GGG, que Cotto est assurément un adversaire plus impressionnant que GGG (et au final il n’avait pas tort si l’on regarde l’état de sa face à la fin des deux fights). Enfin, ce combat générera plus de 900 000 achats de pay per view, nombre qui n’avait pas été atteint depuis le combat de Lennox Lewis et Mike Tyson (si l’on enlève les combats de Mayweather).

En 2016, un combat avec le grand espoir Amir Khan est prévu. Mais pour ce faire, Khan devra monter de deux catégories. Lui qui d’habitude est un, voire même le boxeur le plus rapide toutes catégories confondues, sera presque méconnaissable durant la rencontre. Il réussira à gêner Canelo pendant 6 rounds pour se retrouver en avance dans le comptage des points, mais se fera totalement éteindre par une droite monstrueuse.

Après ce véritable attentat, Canelo invitera Golovkin à rejoindre le ring pour annoncer ce qui sera le plus gros combat de l’année 2017 : Canelo-Golovkin. À partir de là, mon avis va sûrement diverger avec toi, cher lecteur, je préfère te prévenir. Le 16 septembre 2017, l’évènement tant attendu est enfin là ! Le fight que le boxing game attend depuis plusieurs années.

Et selon moi, c’est bien Canelo qui a pris le combat à son avantage et qui aurait dû gagner. Ce dernier nous a effectivement montré que ses déculottées face à Mayweather et Lara l’ont fait grandir et mûrir. Il est désormais capable de faire ce que tout boxeur équilibré se doit de faire pour être imbattable : adapter sa boxe à son adversaire.

Et c’est précisément ce qu’a fait Canelo. Il n’a pas cherché l’affrontement puisque face à une telle machine à tuer, impossible de survivre et d’espérer gagner. Il ne lui restait alors une seule solution : l’out boxing. Et on peut dire que ce fut une merveille. Golovkin a reproduit ce que Canelo faisait durant son fight avec Lara : il avançait son réel but précis. Et c’est ce qui selon moi a été préjudiciable à Golovkin et l’a empêché de remporter le combat.

C’est simple, il ne trouvait aucune solution. Canelo arrivait constamment à sortir des cordes avec une esquive vers la droite, toujours la même. De plus, les coups les plus notables se retrouvent chez Canelo et non chez le kazakh thunder. Même si Golovkin a réussi à équilibrer la balance grâce à son jab, tous ses autres coups ont été réellement inefficaces, alors que notre ami mexicain a touché GGG avec bon nombre de crochets, d’uppercuts, de jabs …

Et je suis persuadé que lors de la revanche, c’est bien Canelo qui en sortira vainqueur. Il ne cesse de progresser après chaque combat, ceci est tout bonnement hallucinant. On se croirait dans un jeu vidéo, où le héros ne cesse de devenir plus fort après chaque combat et apprend de nouvelles techniques.

Sa boxe s’affine d’année et année, et elle a presque atteint son paroxysme. Plus rien ne peut le stopper selon moi, notre ami est devenu trop complet, il pourra s’adapter à presque n’importe quel style. Canelo est un véritable boxeur caméléon, et c’est là que réside sa plus grande force. Golovkin ne sera pas en mesure de trouver de nouvelles solutions, l’âge lui en fait plus sacrément défaut, il est donc même possible que ce prochain combat n’aille pas jusqu’à son terme.

En tout cas une chose est quasiment sûre, un des deux visitera le tapis au moins une fois. Pour finir, impossible de parler de Canelo sans parler du cancer du boxing game, j’ai nommé Golden Boy promotion. Cette firme fait vraiment mal à la boxe et contribue à la décrédibiliser, là où justement, elle devrait montrer sa grandeur de ce sport. Oscar De La Hoya est un homme avide d’argent, et les histoires concernant des juges corrompus ne se comptent même plus.

Mais ce qui est encore plus problématique, ce sont ces fights presque arrangés. Un kirkland qui n’avait pas boxé depuis quelques années, un Cotto vieux de 34 ans, une leçon administrée par Lara qui s’est miraculeusement transformé en victoire, un Amir Khan qui grimpe de deux catégories pour affronter Canelo… Si l’on rajoute à cela la récente rumeur de corruption du juge lors de son affrontement avec Golovkin, c’est bien la réputation de Canelo qui en prend un coup.

C’est bien simple, avant son combat avec Golovkin, je ne portais pas le mexicain dans mon cœur. Mais il a fallu que je me rende à l’évidence : en dépit de ses combats douteux, son talent est bien réel. Ce gars est un petit génie en son genre qui peut boxer n’importe qui, un peu comme un Terence Crawford. Et ces mecs-là représentent le futur de ce que sera prochainement la boxe.

En effet, finit les boxeurs avec une caractéristique bien plus haute que les autres, place maintenant aux boxeurs ultra complets : les frères Charlo, Canelo, Crawford… Si vous ne me croyez pas, alors regardez cette vidéo qui met en lumière les talents défensifs du petit, et comprenez que Canelo à l’heure actuelle, c’est tout sauf de la rigolade.

Photo By: AS
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