Les investisseurs étrangers et la Ligue 1, un nouvel espoir

Notre chère Ligue 1 est peut-être en train de vivre l’une de ses plus belles saisons depuis plusieurs années : Monaco joue enfin son rôle de contender, Nice celui d’outsider et le PSG offre un peu d’espoir aux autres en réalisant un début de saison peu convaincant. En plus de cela, les nouveaux investisseurs affluent depuis le mois de juin et s’apprêtent à faire monter encore la concurrence. La Sueur s’intéresse et décrypte le nouveau phénomène qui semble secouer notre championnat.

D’abord Paris, puis Monaco, ensuite Nice, Lyon et Marseille et dernièrement Lille. Six clubs de L1 ont été bénéficiaires de l’apport des fonds d’investissements étrangers au cours des 6 dernières années. Qataris, Russes, Américains, Chinois, Luxembourgeois, aucun des investisseurs récents du championnat français ne provient de l’Hexagone lui-même. En vérité, ce n’est pas vraiment que les investisseurs étrangers envahissent le marché, mais plutôt que les Français l’ont quitté. Les entreprises françaises se sont déjà risquées à investir dans le football par le passé et n’en ont pas récolté les fruits escomptés. Le fait est que ces opérations ne ramènent pas forcément beaucoup d’argent et sont loin d’être de tout repos. Mais les investisseurs étrangers ne recherchent pas forcément le profit à travers le football. Il en existe deux catégories : les passionnés de sport comme Frank McCourt (OM) et Gérard Lopez (LOSC) et ceux dont l’objectif est plutôt diplomatique, notamment les Qataris et les Chinois. D’après Christophe Lepetit, spécialiste en économie du sport, l’objectif est surtout de se créer une image et de profiter de cet investissement pour se tisser un réseau et éventuellement investir dans d’autres business. Les entreprises ayant déjà beaucoup investi dans les pays comme l’Angleterre ou l’Italie, l’investissement dans le football français se développe de plus en plus malgré le fait que les charges y soient plus élevées et les recettes plus faibles. De nombreux clubs français ont été mis en vente récemment et certains le sont encore comme Bordeaux, Auxerre et Troyes. Ces investissements étrangers peuvent se faire sous deux formes, le rachat total du club comme on a pu le voir à Marseille ou à Paris et les partenariats comme ceux mis en place par Lyon et Nice.

L’Olympique Lyonnais a vu 20% de son capital être racheté l’été dernier par le fond d’investissement chinois IDG (moyennant environ 100 millions d’euros). « Nous avons signé un partenariat économique, mais aussi et surtout de développement en Chine d’un football qui sera, j’en suis convaincu, le premier au monde très bientôt », a déclaré Jean-Michel Aulas, président de l’OL. En plus de cela, l’OL s’est engagé à participer à la création et au développement de centres de formation en Chine. Grâce à ce nouvel investisseur, Lyon a pu s’offrir le luxe de débourser entre 20 et 25 millions d’euros pour enrôler Memphis Depay cet hiver. L’OGC Nice a également été repris à 80% par un collectif sino-américain et a pu voir des joueurs comme Mario Balotelli et Younes Belhanda rejoindre ses rangs.

Les clubs comme Paris, Marseille, Lille et Monaco ont, eux, été complètement rachetés. Lanceur de cette tendance et représentant de loin l’investissement le plus important avec environ 700 millions d’euros de transfert en 6 ans, le PSG est le symbole de cette nouvelle ère. C’est d’ailleurs ce rachat et la réussite apparente du modèle parisien qui a permis d’attirer de nouveaux investissements majeurs comme celui de l’OM. Si l’américain Frank McCourt ne devrait pas dépenser autant que ses homologues qataris pour son « OM Champions Project », l’enveloppe dont dispose le club pour le moment s’élève tout de même à environ 200 millions d’euros. L’OM a d’ailleurs déjà lancé son grand chantier en changeant complètement de direction, recrutant un coach comme Rudy Garcia et faisant venir l’ex-directeur sportif du FC Barcelone Andoni Zubizareta. Le club pourrait également, après avoir déjà enregistré les arrivées de Morgan Sanson et Patrice Evra, réaliser le plus gros transfert de son histoire en signant Dimitri Payet pour plus de 30 millions d’euros.

Reste à savoir si les investissements récents en L1 seront fructueux et dureront sur le long terme. On a vu par le passé des échecs, comme celui de Mammadov à Lens. Dans tous les cas, cette tendance se présente comme un cercle vertueux. Les investissements attirent de nouveaux investisseurs, de nouveaux sponsors. L’OM fait par exemple, depuis son rachat, l’objet de nombreuses offres sur le sponsoring de son maillot, détenu par Adidas depuis plus de 20 ans. Cette vague d’investissements remet sur le devant de la scène un football français qui avait perdu de son attrait et faisait figure de championnat secondaire. Non seulement les grands noms affluent, et ce depuis bientôt 6 ans, mais depuis 2016 la concurrence qui faisait défaut à la Ligue 1 semble revenir. Le PSG, quadruple champion en titre, est enfin bousculé. Sur le plan européen, Monaco rejoint le club de la capitale dans les hautes sphères et on espère que les autres suivront le pas pour voir un jour, qui sait, un club français soulever à nouveau la Coupe aux Grandes Oreilles.

Par Dream Tim.

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Photo By: rtl.fr

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