Aldo vs McGregor – « Pacific Rim » dans 70m2

Preview de la future fissure terrestre Aldo vs McGregor

Les collisions surpuissantes de créatures titanesques c’est pas uniquement en animation 3D sur Arte ou dans les films de Guillermo Del Toro. Occasionnellement, c’est aussi en Pay-per-view.

Le 12 décembre à Las Vegas Jose Aldo et Conor McGregor entreront dans l’octogone pour un combat attendu par les fans hardcore depuis plus d’un an. Et laissez moi vous dire qu’au moment ou l’arbitre Big John McCarthy lancera les hostilités, comme disent les Ricains « c’est l’enfer au grand complet qui va se déchainer ».

Aldo vs McGregor

Pour les fans de statistiques avant Aldo vs McGregor

Si ce combat est le meilleur que la division featherweight ait proposé dans l’histoire du MMA sous sa forme moderne, c’est pour une raison, une seule et ça tient en un mot: « Notorious ». Conor « the Notorious » McGregor est né le 14 juillet 1988 (ça lui fait 27 ans pour ceux qui ont du mal à suivre), et si 9 mois plus tôt Madame McGregor n’avait pas subi les assauts des hanches motivées de Monsieur McGregor, nous n’aurions pu être témoin de ce que devient un homme obsédé par le mouvement humain, et qui décide de mettre sa fascination au service de l’Art du combat à mains nues.

Après avoir entamé une carrière de plombier, à 21 ans il plaque tout pour se consacrer au MMA. Et c’est sous l’aile de l’entraineur John Kavanagh, 1ère ceinture noire Irlandaise de Jiu-Jitsu Brésilien, que Conor s’envole. Il devient peu à peu possédé par la recherche des déplacements parfaits et de la fluidité maximale dans toutes les positions. C’est en décortiquant et répliquant les mouvements, les appuis, le rythme des meilleurs combattants dans leur discipline respectives mais également des animaux, que Conor se crée un répertoire technique des plus complets et une façon inédite de se mouvoir. Il entre à l’UFC en 2013. 2 ans, 6 dominations écrasantes et une bonne grosse pelletée de trash-talk plus tard, il est la plus grande star du circuit international avec Ronda Rousey. Multimillionnaire et bankable, il annonce qu’il sera champion dans 2 catégories différentes, tout ça sans même avoir remporté une seule ceinture. Un charisme, une aura et une arrogance qui feraient presque jeu égal avec les Jordan, Ali et Cantona de ce monde. Un finisseur hors pair qui aligne les corps inconscients comme comme des dominos et une nationalité irlandaise bien légitime en terme de sports de combats (sans même parler des ultraviolents guerriers celtes) qui rend le tout encore plus fruité et savoureux, pour parler en termes fromagers. Adepte de la guerre psychologique, il  humilie ses adversaires pendant les conférences de presse et pousse même le vice jusqu’à leur parler  PENDANT le combat. Il est une météorite dans le paysage du MMA mondial, une apocalypse éphémère.. Quand vous signez pour combattre Conor McGregor, vous avez intérêt à vous accrocher à autre chose que vos chaussons. Parce que lui n’est pas là pour faire dans la demi-mesure.

Vous commencez à avoir grossièrement une idée du personnage à qui vous avez affaire. Vous êtes encore loin du compte. Techniquement autant vous prévenir aussi, c’est le nouvel an chinois à chacune de ses apparitions.

Conor-McGregor-MMA-Boston-win

Southpaw (fausse patte (gaucher (garde jambe droite devant))) naturellement, il utilise toutes sortes de kicks (coups de pieds) pour casser la distance avec ses adversaires ou mettre en place des combinaisons de poings. Parce ce que cherche McGregor, et qu’il cache derrière tout cet armada de techniques flashy et flamboyantes, c’est à placer sa gauche destructrice. C’est avec elle qu’il a signé la plupart de ses KO, c’est elle qui ferme le store et accroche le panneau « à vendre ».

La seule véritable inconnue avec Conor, c’est quand on touche au grappling. On sait, parce qu’il s’entraine avec les meilleurs, qu’il est légitime au sol mais on ne sait pas à quel point… Parce que par terre, il y a les James Toney et les Demian Maya. Avant de le voir au coeur d’un vrai « scramble » à la Marcelo Garcia – Kron Gracie, on ne saura jamais vraiment où il se situe. En lutte, si on se base sur son combat précèdent on serait tenté de dire qu’il a un bon TGV de retard sur les plus gros lutteurs, mais d’un autre coté il a passé son camps d’entrainement avec un genou en moins, donc difficile de juger sur pièce.

Là ou je veux en venir c’est que si McGregor n’est pas au point sur un de ces aspects, il va avoir droit à un réveil brutal. Du genre réveil à la barramine. Parce que dans quelques jours le Monstre, L’Animal, La Légende que va affronter Conor, lui, il est au point. En fait, il n’a pas perdu depuis 10 ans.

Je vous présente Jose « Scarface » Aldo et comme énormément de combattants, Aldo a traversé une adolescence particulièrement rude, qui a forgé son caractère: un calme olympien en toutes circonstances et une aura intimidatrice franchement flippante. Élevé dans les favelas avec tout ce que ça implique de violence et de promiscuité, il est repéré assez vite par un entraineur de Jiujitsu et se lance dans les sports de combats. Il décide à 17 ans de partir à Rio de Janeiro pour faire partie d’une team de combattants et tenter de vivre de sa passion, il part avec ses seuls vêtements. Il est contraint de vivre les premières semaines dans la rue et dépense le peu qu’il a pour se payer de quoi manger et s’entrainer. Quand le responsable de la team, le légendaire entraineur Andre Pederneiras se rend compte de la situation, il loge Aldo dans son académie et lui permet de s’entrainer gratuitement. C’est le début de l’Ère Aldo.

Sur-légitime niveau « champ lexical des soumissions », il développe rapidement un muay-thai d’élite, et la puissance inhumaine de ses kicks, déclinés en versions décapitation, arrachage de côtes et voitures-bélier dans les cuisses, le font rapidement connaître sur le circuit.

usa-today-8159490.0Après avoir démantelé ses 7 premiers adversaires sans qu’ils n’atteignent le second round, José connait la seule défaite de sa carrière face à Luciano Azevedo au Jungle Fight ; après avoir montré une « takedown defense » absolument monstrueuse (qui se révèlera être une de ses marques de fabrique) et bourré de low-kicks son partenaire de danse, au 347ème essai Azevedo amène finalement José au sol et arrive à le finir par étranglement arrière. C’est la première et la dernière fois que notre démolisseur Brésilien connaîtra la défaite.

C’était en 2005, depuis Aldo est devenu champion partout ou il est passé et a clairement mis deux classes d’écart entre lui et le reste du monde. Il est aujourd’hui champion incontesté à l’UFC, et les récits de ceux qui ont croisé sa route, pourtant les meilleurs que le monde avait à offrir, font froid dans le dos. Certains ont mis 2 ans à se remettre physiquement de leur rencontre avec Scarface, d’autres ont perdu la sensibilité de leur jambe pendant 2 mois. Et tous s’accordent à dire qu’être « là-dedans » avec Aldo, c’est juste.. . Différent.

Pour plus de témoignages sur le King, jetez vous comme des running-backs sur cet article, si vous baragouinez un peu d’anglais ça va vous filer des frissons…

Alors voilà où on en est, à quelques jours du clash historique. A quelques jours de la rencontre entre un assassin silencieux et un simulacre de folie. A quelques jours d’un carte remplie à ras-bord de combats d’anthologies qui marqueront les mémoires.

Si vous êtes arrivés au bout de cet article et que vous lisez ces lignes, retenez seulement ceci : dans la nuit du 12 au 13 décembre, si vous voulez pouvoir dire à vos proches « j’y étais » quand ils vous parleront de l’événement qui aura imprimé l’histoire du MMA à jamais, regardez l’UFC 194 – Aldo vs McGregor.

by Rust

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Photo By: si.com, Reddit, tatame.com

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