VAR Football

Alors qu’elle était plébiscitée par tout l’univers footballistique, la VAR est désormais au cœur de bons nombres de débats. Nous étions nombreux à demander son utilisation durant la saison 2017-2018. En effet, combien de fois avons-nous tempêté contre des cartons rouges, penaltys, en prétextant que si la VAR avait été là, le résultat final du match aurait été différent.

Toutefois, quelques mois après le début de son utilisation en Ligue des Champions comme en Ligue 1, cet outil ne cesse de faire parler de lui, non pas par rapport à son utilisation, mais plutôt par l’interprétation qu’en font les arbitres. Au-delà des décisions parfois plus que douteuses de ces derniers après avoir visionnés les images (point sur lequel nous reviendrons plus loin), c’est le jeu lui-même qui est impacté et dénaturalisé. Chaque week-end de championnat européen (hormis en Angleterre où la VAR devrait arriver pour la saison 2019-2020) est consacré à de multiples plaintes de joueurs envers l’arbitre lui demandant sans cesse de revenir sur telle ou telle action, estimant qu’il y a eu un fait de jeu non signalé. Alors oui, parfois les images prouvent qu’il y avait bel et bien faute, mais n’est-il pas dans la nature même de ce sport de reposer également sur l’interprétation que l’arbitre se fait d’une situation, et cela sans remédier à un quelconque outil ?

Ces situations sont analysées chaque week-end sur les plateaux télévisés consacrés au football, avec toujours le même résultat : les uns estimant que grâce à cela le jeu est plus « juste », les autres contestant que tel fait de jeu n’aurait pas dû être sifflé par l’arbitre, car il n’y avait par exemple ici « aucune intention de faire main de la part du joueur ». Alors lorsque cela se passe dans des matchs pour lesquels la décision de l’arbitre ne change pas grand-chose au scénario, cette histoire reste anecdotique.

Cependant, parlons de l’élimination du Paris Saint Germain en Ligue des Champions. Certes il y avait de l’enjeu, certes le scénario était invraisemblable et certes on pense et l’on est même sûr que Kimpembe de dos au moment où le ballon vient heurter sa main ne peut que constater les dégâts, lui-même abasourdi par la décision de l’arbitre. Toutefois, les faits sont là, le penalty est sifflé, le PSG éliminé. Bien sûr que dans ce même match un an plus tôt, sans la VAR, il n’y aurait nullement eu penalty et personne n’en aurait fait débat.

Nous sommes dans le genre de situations où « une main nullement intentionnelle » conduit à des catastrophes dramatiques pour un club et également pour un outil censé révolutionner le monde du football et aider les arbitres. Bien que ces derniers, aidés par leurs adjoints, essaient d’être le plus « juste possible », de nombreux débats ne cessent d’alimenter la polémique ; en témoigne la décision de Monsieur Skomina décrié comme « honteuse » par bon nombre de spécialistes du football et également d’anciens joueurs de Manchester United, évidemment derrière les Red Devils pour ce match.

C’est précisément dans ce genre de situations que la VAR trouve ses limites contrairement à un match entre deux équipes positionnées dans le ventre mou de la Ligue 1. Et tout cela ne semble être qu’un long cercle vicieux, car sans VAR il n’y aurait pas eu penalty, mais la VAR étant présente, l’arbitre (aidé par ses assistants), se doit de trancher, de prendre des décisions en y intégrant les informations qu’elle lui fournit. Dans ce cas précis comme dans bon nombre d’autres, l’utilisation d’un outil technologique (aussi performant soit-il) ne supprimera jamais la part de subjectivité présente dans toute décision humaine, imprécise et faillible de par sa nature même…

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