Colin Kaepernick n’est pas un mauvais joueur de football, mais à aujourd’hui 29 ans, le désormais ex-quarterback des 49ers est toujours free agent, et rien ne dit qu’il retrouve une équipe pour la saison prochaine.

Celui qui par son talent, aurait certainement dû marquer l’histoire de la NFL, marquera peut-être par sa personnalité, l’histoire du sport américain. Il y a quatre ans, Colin Kaepernick enregistrait un record en playoff en parcourant 181 yards lors de la demi-finale de conférence contre les Packers, menant ses 49ers à une victoire finale 45-31. Les 49ers iront ensuite gagner à Atlanta en finale de conférence leur permettant d’accéder au Super Bowl où ils s’inclineront de seulement 3 points face aux Ravens de Joe Flacco. Lors de ces playoffs, Kaepernick réussira 61,3% de ses passes, comptabilisera uniquement 2 interceptions pour un rating de 100,9.

Si quatre ans plus tard, Colin Kaepernick n’a plus de contrat professionnel, ce n’est certainement pas uniquement à cause de ses performances sportives. Le 3 mars 2017, Kaepernick a rompu son contrat avec les San Francisco 49ers. Depuis, il n’a toujours pas trouvé d’équipe dans laquelle évoluer la saison prochaine.

https://youtu.be/4Ttsx5squWg

Lors d’une intersaison où Mike Glennon (5 victoires en NFL, un rating de seulement 84.6), Josh McCown, éternel backup, ont tous les deux réussis à garantir leur place dans la NFL pour l’an prochain. Il est difficile de croire que Kaepernick n’ait pas intéressé au moins une équipe.  Mais à la différence de Kaepernick, Glennon et McCown n’ont pas dénoncé les injustices sociales qui touchent les États-Unis. Depuis 2016, le natif de Milwaukee s’agenouille lorsque l’hymne américain résonne pour protester certaines injustices sociales. En août 2016, il déclarait : « Je ne vais pas me lever et montrer de la fierté pour le drapeau d’un pays qui oppresse les personnes de couleurs. »

Aujourd’hui, il paraît évident que Kaepernick paie le prix de ses engagements politiques. Cette thèse est appuyée par le journaliste Mike Freeman du Bleacher Report, qui dans un article de mars dernier, rapportait des propos d’un GM anonyme expliquant que « certaines équipes le détestaient et ne supportaient pas ce qu’il avait fait [s’agenouiller pendant l’hymne], ils ne veulent plus avoir affaire avec lui ».

Pour les équipes de la ligue, Kaepernick représente également un risque, le risque qu’il soit entendu, soutenu, la peur de voir une protestation initialement solitaire devenir un mouvement plus grand, que l’exemple de protestation qu’a mené Kaepernick pendant la saison dernière en inspire d’autres. Cette attitude met en valeur un rapport de force, faire de Kaepernick un exemple permettrait de prévenir toute autre protestation future, mettant en valeur l’idée que la ligue est plus importante que n’importe quel joueur, et qu’un joueur sortant de ces critères perdrait tout espoir d’évoluer dans l’élite.

Kaepernick est une représentation de ce qui divise l’Amérique. Il est à la fois salué, respecté pour son courage, mais également haï pour ce que d’autres considèrent comme une trahison. Sa décision de se mettre à genoux pendant l’hymne est devenue un symbole de la lutte des Afro-Américains contre le racisme, nous rappelant les poings levés de Tommie Smith et de John Carlos sur le podium des Jeux Olympiques de Mexico en 1968. Après être retournés sur le sol américain, les deux sprinteurs avaient vu leur réputation réduite à néant, luttant pour trouver ne serait-ce qu’un simple emploi.

Colin Kaepernick aura réussi à prouver le poids qu’un sportif professionnel peut avoir, à quel point il peut être entendu, certainement au dépens de sa propre carrière. Par Matthieu

https://youtu.be/ddTRuCsyQCA

Tags

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *