Interview Tom Duquesnoy avant ses débuts à l’UFC – « je n’ai jamais été à ce niveau »

On a interviewé notre frenchie préféré Tom Duquesnoy juste avant ses grands débuts à l’UFC contre Patrick Williams. Le Fire Kid ne vient pas pour jouer aux billes.

Ce samedi soir, Tom Duquesnoy (14-1) fera ses grands débuts à l’UFC contre Patrick Williams (8-4) lors de l’UFC on Fox 24. Une carte bien lourde avec Demetrious Johnson vs. Wilson Reis en main-event, Namajunas vs. Waterson ou encore Jacare vs. Whittaker. Le Fire Kid a répondu a nos questions avant sa rentrée dans la plus prestigieuse organisation au monde.

La Sueur : Hello Tom, alors on va commencer par une question classique : comment s’est déroulée ta préparation en amont de ton combat ? Est ce que la perspective de l’UFC a changé quelque chose dans ton entraînement ?
Tom Duquesnoy : C’est toujours le même processus en préparant un combat. Tu analyses les vidéos de l’adversaire avec tes entraîneurs. Tu établis ensuite le gameplan, plutôt une idée technico-tactique. À savoir, comment aborder le combat dans les grandes lignes. Qu’est-ce qu’il va falloir faire ? Qu’est-ce qu’il va falloir éviter ? À partir de là, c’est se préparer, comme d’habitude, le même process sauf que cette fois le nom a changé.

Que penses-tu de Patrick Williams (ses points forts, ses faiblesses, etc) ?
C’est quelqu’un de très dur, un bon combattant, complet, haut niveau en lutte et une explosivité naturelle. Surtout, c’est quelqu’un qui a des bons résultats. Par rapport à ça, je me suis préparé en conséquence.

Sans dévoiler ta stratégie est ce que tu t’es préparé spécifiquement à Patrick Williams ou non?
Oui, je me suis préparé spécifiquement pour lui. On a regardé tous ses combats, on a vu ce que l’on allait faire au sol, en lutte et dans la partie striking également. On est prêt et là on revoit tous les détails durant la semaine d’avant combat. C’est quand même moi qui vais faire la différence une fois que le combat va arriver avec ce que j’aime faire et ce que je vais ressentir pendant le combat. On peut établir des tactiques, mais si l’adversaire ne fait pas que tu annonces, c’est plus ta capacité à t’adapter qui va faire la différence. Donc je compte sur ça aussi.

Tu perds touts tes titres en arrivant à l’UFC, est-ce que tu te sens mieux de ne plus avoir cette « pression du champion » ? Est-ce que ça assainit ton approche ?
C’est pareil en fait. Avant j’avais des résultats en boxe, en lutte, en boxe-thaï, premier combat MMA c’est super important, on t’attend au tournant. Après une fois que j’étais passé professionnel, c’était la première ceinture qui avait beaucoup de valeur. Ensuite la deuxième, la troisième, la quatrième. Au BAMMA, la deuxième ceinture mondiale, personne ne l’avait fait avant moi donc toujours la pression… Premier combat UFC, on me dit « On t’attend tous ». À chaque fois, il y a cette attente qui se traduit par plus de pression, mais au final c’est toujours la même chose. Mon combat va être vu partout donc c’est juste ce que je dois faire. J’essaie de convertir le stress négatif en énergie positive. Après tout, je suis là, c’est que du positif. C’est l’occasion de remettre un coup dans la machine, de gravir un échelon. Je n’essaie pas de me polluer l’esprit avec toutes les autres choses et je suis vraiment concentré sur le combat.

Interview Tom Duquesnoy avant ses débuts à l’UFC – "je n’ai jamais été à ce niveau"

Le fait de commencer à Kansas City plutôt qu’en Europe, tu vois ça comme une bonne chose ?
C’est une bonne chose parce qu’à l’heure actuelle on voit bien que le MMA est développé principalement aux États-Unis, sur la côte ouest. Mon intérêt pour ma carrière va être de me développer aux États-Unis, c’est là qu’il y a le plus gros marché. En Europe, c’est aussi où je me suis formé, je reste français. Le jour où il y aura une carte à Bercy, j’adorerais être en main-event. Pour le moment, le plus important, c’est développé ma carrière et c’est aux États-Unis que c’est le plus intéressant pour moi.

Concernant le weight cutting est ce que cela n’a pas été trop dur ?
Ouais ça se passe bien. Plutôt qu’un gros cut d’eau le dernier jour, j’essaye de faire une diététique en amont quitte à ce que cela prenne un mois ou deux mois. Histoire de ne pas être piégé et de devoir perdre plein de kilos d’eau la veille de la pesée sachant que c’est à 36h d’un événement. Ce n’est pas ce qui marche pour moi donc je préfère faire en amont et descendre tout doucement en poids.

Par rapport au weight-cutting, qu’as-tu pensé du « towel gate » de Daniel Cormier lors de la pesée de l’UFC 210 ?
Ouais c’est un vieux truc de lutte, c’est très vicieux, c’est rigolo. Maintenant, l’entité qui était présente avait pour rôle et devait avoir la vista de repérer cela. Je trouve ça rigolo, après c’est passé et c’est surtout une expérience pour le futur.

Étant donné les derniers échecs de cutting de certains combattants (Khabib Nurmagomedov) serais-tu pour l’institution de nouvelles catégories ?
Ça dépend, c’est plus une question de business : est-ce qu’il y a quelque chose d’intéressant à multiplier les catégories ? Pour éviter les accidents, il faudrait plutôt essayer de peser la semaine avant « la pesée » pour créer une limite. Le fait que la pesée n’est plus à 24h, mais à 36h fait que l’on est plus tenté de cutter car on a plus de temps pour récupérer. Je pense que ça ne fait que nous pousser encore plus dans nos limites. Peser plus régulièrement pendant la fight-week avec un pourcentage de poids que l’on ne peut pas dépasser et là il n’y aurait plus de problème.

Interview Tom Duquesnoy avant ses débuts à l’UFC – "je n’ai jamais été à ce niveau"

Dans l’éventualité où tu gagnerais ton combat ce samedi, est-ce qu’il y a des adversaires que tu aimerais particulièrement rencontrer ?
Je n’ai personne en tête. Je préfère fonctionner coup par coup, là je suis concentré sur mon prochain adversaire. On verra ensuite selon les lieux, les marchés intéressants. Si c’est aux États-Unis par exemple, je l’espère en tout cas. Mais je ne sais pas encore…

Est-ce que tu as l’impression que gagner ne suffira pas, qu’il faudra aussi que ce soit spectaculaire pour accélérer ton chemin vers le title shot ?
L’idée c’est de faire toujours selon les étapes physique-expérience-technique. L’objectif c’est de gagner le combat, après je vais voir. C’est dans mon style naturellement de mettre de l’agressivité, du spectacle, du show et de l’explosivité. J’essaie de respecter au maximum le fait que pour ma carrière et pour moi je dois gagner, mais je dois également répondre à une problématique de spectacle. Donner un bon show aux gens sachant que ceux qui vont assister au combat aiment bien le striking, plus esthétique, plus accessible. Je vais tout faire pour !

Un avis sur le futur combat entre Cody Garbrandt et TJ Dillashaw prévu pour l’UFC 213 ?
Partagé. À la fois je suis mauvais pronostiqueur, à la fois ça va être dur de départager les deux. Garbrandt s’est amélioré énormément, Dillashaw est constant aussi, sachant qu’il était meilleur avant. Faut voir. Je ne devrais pas me prononcer pour ne pas dire une connerie…

Que penses-tu de l’évolution du style de combat, en particulier dans ta catégorie avec l’accent mis en particulier sur les déplacements et transitions ?
C’est toujours une éternelle dualité entre les strikers et les lutteurs-grapplers sauf qu’à l’heure actuelle je trouve qu’il y a un peu moins de lutte dans le sens où tout le monde sait se relever. Tu remarques que même les lutteurs-grapplers se sont mis à la boxe. Ça offre encore plus de technique, ça explore toute la complexité du MMA et des sports qui le composent. Je trouve que c’est super intéressant maintenant il faut comprendre que ce n’est pas une mode. Un moment donné, il y a un champion qui définît tout le monde avec son striking ; un autre, lutteur-grappler, on va remarquer qu’il est plus boxeur. Je ne trouve pas qu’il y a vraiment de mode, il y a un peu de tout. Je trouve même que ça tend vers le striking dans le sens où tout le monde sait défendre les attaques de lutte et sait se relever. On explore plus le domaine de la tactique et du striking sur des rounds de 5 minutes, surtout que c’est un title-fight.

De ton point de vue de combattant, que penses-tu de la gestion actuelle des titres et des title-shots par l’UFC (en particulier concernant la catégorie middleweight) ?
Il ne faut pas se perdre, ça reste un business. Il y a à la fois l’aspect sportif, si tu gravis les échelons et que tu gagnes tous tes combats alors tu iras forcément au titre… Même si c’est plus long et si c’est plus long, c’est que tu n’es pas attractif au niveau du marché. On le sait, l’UFC a été racheté par une entreprise de marketing donc ils sont encore plus là-dessus maintenant. Il y a un équilibre à respecter entre les performances et le show dans la cage. Être un objet marketing efficace et si tu as la combinaison des deux tu as le title-shot plus facilement que celui qui n’a qu’un seul aspect.

Dernière question Tom, un pronostic pour samedi soir ?
J’espère que je suis meilleur en pronostic pour moi que pour les autres sinon c’est dur. Alors c’est plus un souhait qu’un pronostic. Je veux la victoire, essayer d’apporter du show au public, faire plaisir et emmener du spectacle. Sachez que je serai présent, je suis au top de ma forme. J’ai fait un bon camp avec toutes les personnes importantes autour de moi. Je suis au maximum, je n’ai jamais été à ce niveau-là, dans tous les domaines. Vous pouvez attendre du show, moi je donnerai tout pour !

Merci beaucoup Tom de nous avoir accordé cette interview et bon courage pour samedi !

Photo By: La Sueur

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