The Assassin : la claque visuelle de ce début d’année

Critique du très beau The Assassin

Sorti la semaine dernière, The Assassin, le nouveau film de Hou Hsiao-Hsien (HHH) nous plonge dans la Chine du IXe siècle pour suivre Yinniang (interprété par l’actrice Shu Qi), redoutable guerrière qui revient dans sa province natale pour tuer le gouverneur qui n’est autre que son cousin et ancien amant. Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, The Assassin révolutionne le genre du wu xia pian en offrant un film de combat sublime et minimaliste.

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Réalisateur de Millénium Mambo et du Voyage au Ballon Rouge avec Juliette Binoche, Hou Hsiao-Hsien (HHH) fait partie des grands cinéastes taiwanais, au même titre que Ang Lee (Salé Sucré, Tigre et Dragon, Le Secret de Brokeback Mountain…). Dans ce nouveau long métrage, HHH s’attaque au genre du wu xia pian, films d’arts martiaux où le sabre et le héros solitaire sont à l’honneur. Comme référence, on citera Tigre et Dragons bien sûr, mais aussi Hero (Avec Jet Li) et Le Secret des Poignards Volants de Zhang Yimou. The Assassin possède donc tous les codes du genre avec une héroïne guerrière, meurtrière et solitaire tout de noir vêtu. Bien que ce soit un film d’arts martiaux, les combats sont aussi rares que bref. Il faut attendre la 30e minute pour assister au premier duel, cependant ces scènes sont parfaitement maîtrisées. Minimaliste dans son approche, HHH joue à l’économie, mais en retire toute la quintessence de ces affrontements, l’atmosphère qui précède ou qui suit les duels est également saisissante.

La force principale de ce film est bien sûr sa mise en scène. On à faire ici à un coup de maître de la part du metteur en scène taiwanais. Filmé au format carré en hommage aux films japonais d’époque, The Assassin est une véritable claque visuelle, hypnotique et envoûtante. L’approche choisie par HHH est assez bluffante, toujours filmé de loin, ce film n’inclut aucun gros plan. Les personnages sont en retrait et sont généralement filmé derrière un élément de décor. Découpé, cisaillé, ce long métrage est une succession de plans-séquences où le réalisateur multiplie les travelings. On reste subjugué devant plusieurs passages, par exemple celui où les deux combattantes partent chacune de leurs côtés. Dans ce plan, HHH arrive avec brio (le tout sur un traveling s’il vous plaît) à suivre les deux personnages qui s’en vont chacune dans une direction opposée. The Assassin a également une approche très picturale où chaque plan est construit comme un tableau de maître avec à chaque fois une couleur dominante (le rouge, le jaune, le vert ou encore le noir). Un travail important a aussi été effectué sur l’architecture, les costumes et le mobilier afin de retranscrire avec volupté la Chine du IXe siècle.

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Ainsi on se laisse porter pendant 1h45 par un film somptueux à chaque instant qui traite de sujets forts dans le cinéma : l’amour, la bravoure, le conflit, la trahison. Le tout est parfaitement bien expliqué au tout début du film et cela suffit largement. Alors certes beaucoup risqueront de décrocher en cours de route, mais là n’est pas l’essentiel dans ce film, où ici HHH a voulu largement privilégier l’esthétique aux dialogues.

The Assassin est un sublime OVNI du cinéma asiatique de bout en bout à l’image de la musique de fin, déroutante. On ne peut donc que vous conseiller de rapidement prendre vos places pour la prochaine séance.

The Assassin (TaÏ, 1h45)

Réalisé par Hou Hsiao-Hsien

Avec  Shu Qi, Chan Chen et Yun Zhou

En salles depuis le 09 mars

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Photo By: SpotFilms
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