Red Dead Redemption 2

Attendue depuis un bail par les joueurs du monde entier, la suite de Red Dead Redemption a débarqué chez nous le 26 octobre dernier. Et là, vous vous dites : « Pourquoi il sort son test deux mois après ? ».

Excellente question ! Et je répondrai de la manière la plus simple possible : et pourquoi pas ? Pour être plus sérieux, le jeu étant tellement riche, il fallait bien plusieurs heures de jeu (jours, semaines) avant de pouvoir rendre un verdict honnête et sincère. Essai sur une œuvre qui restera dans les esprits.

This is America              

Les faits se déroulent 12 ans avant Red Dead Redemption. Suite à un braquage qui a mal tourné, la bande menée par Dutch van der Linde est obligée de fuir à travers une Amérique qui s’industrialise et des contrées sauvages qui deviennent plus rares. Quelques « no-go zones » se dressent sur leur chemin et ces bandits vont devoir se faire une place dans une époque qui les dépasse.

L’une des forces du jeu est tout simplement son texte. Si tant est que l’on se penche sur l’environnement historique, c’est tout bonnement incroyable. Red Dead Redemption prouve que l’on peut être un jeu vidéo, mais également aborder des thèmes comme la philosophie et l’évolution de l’Homme à travers l’industrialisation de la société. Alors que le jeu vidéo est trop souvent résumé à un art de la violence, Red Dead Redemption surclasse les clichés.

Durant votre aventure, vous incarnerez Arthur MORGAN, bandit de droit commun, au passé un peu trouble qui cherche à mener sa vie comme il l’entend voguant au gré des pérégrinations de son camp. Parce que oui, vous faites partie d’un groupe qui sera amené au fur et à mesure de son aventure à évoluer et à changer d’endroit.

La vie au sein du camp est essentielle. Il vous faudra aider aux tâches quotidiennes, faire des dons afin de pouvoir améliorer les tentes, proposer des vivres supplémentaires, etc. Tout cela coûte naturellement de l’argent et vous ne parviendrez pas à tout faire d’un seul coup. Au fur et à mesure du déroulement du scénario, vous aurez l’occasion de faire des cambriolages, partir à la chasse, à la pêche, jouer aux dominos, poker, etc.

Pour rebondir sur les cambriolages sachez que vous avez une « barre de bonne conscience » comme j’aime l’appeler à savoir qu’une bonne action vous rend respectable aux yeux des PNJ que vous croisez et tout l’inverse si jamais vous décidez de la jouer bad boy. À noter tout de même que le prix des primes mises sur votre tête grimpe très rapidement et, les dollars se faisant tout de même assez discrets, il vous faudra du temps pour toutes les payer (oui c’est mieux de les payer sauf si vous souhaitez en découdre avec les policiers, mais sachez que lorsque vous mourrez, vous perdez également de l’argent donc…).

Pour ma part, je la joue assez soft. On ne cherche pas les ennuis sauf si ça tire en face en premier. Faut pas déconner non plus !

Va, cours, vole et nous venge !

Ce qui m’a surpris au début de l’aventure c’est la lenteur du jeu. Aujourd’hui, nous sommes comme formatés au one push, one kill. Nous n’avons plus l’habitude de la sensation de diriger un « vrai corps ». En ce qui me concerne, j’ai enchaîné Assassin’s Creed Odyssey et Red Dead. Les deux extrêmes. Il m’a fallu énormément de temps avant de me faire à la jouabilité. Ce n’est que lorsque nous prenons en compte tout le potentiel du corps que l’on parvient enfin à prendre du plaisir.

Red Dead Redemption est l’un de ces jeux qui vous donnent envie de tout faire sauf de faire les missions. Entendez par là que nous n’avons qu’une envie : prendre son cheval, sa carabine et partir à l’aventure. Vous aurez l’occasion de poser votre tente et votre feu de camp au milieu de la nature, de vous faire à manger, fabriquer des armes et vous reposer. Prudence tout de même, car certains territoires sont chasse gardée et un homme averti en vaut deux.

Vous cherchez de la compagnie ? Pas de problème. Vous pourrez aussi squatter un feu de camp d’un cow-boy par-ci par-là si tant est qu’il soit d’accord. Vous aurez également tout le loisir de détrousser (ou pire) quelques passants et de finir au comptoir d’un bistrot. Red Dead Redemption c’est la liberté de se projeter.

Mappy

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, la map est juste gigantesque. Non seulement il vous faudra du temps et de la patience pour tout découvrir, mais vous passerez par tous les climats (montage, prairies, etc..). Ne tentez pas de vous rendre en montagne sans manteau chaud, car vous risquez de mourir de froid (oui oui). C’est aussi cela la force de Red Dead, le jusqu’au-boutisme du réalisme. Vos cheveux et votre barbe pousseront au fur et à mesure que les jours passeront, les villes verront les commerces fleurir petit à petit et les habitants vieilliront (oui, oui).

Pour les plus impatients sachez que vous aurez la possibilité de faire appel aux diligences présentes dans les villes ou de prendre le train en échange vous devrez vous acquitter d’une certaine somme. Encore que… Pour ce qui est du train, vous pourrez très bien monter en marche et braquer quelques passagers au passage histoire de ramasser quelques dollars.

Pour quelques dollars de plus

Outre le fait que vous pourrez passer votre vie au bistrot et à perdre votre paie aux cartes, vous pourrez customiser votre avatar en vous rendant chez le tailleur, le barbier, l’armurier et le pharmacien. N’oublions pas l’écurie puisque vous aurez la possibilité d’acheter plusieurs chevaux et je m’attarde sur ce point quelques instants. Bien souvent, les montures sont relayées au second plan. Ici, il vous faudra porter une attention toute particulière à votre cheval en le brossant, le nourrissant et en le nettoyant. Je ne vous cache pas qu’au début cela peut paraître rébarbatif, mais le jeu est aussi là pour nous rappeler que jouer c’est aussi avoir du bon sens. Bien entendu, tout cela à un coût. On n’a rien sans rien n’est-ce pas !

Quand le cinéma s’invite

Une chose m’a le plus marqué que tout autre élément : la mise en place de la vue cinématographique. Certains diront « accessoire », pour ma part, permettre de switcher entre « vue » jeu vidéo et « vue » cinéma permet de faire passer le jeu dans une autre dimension, elle instaure de la mise en scène dans une autre sphère et transforme l’objet jeu vidéo en jeu film. Vous n’êtes plus le héros d’une aventure vidéoludique, mais d’un film.

Cachez ce bug que je ne saurais voir

Comme chaque jeu Rockstar, ce dernier n’est pas exsangue de quelques bugs et autre loupé comme la traversée d’arbres ou de rester coincé entre deux caisses. Rien de plus rageant en pleine course-poursuite. Au-delà de ces quelques moments désagréables, il faut avouer que la vivacité du jeu et toutes ses qualités diverses font rapidement oublier ces quelques ratés. Red Dead Redemption est un véritable regard sur une époque, sur l’Histoire de la position de l’Homme dans le monde et sur la manière d’accepter ou non notre capacité à évoluer et à muter. C’est donc naturellement un grand oui et un top de l’année 2018.

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