Nate Diaz

CE RÉCIT EST PUREMENT FICTIF ET A ÉTÉ ÉCRIT AVANT L’UFC 244. Pour les résultats de l’UFC 244, rendez-vous ici. New York, Madison Square Garden, 2 novembre 2019, après le main-event de l’UFC 244 entre Nate Diaz et Jorge Masvidal.

La salle est comble, plongée dans une pénombre inquiétante de laquelle on ne peut distinguer aucun des vingt mille visages venus célébrer cette grande bagarre organisée. Au centre, une lumière bleue, une cage close par ses huit côtés. Un homme gît au sol, un autre se tient au-dessus de lui, les bras levés. Quelques instants auparavant, la foule a semblé lui crier d’une seule voix, le pouce tourné vers le bas. « Finish him!  Do it, motherf***, go for the kill now! »

Il l’a fait. Boum, un ultime coup de coude, en pleine tempe. Aucune chance de se relever. Avant ça, un échange débout, sauvage, coup pour coup : un crochet, foie comprimée, jab, nez écrasé, jab, jab, uppercut, protège-dents qui vole, front kick, plexus enfoncé. Puis le takedown, une guillotine du désespoir, un biceps qui lâche. Joe Rogan lâche son habituel « He’s got the back, now. He’s in trouble!”

Full mount. Du sang, partout sur les visages. Le gars en bas tente d’enclencher un triangle mais c’est déjà trop tard, il est cuit. L’autre fait pleuvoir les coups au sol. Plus rien ne répond, stone cold. Knocked-out. Fin de la récréation.  On sépare les deux héros de la soirée.

On entend çà et là : « That was…INSANE ! » À perdre la raison, effectivement.

Colby Covington se lève, lunettes de soleil vissées sur le nez, sourire forcé. « Good job, journeymen. Continuez à vous bagarrer au fond des jardins avec les autres intérimaires et laisser la place aux grands garçons maintenant. » Le meurtrier monte sur le grillage pour mieux s’exhiber à présent, il se tape frénétiquement contre la poitrine et vocifère d’incompréhensibles jurons au micro de Joe Rogan. « Fuck y’a all, I am the baddest motherf*cker on planet earth! Gimme that fucking belt now. Conor McGregor, you’re next in line you son of a bitch! »

Un silence assourdissant a laissé place aux acclamations. Le médecin et l’ensemble du corner adverse semblent préoccupés. L’autre ne se relève toujours pas. Dana White pénètre à l’intérieur de l’octogone. « Bravo, c’était un combat extraordinaire, buddy. Tu l’as salement amoché, je vais voir comment il va, OK ? Profite, c’est ton putain de Colisée ce soir. » Le gars ne répond rien. Il pense « C’est quoi un colisée putain ? N’essaie pas de m’arnaquer, fils de p*** »

Petit à petit, d’autres hommes pénètrent sur le ring, le camp vainqueur célèbre, le camp perdant soigne. Il y a du sang partout, la bataille a été rude. Une vraie boucherie, sauce Dallas. Quatre rounds où la folie s’est déversée dans un déluge de violence effrayant jusqu’à la conclusion, à quelques secondes de la cloche. Terrible, brutal. Choquant. Fascinant, diront certains.

Une femme au premier rang pleure et se tient le visage dans les mains. Elle semble paniquée et s’inquiète manifestement du sort du knocked-out. Une proche sûrement, sa copine ? On essaie vainement de la rassurer, elle crie et se débat pour entrer sur le ring à son tour. « Let me see him, let me see if he’s okay, please ! Please ! »

Un parterre de VIP garnit les premiers rangs. Mike Tyson grille un blaze sans CBD tandis que Matt Damon boit un coca sans gluten. Justin Bieber regarde sous son T-shirt, Rihanna regarde Justin Bieber avec un ostensible mépris. Greg Hardy court proposer sa ventoline au perdant. Dwayne « The Rock » Johnson s’avance vers l’octogone pour aller passer la ceinture nouvellement créée au champion. Bruce Buffer annonce les résultats.

« And the winner, by way of knoooock-ouuuttt, and new BMF champion of the world…»

La foule acclame à nouveau. Elle en a pour son argent, c’est certain. On s’habitue à l’obscurité. La foule sourit, ses bas instincts sont en extase, la catharsis tourne à plein régime. Quelques bières volent par-dessus les fauteuils en plastiques. On se prend dans les bras, on agite la main de haut en bas, on met la main devant la bouche, tantôt pour signifier « Mon dieu, à quoi vient-on d’assister ? » ou bien « Qu’est-ce qu’il a mangé l’autre ! J’espère que ça va aller pour lui »

Le vaincu a un genou à terre désormais. Il semble pouvoir se supporter à nouveau. Mais le regard est vide, atrocement vide. Il saigne abondamment au niveau de l’œil, on s’applique à arrêter l’écoulement. Il demande à ce qu’on s’écarte de lui en pointant le pouce droit vers le ciel. Il retire lui-même ses gants. Soudain, il se remet sur le dos, épuisé manifestement. Il faut dire qu’il y a de quoi. Peut-être est-il déçu de ne pas avoir fini le boulot, au deuxième round, quand l’occasion s’est présentée. Il pense : « Je le tenais, putain. Foutue cloche »

Son coach s’est placé à sa hauteur et lui murmure « Ça va aller, mon vieux ? » Le gars se met subitement à convulser. Ses yeux s’échappent, sa tête tombe sur son épaule gauche, tout son corps se met à trembler de toute part. « Why is he f*** shakin’! Do somethin’ bout it doc! » Bruce Buffer conclut : «…Nate DIAAAAZ ! »

Nick, son frère, lui donne une grande accolade. « Mon vieux, cette droite…Comme avec Robbie Lawler, tu te souviens ? » Nate hoche la tête et sourit. « Hell yeah ».

Très vite, les deux frères regardent en direction du gars qu’ils ont allongé, ensemble. Les sourires disparaissent aussitôt. « Putain de game de fous » dit Nick, plein de la fatalité que les frangins de Stockton portent au visage depuis leurs débuts à l’UFC. Ils ont compris. Nate commence à pleurer, le visage fermé.

La salle est saisie d’effroi. Dana White s’affole. Greg Hardy range son putain d’inhalateur. Un homme dans le public s’écrie : « Shit, the dude is passing, man ! » Jorge M. a cessé de bouger.

Three pieces and a soda in the shadow realm.

A bad motherfuckin’ ending…

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