Naoya Inoue

Serait-ce l’âge d’or de la boxe japonaise actuelle ? Probablement. Naoya Inoue, un jeune boxeur, souhaite laisser une empreinte indélébile dans l’histoire de la boxe en gravissant petit à petit chaque catégorie.

Détruisant tout sur son passage tel un véritable monstre, nous allons aujourd’hui nous intéresser à celui qui deviendra assurément, dans quelques petites années, le meilleur boxeur toutes catégories confondues, Naoya Inoue.

Petit, c’est au football qu’Inoue s’intéressera tout d’abord. Mais très vite, la boxe l’attirera et il s’y donnera corps et âme. Au Japon, l’excellence est toujours la seule option envisageable. Notre ami le comprendra bien vite et gravira rapidement les échelons. Il gagnera notamment le championnat interlycée du Japon en 2009, deviendra champion national l’année d’après, et terminera troisième aux championnats d’Asie l’année qui suivra.

Deux ans plus tard, il retentera sa chance aux championnats d’Asie et terminera cette fois-ci second, en perdant face au champion Birzhan Zhakypov. Après ce tournoi, Inoue décidera de passer professionnel en laissant derrière lui un palmarès de 81 combats pour 75 victoires et 6 défaites.

C’est ici que les choses sérieuses commencent. Dès son arrivée chez les pros, il signera un contrat avec l’Ohashi Boxing Gym. De son propre fait, Inoue demandera à Ohashi de ne jamais combattre d’adversaire facile à battre et inclura même cette clause dans son contrat.

Pour son premier combat, Inoue affrontera le champion national des Philippines, Crison Omayao qu’il mettra ko en 4 rounds. Seconde victime, le champion de Thaïlande, Chuwatana qui tombera dès le premier round.

Après ces deux combats de chauffe, Naoya retournera affronter des boxeurs de son pays natal. Pour ce faire, notre ami fera tout d’abord face au numéro 1 japonais des light flyweight, Yuki Sano, qu’il vaincra par TKO lors du 10e et dernier round.

Inoue s’attaquera alors à Ryoichi Taguchi (18-1), futur champion WBA des light flyweight dont il triomphera par décision unanime. Ce fight sera considéré comme sa plus dure en date, même si Inoue dominera Taguchi sur quasiment l’ensemble des rounds.

Étant devenu challenger numéro 1 pour le titre WBC, Inoue gagnera le droit d’affronter le champion de la catégorie, Adrian Hernandez (29-2). Et c’est le 6 avril 2014 que la véritable ascension du monstre commencera : il pulvérisera Hernandez en 6 rounds, lui qui pourtant était champion de deux catégories de poids différentes. Hernandez montrera de la résistance durant le 5e et 6e round, mais c’est lors de ce même round que Naoya en profitera pour lui porter un enchaînement de 3 coups pour finir avec une droite pleine mâchoire qui fera s’envoler les chances d’Hernandez.

Un nouveau roi est né et Naoya sera d’ailleurs surnommée, à juste titre, le monstre.

Après une défense de son titre, notre démolisseur décidera de se lancer un nouveau défi : grimper en catégorie.

C’est en novembre 2014 qu’il laissera son titre vacant pour se lancer chez les super flyweight pour directement challenger le champion WBO, Omar Andres Narvaez (43-1), lui qui a vu son tableau de chasse entaché par une unique défaite contre le grand Nonito Donaire.

Et Narvaez, même si son nom vous est sûrement inconnu, est un sacré client. Il devient champion du monde en 2002 et défendra sa ceinture 27 fois, pour autant de victoires. Le monsieur n’a pas été détrôné depuis plus de 12 ans, impossible de le faire bouger. Mais c’était sans compter sur notre ami et son palmarès d’antan de seulement 7 victoires et 0 défaite.

Dès le premier round, le champion se retrouvera au tapis et sera terminé une reprise plus tard. En seulement deux petits rounds, Naoya terrassera le champion des super flyweight. Après plusieurs défenses de titre toujours aussi expéditives, Inoue se lance dans la catégorie du dessus, à savoir celle des bantamweight.

Première victime de la catégorie, Jamie McDonnell (29-2), actuel champion WBA. Au bout d’une minute, un énorme left hook assomme McDonnell qui n’arrivera pas à s’en remettre et se fera totalement détruire par Inoue trente secondes plus tard. Résultat, nouvelle victoire expéditive en moins de 2 minutes.

À l’issue de ce combat, il décidera de participer aux World Boxing Superseries des bantamweight, sorte d’immense tournoi à élimination directe dans lequel Nonito Donaire ou encore Emmanuel Rodriguez participeront aussi. Un seul objectif, être couronné roi de la catégorie.

Pour son quart de finale, notre champion affrontera Juan-Carlos Payano (20-1). En seulement deux petits coups, les plus basiques du noble art, un jab et une droite, Inoue enverra Payano dire bonjour au marchand de sable, et ce en moins de 40 secondes.

En demie finale, Emmanuel Rodriguez (19-0), alors classé troisième de la catégorie fera office d’adversaire. Après un premier round assez serré, tout le monde pense qu’enfin Inoue aura droit à un combat digne de ce nom. Mais c’est sans compter sur le punching power incroyable d’Inoue qui enverra balader Rodriguez dès le second round en l’envoyant trois fois au tapis en moins d’une minute grâce à plusieurs body shots.

Bilan actuel, 19 victoires pour aucune défaite

Vous l’aurez compris, notre ami est intraitable, il démolit tout le monde sans exception, champion ou simple contender.

En parallèle, Nonito Donaire dominera lui aussi ses adversaires pour virer tout droit en finale tout comme Inoue. Donaire est actuellement le seul espoir de la catégorie capable d’enrayer la machine à détruire. Mais pour combien de rounds ? Nul doute que même si le combat sera bien plus serré que les précédents, Inoue ne devrait pas avoir beaucoup de mal à terrasser Donaire qui commence sérieusement à se faire vieux. En effet, huit années séparent les deux boxeurs.

La technique et l’expérience d’un côté contre la puissance pure et dure et la jeunesse de l’autre. Qui en sortira vainqueur ? Réponse le 7 novembre prochain à la Super Arena de Saitama au Japon ! Vous l’aurez compris, si Naoya est surnommé The Monster, ce n’est pas pour rien. Mais pourquoi cet homme est-il aussi fort ?

Plusieurs points pour expliquer cela. Tout d’abord Inoue possède le une-deux (jab-droite) le plus précis et dévastateur du boxing game. Un jab tout en avançant, qui permet d’ajouter un grand poids dans le punch, rendant le coup relativement lourd pour celui qui l’encaisse. Mais attention, car le jab en avançant n’est pas réservé pour tout le monde. Si Naoya l’utilise, c’est bien évidemment pour pouvoir se rapprocher un maximum avant d’envoyer son second coup qui est bien souvent fatal, à savoir sa droite.

Ayant été gâté par la nature avec un punch dévastateur, l’objectif de Naoya est de mettre une pression constante sur l’adversaire en avançant sur lui, garde toujours haute. Le jab en avançant et la droite bien souvent au corps constituent donc une très bonne stratégie. Dans une catégorie où la technique, la vitesse et la rapidité d’exécution constituent les trois facteurs clés pour pouvoir gagner un combat, Naoya représente un véritable alien.

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Chez les lightweights les KO sont plus rares, les boxeurs n’ayant pas la puissance d’un middleweight. C’est bien souvent l’accumulation des coups qui incitera l’arbitre à arrêter le fight. Or ici, deux petits coups suffisent à envoyer n’importe quel bonhomme au tapis, aussi résistant soit-il.

Second point fort de Naoya, sa précision chirurgicale. Il n’est pas du genre à foncer tête baissée comme tout bon démolisseur qui se respecte et c’est ce qui le rend encore plus effrayant. Il sait attendre le bon moment pour frapper. En gros, tu sais que ton heure va arriver (généralement assez vite avec ce gars-là) mais tu ne sais pas vraiment quand.

Son accuracy lui permet de mettre une énorme pression puisque quasiment chacun de ses coups font mouche. De plus, sa qualité pour alterner le travail au corps et à la face le rend imprévisible.

Sa garde est tout à haut standard, les mains toujours très hautes pour absorber les coups le mieux possible. Mais cette garde présente un autre avantage. Ayant les gants près de sa tête, Inoue arrive très souvent à placer des crochets avant ses adversaires alors qu’il est le dernier à déclencher. Couplé à sa grande précision, ce type de coup déstabilise grandement l’adversaire qui hésitera alors à donner des coups.

Inoue figure sans nul doute d’ores et déjà dans le top 5 P4P, ce type est un monstre de précision qui roule sur tout le monde, personne n’a encore pu lui faire de l’ombre ou même dévoiler une seule de ses faiblesses.

Et il a seulement 26 ans. Dans 3 ou 4 ans notre ami sera probablement au sommet de son art (s’il ne l’est pas déjà). Je ne vois actuellement personne pour l’arrêter, que ce soit en bantamweight ou dans n’importe quelle autre catégorie. Ce dernier est de plus déterminé à affronter tous les plus forts des catégories par lesquelles il passe, nulle doute donc qu’il devrait y avoir du spectacle dans les mois/années à venir !

S’il remporte son combat face à Donaire, ce dernier pourrait donc bénéficier enfin de la reconnaissance qu’il mérite. Inoue est probablement le boxeur le plus doué que le Japon ait jamais connu. Son petit frère Takuma est aussi boxeur, son palmarès n’a lui non plus jamais été entaché par la défaite (13-0), mais cela ne tardera peut-être pas, car Takuma affrontera notre frenchie Nordine Oubaali lors de l’undercard Inoue-Donaire. Et si Oubaali gagne, pourquoi pas un superfight avec le grand frère ?

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