Nordine Oubaali – conquêtes en terre(s) ennemie(s)


Ce jeudi 7 novembre, Nordine Oubaali va tenter d’apporter la touche finale à son année 2019 qui a tout d’un véritable chef-d’œuvre.
Le 19 janvier dernier, à Las Vegas et face à l’Américain Rau’shee Warren, Nordine Oubaali devenait champion du monde. Cette performance majuscule, le Français l’a réalisée en 15 petits combats seulement. Le champion du monde bantamweight WBC a ensuite enchaîné avec une première défense de ceinture à Astana, face à Arthur Villanueva. Ce jeudi 7 novembre, à la mythique Super Arena de Saitama, il s’attaque à l’invaincu Takuma Inoue. En cas de victoire, le rendez-vous sera pris avec l’ogre de la catégorie Naoya Inoue… frère de Takuma.
Depuis son combat face à Luis Melendez en avril 2018, Oubaali ne combat plus en France. Cherchant les opportunités mondiales plutôt que l’attente d’un combat d’envergure sur le territoire, il a prouvé que l’exportation avait du bon. Face à Inoue, il cherchera à ponctuer de la plus belle des manières une année 2019 en mode conquérant ; avec trois combats à l’étranger, dont deux sur le territoire de l’adversaire.
Comment s’est passée ta préparation ?
Ça
s’est très bien passé ! J’arrive au Japon en pleine forme et
cette fois, on a été prévenu tôt donc j’ai pu préparer le combat
dans les meilleures conditions.
Combattre au Japon, événement très attendu localement,
mais moins en France, comment tu le ressens ?
C’est
vraiment un très gros événement au Japon. Toutes les places se sont
vendues en quelques heures. Il n’y a plus aucune place disponible.
Je suis hyper excité de me montrer à un nouveau. Ça représente une
superbe opportunité, au-delà du sportif puisqu’on sera diffusé sur
ESPN, DAZN et en France RMC Sport. On ne se rend pas forcément,
mais cette soirée, c’est ce que tout boxeur professionnel rêverait
d’avoir.
Diffusé par RMC, une fierté pour toi ?
Oui
véritablement. Le combat est retransmis en France. Il me suivait
déjà la dernière fois. Ça rend fier que le public français puisse
me voir. Ce n’est pas toujours les jours qu’on a des champions du
monde WBC en France. Les droits télé étaient très compliqués à
avoir. Dans le Noble Art, c’est très important de montrer que l’on
a des grands champions en France.
Y a-t-il une attente différente de la part du public
autour de ce combat ?
C’est incroyable cette ferveur
populaire ici. Je suis même plus soutenu au Japon qu’en France. Il
y a beaucoup de personnes qui viennent à l’hôtel pour prendre des
photos et demander des autographes. Il y a énormément de respect de
la part des Japonais. Ce sera peut-être comme à Vegas où le public
sera contre moi au début, mais m’encouragera à la fin, car il aura
reconnu le vrai champion.
Est-ce le combat le plus important de ta carrière
?
C’est l’un des plus importants, mais non, ce n’est
pas le plus important. Pour moi, celui-ci était en début d’année
quand j’ai été chercher le titre. C’était un rêve de gosse devenu
réalité. Aujourd’hui, je n’ai plus de rêve. Je
suis dans une logique d’objectif désormais. Le premier étant de
défendre la ceinture. Boxer à l’étranger et battre des étrangers,
chez eux, c’est ce qui va accroître ma notoriété. C’est ce
qui fait d’un boxeur un gladiateur des temps modernes.
Je suis un gladiateur des temps modernes. Je n’ai
pas eu de carrière gérée et je n’ai jamais refusé personne. C’est
ce qui va faire de moi une icône, en France et au Maroc, le pays de
mes origines. C’est une fierté pour moi de montrer aux jeunes
Marocains et Français de montrer que tout est possible avec
énormément de travail. C’est pour ça que je dis souvent « la
victoire aime l’effort ».
Vas-tu garder un œil sur le frère Inoue au cours de la
soirée (il combat en main-event – NDLA) ?
Évidemment, c’est un adversaire potentiel. Avant, il faut y aller
pas à pas, mais après ce combat, on aimerait faire une unification
contre lui. Il y a d’autres options également. On choisira la
meilleure option pour mon avenir sportif et professionnel en
général.
En cas de victoire, comment jugeras-tu ton année
2019 ?
En cas de victoire, je jugerai cette année
comme un millésime. Il y a eu des hauts et des bats en dehors des
rings, mais en moins d’un an j’ai réussi à tout retourner. C’est
plus qu’un rêve qui est devenu réalité. Je profite du moment, car
c’est hors-norme. Je suis là pour montrer ce qu’est le Noble
Art ; un sport d’intelligence et pas un sport de brutes.
Comment expliques-tu ta capacité à avoir les combats qui
comptent vraiment et uniquement face à des top-contenders
?
Je ne refuse personne. Je veux les
meilleurs. Je veux marquer mon histoire. Je veux marquer
le nom Oubaali encore plus dans la roche. Je veux porter mes deux
drapeaux tout en haut. Aujourd’hui, je me donne les moyens d’être
au top. Pour être le meilleur, il faut battre les meilleurs ;
on ne va pas tourner autour du pot. Aujourd’hui, je veux unifier
pour être le champion incontesté.
Une carrière se fait aussi avec une grosse équipe de Management. Je suis chez MTK Global, la structure qui a également Tyson Fury, et ils se donnent à fond pour moi. Ali Oubaali, mon grand frère et mentor est aussi indispensable à mon succès.
Pour toi, est-ce le fait de ne pas avoir eu ce label
« boxeur qui combat uniquement en France » t’a aidé ?
Dans le sens où si tu avais exclusivement boxé en France, ça aurait
peut-être pris plus de temps…
On sait très bien que
les plus gros combats se font hors de France. Malheureusement, les
moyens ne sont pas mis à disposition dans le pays. J’ai aussi eu la
chance d’avoir été souhaité à l’étranger. Venir boxer au Japon,
c’est parce que les promoteurs ont mis les moyens. Boxer
devant 40 000 personnes, c’est même pas un truc de fou, c’est de la
science-fiction. Boxer devant mes fans c’est génial, mais
j’aimerais encore plus pouvoir boxer devant ma famille. Pouvoir
défendre un titre de champion du monde en France, c’est compliqué
malheureusement.
Quand tu vas à l’étranger, tu sors de ta zone de confort. Les gens ne viennent pas pour te voir gagner. Il faut aussi gérer la pression extérieure. Il y a plus de prestige à gagner à l’extérieur, comme dans le football. C’est ce qui fait que les gens aiment ma personnalité. Dans la vie, il faut savoir prendre des risques. J’en suis la preuve.
Qu’est-ce qui te ferait vibrer pour la suite
?
J’aimerais défendre ma ceinture à Bercy ou sur la
terre de mes parents au Maroc. Ce serait énorme pour moi. Ce serait
une énorme satisfaction et surtout je pourrai me sentir soutenir
par tout une patrie.



















