Viggo Mortensen, de Lord of the Rings à Captain Fantastic, portrait d’un baroudeur

Véritable gueule d’Hollywood, Viggo Mortensen revient ce mois-ci dans Captain Fantastic. Critique d’une très bonne surprise et portrait d’un monument du cinéma US.

Viggo Mortensen, l’un des rares acteurs à avoir réussi l’exploit d’être une tête connue des cinéphiles comme des amateurs du cinéma popcorn. Comment a-t-il réussi cette véritable gageure ? Disons, pour faire simple, que le New-Yorkais doit une grande partie de son immense CV à Peter Jackson et David Cronenberg. Après avoir pas mal bourlingué, c’est le rôle d’Aragorn dans l’immense trilogie Le Seigneur des Anneaux qui le propulsera sur le devant de la scène.  Trois films qui feront de lui le héros des garçons du monde entier. Ce rôle lui permettra ensuite de collaborer avec celui qui lui ouvrira les portes d’un autre cinéma : David Cronenberg. Une fois la page Lord of the Rings tournée, il joue le rôle-titre dans le thriller A History of Violence. Le film est un succès populaire et critique et deux ans plus tard, Cronenberg offrira à Mortensen son plus beau rôle : Nikolai Luzhin dans Les Promesses de l’Ombre.

Il y campe le rôle de l’homme de main de la famille mafieuse Semyon. Le film, l’un des meilleurs de 2007, nous offre une plongée remarquable au cœur de la pègre et des réseaux de prostitution russe. L’année suivante, Mortensen s’essaiera avec succès dans le Western aux côtés d’Ed Harris et Renée Zellweger dans Appaloosa. En 2009, le puissant The Road lui offrira l’un de ses plus grands rôles. Après un cataclysme mondial, un père et son fils tentent de survivre du cannibalisme, du froid, de la solitude et de la faim. Un film qui ne vous laissera pas indifférent.

Mortensen reviendra ensuite en 2011 pour sa dernière collaboration en date avec Cronenberg et la seconde aux côtés de Vincent Cassel (après Les Promesses de l’Ombre) : A Dangerous Method. Le film revient sur la relation entre Carl Gustav Jung (Michael Fassbender), Sabina Spielrein (Keira Knightley), patiente de Carl Jung et Sigmund Freud (Viggo Mortensen). Porté par un impeccable casting, ce projet ambitieux sera une nouvelle réussite pour le duo Cronenberg-Mortensen. Il vaudra d’ailleurs à l’américano-danois, une nomination au Golden Globe du meilleur second rôle.

Après un The Two Faces of January plutôt décevant, il fait son grand retour cette année avec Captain Fantastic. Réalisé par Matt Ross, le film est une réussite et ce dont Mortensen avait besoin pour revenir sur le devant de la scène !

Captain Fantastic – le fond et la forme

Le pitch : Dans les forêts reculées du nord-ouest des États-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie tout entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

Le père hippie campé par Viggo Mortensen est le personnage central de ce film. Il vit ainsi en complète autonomie dans le foret avec ses 6 enfants à qui il a appris à chasser, à lire, à écrire, à nourrir et surtout à se cultiver. Si les enfants font beaucoup de survivalisme, le cœur de l’éducation du père n’est pas. Ainsi physique quantique, mathématique et philosophie sont au programme pour les bambins. Toute cette famille se retrouve bouleversée au moment où le père apprend que la mère des gosses, partie il y a quelques mois, s’est suicidée. Ils se déplacent alors dans Steve, le bus (oui, le bus à un prénom) pour se rendre aux funérailles de la môman.

Pour la première fois de leur vie, les enfants se retrouvent au contact du monde capitaliste et violent dans lequel nous vivons. Ce monde étant représenté par la famille de la mère pour une confrontation qui promet. Ainsi les moments du dîner, où la petite fille demande comment le poulet à été chassé (alors qu’il a été acheté au supermarché) ou quand les enfants découvrent les jeux-video assez violents de leurs cousins sont très drôles.

Malgré tous les obstacles qui se dressent contre le père et l’éducation qu’il donne à ses enfants, le père tient bon. La barrière entre la bulle qu’il a réussi à créer pour les enfants et notre monde actuel nous pose la question suivante : allons-nous droit dans le mur ? Nous vous laisserons répondre à cette question.

Un des coups de cœur de l’année assurément pour un film complexe à la parfaite balance entre pathos et moments drôles. Sans en attendre grand-chose, on ressort conquis de Captain Fantastic.

La Sueur

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Photo By: tvovermind.com

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