Et si la France l’avait gagnée, cette finale en 2006 ?

C’est l’une des plus grandes tragédies de l’histoire de l’Équipe de France, après un match rythmé par les fautes italiennes, les Bleus s’étaient inclinés en finale de la Coupe du Monde à Berlin. Mais La Sueur se pose la question et imagine : Et si la France avait gagné ?

« Oh non Zinedine, pas ça ! Pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait ! ». 9 juillet 2006… 108ème minute d’une lutte acharnée entre l’Italie et la France, les mots de Thierry Gilardi résonnent et illustrent ce que tout l’hexagone pense à ce moment-là. Quelques instants plus tôt, Sylvain Wiltord, dégage le ballon en touche alors que Gianluigi Buffon hurle sur le 4ème arbitre de l’autre côté du terrain. L’ambiance, jusque-là électrique, laisse place à l’incompréhension générale, en particulier pour ceux qui suivent l’évènement en direct à la télévision. Au milieu du terrain, Marco Matterazzi se roule de douleur pendant que Zidane marche vers le rond central, visage fermé. Cela se produit alors que les deux équipes sont à égalité 1-1, dans un match d’une intensité physique particulièrement forte. Les Bleus avaient ouvert le score sur penalty dès la 7ème minute. Après une faute de Materazzi sur Malouda, Zizou réalise une « Panenka » qui restera dans les annales comme l’un des gestes les plus fous du football moderne. 12 minutes plus tard, c’est nul autre que Marco Materazzi qui fait revenir la Squadra à égalité. Sans parvenir à retrouver le chemin des filets malgré de nombreuses actions, les deux équipes se neutralisent et vont en prolongations. La première mi-temps est largement dominée par les Français qui assaillent le but de Buffon et manquent de prendre l’avantage à plusieurs reprises, notamment à la 103ème minute lorsque sur un centre de Sagnol, Zidane décoche un coup de tête surpuissant, malheureusement sorti d’une somptueuse claquette par Buffon. Tout indiquait que la France allait gagner ce match, les occasions étaient de plus en plus nombreuses, et les Italiens de plus en plus fébriles.

À la 107ème minute, après un corner, les joueurs se replacent et Materazzi tire le maillot de Zidane. Blessé à l’épaule par une charge violente de Cannavaro et agacé par les nombreux écarts du défenseur italien, le français lui lâche : « Si tu veux vraiment mon maillot, je te le donne à la fin du match. ». Les propos qu’auraient alors tenu Materazzi sont aujourd’hui encore très flous, mais impliqueraient des insultes sur la sœur de Zizou. Connu pour son caractère sanguin, Zidane assène un coup de boule dans la poitrine de l’italien, qui tombe au sol et hurle de douleur. Les faits, vus directement par Buffon, ne se passent pas dans le champ de vision de l’arbitre principal, M. Horacio Elizondo. C’est donc son assistant qui rapportera les faits. M. Elizondo, après un instant de réflexion, se tourne vers Zidane et détruit alors l’espoir de tout un peuple en sortant logiquement un carton rouge. Zinédine Zidane termine donc sa carrière sur cette image de lui, quittant le terrain en passant à quelques mètres du trophée, sans même le regarder. Les français continuent de dominer, mais le mental n’y est plus et ils ne parviennent pas à concrétiser leurs occasions. La rencontre va aux tirs au but. Pirlo, Wiltord et Materazzi transforment tous les 3 leur penalty respectif sans trembler. C’est au tour de Trezeguet. L’attaquant franco-argentin s’élance, et loge une frappe puissante… sur la barre transversale. La France finira par perdre la séance 5-3, laissant l’Italie soulever la coupe.

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Mais imaginons que les choses ne se soient jamais passées ainsi. Et si l’image de Zidane, tête baissée, passant à côté du Trophée Jules Rimet sans le regarder n’avait jamais existé ? Imaginons… 108ème minute, Zidane se retourne vers Materazzi à la suite de ses propos, mais garde son calme, conscient que son équipe est sur le point de marquer. 109ème minute, Materazzi agacé par le manque de réaction du français pose un tacle à retardement et se voit sanctionné d’un carton rouge direct. La France, à 11 contre 10 donc, augmente sa pression. La défense italienne plie, mais ne rompt pas… jusqu’à la 117ème minute. Faisant circuler le ballon depuis quelques secondes dans la moitié de terrain italienne, Lilian Thuram voit une brèche et tente une percée dans la première ligne adverse. Il élimine Pirlo et Gattuso d’un une-deux avec Zidane et prolonge pour Wiltord. Le numéro 11 français empêche in extremis la balle de sortir en 6 mètres grâce à un tacle glissé, et réussi à remiser sur Thierry Henry, laissé seul par Cannavaro au point de penalty. Le Gunner termine l’action en logeant un plat du pied dans le petit filet de Buffon. Le stade explose, et toute l’équipe, le banc, les entraineurs, le staff technique se jettent sur Titi qui enlève son maillot dans l’euphorie et va célébrer au poteau de corner. Les Italiens sont abattus, le moral dans les chaussettes et ne parviennent pas à remettre les bleus en danger. Les trois coups de sifflets finaux retentissent et la France est championne du monde. Materazzi, maillot de Zidane sur les épaules, regarde depuis le terrain l’emblématique numéro 10 soulever le trophée pour le dernier match de sa carrière. Les Bleus victorieux sont invités à l’Élysée par Jacques Chirac et l’Arc de Triomphe est colorée en bleu-blanc-rouge.

 Quelques mois plus tard, Thierry Henry, finaliste de la Ligue des Champions et champion du monde, rentre dans le cercle très fermé des français ayant remporté un ballon d’or, devant un Zinédine Zidane qui savoure sa retraite bien méritée depuis 6 mois. Les deux joueurs s’inscrivent encore un peu plus dans la légende. Raymond Domenech voit une statue de lui érigée devant le Stade de France et décide de se retirer sur cette victoire, suivant les traces d’Aymé Jacquet. Fabio Cannavaro, absent du classement pour le ballon d’or, voit son transfert au Real Madrid avorter. Le club de la capitale espagnole retire le numéro 5 en hommage à Zidane et opte pour le recrutement de William Gallas. Arsène Wenger, finaliste de la Ligue des Champions avec Arsenal, se voit proposer le job de sélectionneur de l’équipe de France et parvient à convaincre Patrick Vieira de jouer l’Euro 2008 en lui offrant le brassard de capitaine. La France perd en demi-finale, éliminée par l’Espagne 2-1 malgré une réduction du score de Steve Savidan rentré à la 75ème minute. En 2010, la France se qualifie nettement – et sans controverse –  contre l’Irlande, et malgré une élimination décevante en 8èmes de finale, le « bus de Knysna » n’aura servi qu’à se déplacer. Pour l’Euro 2012, Laurent Blanc succède à Wenger et ne parvient pas à remporter la compétition malgré l’éclosion de Marvin Martin fraîchement acheté par le Bayern Munich pour 70 millions d’euros. C’est ce moment que Zidane choisi pour revenir en FFF, il quitte le banc du Real après avoir gagné la Ligue des Champions et devient sélectionneur, en prenant pour adjoints Claude Makelele et Patrick Vieira, ex-entraineur d’Arsenal qui laisse la place à Thierry Henry. Au Brésil en 2014, Zizou mène les bleus en finale après avoir éliminé l’Allemagne en quart. Karim Benzema, son ancien joueur au Real est nommé meilleur joueur du tournoi grâce à ses 12 buts. Malheureusement Messi vient doucher les espoirs français en inscrivant un coup-franc à la 83ème minute et offre le trophée à l’Argentine. C’est à l’Euro 2016 en France, 10 ans après leur dernière victoire, après une folle compétition rythmée par les roulettes de Pogba et les buts de Griezmann, que la France soulève un nouveau trophée. Grâce au choix très osé de Zidane de titulariser André-Pierre Gignac en pointe, l’ex-marseillais inscrit un doublé en finale contre le Portugal. La France est championne d’Europe, les Français font la fête dans les rues et Zidane redevient le héros national. Surfant sur sa vague de popularité, il se présente aux élections présidentielles de 2017, et bat Jean-Luc Mélenchon au second tour avec 78% des votes… Imaginons.

Par Tim

La Sueur

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