Il faut sauver le soldat Varane

Plus jeune capitaine de l’histoire de l’Equipe de France (en 2014, à seulement 21 ans), Raphaël Varane présente toutes les qualités pour devenir l’un des plus grands noms d’Europe à son poste. Malheureusement, même s’il est aujourd’hui un cadre indiscutable de l’effectif de Didier Deschamps, sa carrière bat de l’aile au Real de Madrid… Analyse du cas Varane.

En 2014, avec une carrière déjà bien fournie du haut de ses 21 printemps, Varane impressionnait les médias européens qui le qualifiaient de « surdoué » du football et lui prédisaient une carrière digne d’un Laurent Blanc. Formé au RC Lens depuis l’âge de 9 ans, il se démarque dès ses débuts en pro. Intelligent dans le jeu, calme, rigoureux et exemplaire, il va même jusqu’à porter le brassard des sang et or à tout juste 18 ans. Sa marque de fabrique : des interventions chirurgicales dans les pieds de l’attaquant, et des relances toutes aussi propres. Au courant de l’été 2011, alors que le jeune Raphael est en pleine révision de son bac option ES, un certain Zinedine Zidane glisse son nom à l’oreille de Florentino Perez, le président du Real Madrid. Aussi courtisé par Manchester United et le Paris Saint-Germain, il visite entre deux bouquins les locaux de la Maison-Blanche et décide finalement de rejoindre le club – en grande partie grâce à Zizou – pour la modique somme de 10 millions d’euros. Paraissant dérisoire à côté des 50 millions de Mangala, ce transfert avait malgré tout fait scandale dans la presse espagnole.

Mais rapidement, les critiques font place aux éloges et Varane connaît sa première titularisation dès le mois de septembre. José Mourinho, son entraîneur de l’époque déclare même : « Il est fantastique. J’ai vraiment confiance en lui, et peu importe qu’il ait 19, 25 ou 30 ans. », ce qui n’est pas peu dire venant du Special One. La saison suivante, Varane fait ses débuts en Bleu et continue de forger sa réputation en Espagne. Auteur d’un exercice 2012-2013 plus que convaincant avec un total de 35 titularisations, il est malheureusement victime d’une rupture du ménisque en fin de saison qui l’éloigne des terrains pour 5 mois. Lors de son retour en 2014, la solidité de la charnière Pepe-Ramos l’empêche de briguer une place de titulaire indiscutable, mais le français fait quand même de nombreuses apparitions, et sera notamment titulaire lors de la finale de la Ligue des Champions que le Real remporte face à l’Atletico de Madrid. Pour couronner le tout, il est appelé pour la Coupe du Monde au Brésil et devient le premier pilier de la colonne vertébrale du 11 de Didier Deschamps.

Mais alors que tout le monde le voit capable de diriger n’importe quelle défense d’Europe, Carlo Ancelotti lui préfère toujours Ramos et Pepe. Se contentant du temps de jeu offert par leurs blessures, il réussit à faire quelques apparitions par-ci par-là, mais rien qui ne soit à la hauteur de son talent. Le tournant de sa carrière était supposé arriver en même temps que Raphael Benitez sur le banc de Bernabeu. Devenu titulaire aux côtés de Sergio Ramos, Varane dispute 12 des 13 journées de championnat sous ses ordres, jusqu’à ce que Florentino Perez ne pousse Benitez vers la sortie et ne le remplace par la plus célèbre figure du football français : Zinedine Zidane. Alors que c’était lui-même qui avait impulsé son arrivée à Madrid, et malgré toutes les éloges qu’il avait pour lui, l’ex-numéro 10 des bleus choisit de réaligner la charnière Ramos-Pepe, reléguant son protégé au second rang. Aujourd’hui, pour une nouvelle saison sous les ordres de ZZ, Varane garde son rôle de remplaçant de luxe (pouvant au mieux prétendre à une rotation à 3) après avoir refusé de quitter le club cet été malgré les propositions… un choix judicieux ?

À l’image d’un certain James Rodriguez, le défenseur français semble vouloir absolument faire ses preuves au Real. Le Colombien avait été courtisé par l’Inter Milan, mais avait refusé l’offre, jugeant que le club « n’était pas assez prestigieux » pour lui. Quant à Varane ce n’est pas un secret, une personne le veut absolument dans son club, et pas n’importe qui : son ancien entraîneur José Mourinho. Ayant déjà fait une offre lorsqu’il a débarqué sur le banc de Chelsea, le Mou a retenté sa chance en arrivant du côté de Manchester – logique quand on connaît leurs problèmes de défense de la saison passée. Les Red Devils avaient même proposé de doubler son salaire… mais Varane ne change pas d’avis, il veut s’imposer au Real coûte que coûte. En plus de cela, il fut victime d’une lésion musculaire à 3 semaines de l’Euro, et n’avait donc pas participé à la compétition. Deschamps avait dû appeler Adil Rami en charnière centrale et faire de Laurent Koscielny le patron de sa défense. Autre mauvaise nouvelle pour Varane : l’éclosion au plus haut niveau de Samuel Umtiti, récemment transféré au FC Barcelone et déjà installé dans le 11 de départ. Alors que Koscielny, très solide en Bleu, paraît peu enclin à retrouver le banc en EDF, la montée en puissance d’Umtiti pourrait un jour mettre en doute le statut de Varane si ce dernier ne retrouve pas un temps de jeu conséquent… Affaire à suivre.

Par Tim

Guillaume

Redacteur en Chef chez La Sueur
Écrit NBA, Football, NFL, MMA, sport en général et culture.
Photo By: twitter - @UEFA

Leave A Comment

Your email address will not be published.