Test Biomutant – un jeu généreux


Dans un monde de kung-fu post apocalyptique, Biomutant est un action-RPG dans un vaste open-world. Vous êtes invités à sauver l’arbre de vie pour éviter la fin du monde et pour cela vous devrez réunir les différentes tribus sous une même bannière pour devenir le guerrier légendaire. La manière pour parvenir à votre objectif dépendra de vos choix (guerre totale ou pacification du monde).
Avec sa direction artistique originale, Biomutant a sa propre identité. Il est disponible en magasin depuis le 25 mai 2021. Rappelons également que le jeu est développé par le studio suédois Experiment 101 (anciens employés du studio avalanche qui ont oeuvré sur les Just Cause) composé de 20 personnes seulement et édité par THQ Nordic.
Un jeu très, trop généreux..
On est sur un double A comme on dit dans le jargon. Le jeu est très ambitieux, mais réalisé par une petite équipe et ne peut atteindre le degré de finition des triples A développé par de grosses équipes et avec des budgets colossaux.
En comparaison, pour AC Valhalla, au
total, ce ne sont pas moins de 15 studios et plusieurs milliers de
personnes qui avaient travaillé sur le projet.
Ces inspirations sont parfois trop flagrantes : Le menu et le
loot similaire à celui de Fortnite, le narrateur similaire à Little
Big Planet, l’arbre monde et ses 4 racines à Zelda Breath of the
wild, bref les clins d’oeil c’est cool, mais ça doit être
subtile…
L’idée d’incorporer un narrateur pour accompagner le récit n’est
pas foncièrement mauvaise, mais dans la pratique, ce dernier est
bien trop présent. Il peut même être lourd parfois, voir
incohérent. Heureusement, il est possible de le faire taire depuis
les paramètres.
Le jeu véhicule des valeurs comme l’écologie et la préservation de
la biodiversité, mais le narrateur vient casser la profondeur du
discours avec un ton et une voix enfantine et ça c’est
vraiment dommage.
Le gameplay par exemple, pendant les gunfight, on peine à sentir
les impacts, manette en main. Une attaque spéciale ne se
différencie pas d’une attaque basique (pas de vibrations
supplémentaires).
En gros, ça manque de punch et quand on dit kung-fu, on s’attend à
un truc qui casse la baraque !!!
Le jeu souffre de quelques ralentissements quand on tourne trop
vite la caméra dans le jeu.
Il y a la possibilité de passer le jeu en 30 images par secondes au
lieu de 60, mais c’est frustrant.
Si vous êtes un adepte des vastes open world ne soyez pas surpris,
la distance d’affichage de Biomutant est faible (on ne voit pas
loin, les éléments du décor spawn au fur et à mesure que le
personnage se déplace).
Bref, tout ça pour dire que le studio a eu vraiment beaucoup de très bonnes idées, mais qu’elles ne sont pas suffisamment développées (faute de moyen humain et financier). Néanmoins, beaucoup de ces petits bugs devraient être rapidement corrigés avec l’arrivée de plusieurs patchs pour « une expérience plus fluide ».
L’univers et le système de progression, les vrais points forts du jeu !
Biomutant a certes de nombreux défauts (et on compare à des jeux triple A rappelons-le), mais pas que.
Son univers c’est LE point fort du jeu, le bestiaire est particulièrement grand et la patte artistique emmène un vent de fraîcheur quant aux ennemis. On se demande toujours « Mais d’où sort cette bestiole, c’est un mélange de quels animaux ? ».
Le jeu est très coloré et ça donne envie de partir dans tous les sens pour le découvrir en long en large et en travers. De plus, l‘exploration est toujours récompensée dans Biomutant : par du loot, des quêtes où des endroits insolites…
Experiment 101 a fait le bon compromis entre les zones verdoyantes à l’extérieur et les zones intérieures sombres (bunkers, tunnels et souterrains).
Les déplacements rapides sont les bienvenus, car même si l’univers est superbe on ne va pas passer des heures à traverser la map d’un point A à un point B.
Créer son personnage avec une liberté totale esthétique, mais aussi d’aptitudes a rarement été aussi poussé dans un RPG.
Le système de crafting de Biomutant
est vraiment intéressant. Il est intuitif et permet vraiment de
s’amuser et d’exprimer sa créativité pour crafter des armes
blanches et des armes à feu toutes plus farfelues les unes que les
autres.
Il permet de fusionner divers éléments ramassés dans des coffres,
sur des ennemis, etc. pour créer des armes uniques.
Le gameplay évolue continuellement
lors de votre aventure grâce aux aptitudes et techniques que l’on
débloque. Il n’y a donc pas de répétitivité dans les phases de
combats.
Vous êtes tellement libre dans la progression (niveau de kung-fu,
lumière ou côté obscur, aptitudes) et l’évolution (look,
armes) de notre mutant que vous allez très vite vous créer votre
propre identité. On n’incarne pas un personnage, on incarne NOTRE
personnage, et ça, ça fait la diff’.
Conclusion
Si vous êtes curieux, que vous recherchez une nouvelle licence et que vous acceptez le fait que le jeu n’est pas un AAA (et donc qu’il comporte des défauts notables) alors ce jeu devrait vraiment vous plaire.
En revanche, si vous cherchez LE jeu de l’année, avec un scénario profond, des missions variées et un gameplay aux petits oignons, je vous déconseille Biomutant ou vous risqueriez d’être déçu de votre investissement.
Néanmoins, ce jeu est très intéressant. Il est riche, apporte de nouvelles idées et les thèmes abordés sont d’actualités. Plus les heures de jeux passent et plus le jeu ce révèle intéressant. On a hâte de débloquer les gadgets et de développer son mutant pour lui faire atteindre son plein potentiel.
C’est un jeu coloré dans un monde post apo et c’est assez rare pour être souligné.
N’oublions pas que le jeu est développé par une toute petite équipe et obtenir ce résultat avec seulement 20 personnes et quelques années de développement reste une incroyable performance.
Le studio mérite d’être soutenu, et si le jeu a un succès commercial, un Biomutant 2 devrait pointer le bout de son nez en espérant que les développeurs corrigent les défauts du premier jeu. Partirez-vous à la découverte de cet univers pour sauver l’arbre monde ?



















