Terminator Dark Fate Arnold

Presque 30 ans après Terminator 2: Judgement Day, James Cameron signe son grand retour sur la franchise Terminator. Oublions ce qu’il s’est passé de Terminator 3: The Rise of the Machines à Terminator Genisys, le réalisateur d’Avatar compte bien offrir aux fans une suite digne de ce nom. Pari tenu?

Terminator… Premier gros succès pour Cameron. Sorti en 1984, il avait permis au réalisateur de débuter sa carrière à succès avec brio. Alien, True Lies, Titanic … Films qui font aujourd’hui partie des classiques de la filmographie de Cameron. Son premier grand amour a pourtant été Terminator – auquel il offrira une suite en 1991 – qui sera plébiscité par la critique et les spectateurs. Après Terminator 2, il dit au revoir à la franchise. Mais pas pour toujours. David Ellison (CEO de Skydance, réalisateur et ami de J.Cameron) voulait que Cameron reprenne les rênes de la franchise qui l’avait vu débuter. Dans cette optique, en réalisant Terminator Genisys, D.Ellison a voulu faire tendre son film vers le reboot afin de faciliter un potentiel retour de son ami sur la franchise. Problème. Le film a eu des résultats décevants pour D.Ellison. Il prit donc la décision de repartir sur de nouvelles bases. Cameron pouvait donc reprendre là où il avait laissé son bébé, c’est-à-dire avec le Terminator 2 de 1991.

James Cameron Arnold Schwarzenegger
Back to the future

À la production du film, nous retrouvons donc James Cameron et son compère David Ellison. La direction du film est aux mains de Tim Miller, qu’on connaît notamment pour son travail sur Deadpool. Et à la réalisation du scénario, pour épauler Cameron, nous avons:

  • Josh Friedman (aficionados de la franchise Terminator étant le créateur de la série Terminator: The Sarah Connor Chronicles)
  • David S. Goyer (co-scénariste de la trilogie The Dark Knight de Nolan)
  • Justin Rhodes (scénariste et directeur – Robocop Return …)
  • Billy Ray (scénariste et directeur – Shattered Glass, The Hunger Games … )
  • Charles H. Eglee (scénariste et producteur – The Walking Dead, Dexter … )

Les fans attendent beaucoup du retour de Cameron afin d’apporter THE troisième épisode à sa saga culte. Il veut (se) faire plaisir et cela nécessite de renouer avec les acteurs qui ont fait la force de ses deux premiers opus. Arnold Schwarzenegger (aka T-800) et Linda Hamilton (aka Sarah Connor) sont donc de nouveau de la partie. D’autre part, qui dit nouveau Terminator, dit aussi nouveaux visages. Gabriel Luna (Agent of Shield) est le nouveau Terminator, Mackenzie Davis (Blade Runner 2049) vient elle du futur et cherche à protéger Natalia Reyes (Dulce Armor).

Ce groupe d’acteurs hétéroclite censé faire le pont entre ancienne et nouvelle générations se retrouve donc dans Terminator: Dark Fate. Pour réaliser une telle prouesse, l’intrigue du film est la suivante. 27 ans ont passés depuis les évènements de Terminator 2: The judgement Day. Sarah Connor a réussi à arrêter Skynet et à changer le futur. Nous suivons donc un autre individu : Dani Ramos (Nathalie Reyes). Dani est une jeune fille vivant une vie paisible avec son père et son frère au Mexique.

Terminator Dark Fate

Sa vie bascule lorsqu’un Terminator (Gabriel Luna) – modèle Rev-9 – venant du futur, fait son apparition pour l’éliminer. Pour contrer cette arme de guerre, deux autres personnes qu’elle n’avait jamais rencontrées font leur arrivée. Dans ce duo, nous retrouvons une soldate surentraînée (Mackenzie Davis), mi-humaine et mi-machine venant elle aussi du futur, et la légendaire Sarah Connor (Linda Hamilton). Leurs chemins les mèneront vers un T-800 (Arnold Schwarzenegger) lié au passé de Sarah. Pourtant, des questions taraudent nos protagonistes. Skynet a été détruit des années auparavant, pourquoi y’a t-il un autre Terminator?  Quelle est cette nouvelle menace? Le destin de l’humanité est-il voué à l’anéantissement?

Critique – Qu’avons-nous pensé du film?

Au regard de l’équipe réunie, nous étions en droit d’en attendre beaucoup de cette superproduction hollywoodienne. Le retour de Cameron se devait d’être grandiose. En termes d’ambiance et de réalisation, le pari a selon nous été réussi. Simple et efficace, nous retrouvons l’atmosphère qui avait défini les anciens opus et qui avait su nous plaire. Les multiples courses-poursuites – coeur de l’action des Terminator –  sont fidèles à ses grandes soeurs, et montent crescendo jusqu’au combat final. Cameron, se devant d’adapter son scénario aux nouvelles technologies d’aujourd’hui, réussit cet exercice avec brio. Le fait de s’inscrire dans ce monde ultra-connecté ne donne que très peu, voire aucune possibilité à notre trio (L.Hamilton, M.Davis, S.Connor) pour se cacher ou fuir. Le constat est sans appel: le Rev-9 les retrouvera quoi qu’elles fassent.

Terminator Dark Fate

Côté scénario, notre avis est beaucoup plus mitigé. Globalement, l’histoire du long-métrage reste fortement similaire avec celles des précédents opus. La première heure du film peut sembler être un copier-coller de ce qu’on a déjà vu:

  • Protéger quelqu’un de vital pour l’avenir,
  • Chercher un moyen de détruire le Terminator qui nous poursuit,

Pourtant, un message fort ressort du film: quoi que l’on fasse, nous devons nous battre pour notre survie. Cette idée est imagée par le biais du personnage de Sarah Connor qui – comme à son habitude – transpire le survivalisme. Elle s’est battue toute sa vie, mais sa lutte n’est jamais réellement terminée. Nous pourrions traduire cette vision par une autre pensée qui devrait faire écho à tout le monde, et dont chacun devrait avoir conscience: rien n’est jamais acquis et notre vie sera toujours là pour nous le rappeler. Depuis la première confrontation de Sarah avec le T-800 jusqu’aux évènements de Dark Fate, sa vie a toujours été – et sera toujours – définie par la survie. De plus, son rôle de mentor auprès de la jeune Dani Ramos est non négligeable. La relation entre ces deux personnages nous adresse un autre message puissant: la transmission du savoir est primordiale pour survivre.

Par ailleurs, bon nombre de pistes non développées dans les précédents films ont été exploitées ici par Cameron. Ce qui définit le plus cet argument est le rôle joué par Schwarzenegger. Nous ne nous attendions pas à grand-chose au vu de son identité en tant que machine. Et pourtant, en nous présentant un T-800 âgé, une réelle réflexion nous est offerte. Mêlant la définition de sentiment à celle de machine, la manière dont elles sont traitées nous apporte des pistes intéressantes (que nous ne vous décrirons pas ici sous peine de vous spoiler).

Terminator Dark Fate
Hasta la vista … Baby!

Du côté des “nouvelles têtes”, Gabriel Luna nous livre un Terminator convaincant. Son interprétation respecte les codes des anciennes oeuvres cinématographiques, tout en apportant une touche “factice d’humanité” qui est assez différente de celle de Schwarzy. Ces expressions et nombreux rictus en sont la clé. Pour Nathalie Reyes et Mackenzie Davis, malgré leur présence importante à l’écran, leurs rôles sont plus anecdotiques qu’autre chose. Bien entendu, elles font le taf, mais sans apporter de grandes nouveautés aux prestations de leurs prédécesseurs. Leurs personnages restent aussi linéaires que prévisibles au cours des 2H14 de visionnage. Cette analyse est fortement dommageable au vu de leurs rôles de personnages principaux assumés tout au long du film. Bien que (fort heureusement) quelques surprises scénaristiques arrivent à leur donner un semblant de profondeur.

Nous retiendrons principalement que le retour de Cameron sur Terminator saura attiser l’intérêt de ses spectateurs. Le constat est clair: on ne s’ennuie pas. L’action est bien présente et fait vivre Dark Fate du début à la fin. Pourtant, la licence est loin de se réinventer avec ce nouveau numéro. En dépit du retour de Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger dans leurs rôles respectifs, nous restons sur un schéma que nous connaissons déjà.

Cependant, le travail réalisé sur T-800 ainsi que les questions soulevées peuvent nous donner espoir quant à l’avenir de la franchise. Il ne faut pas voir Dark Fate comme une suite, mais plus comme la première pierre d’un nouvel édifice. James Cameron a même avoué lors d’une interview à Deadline que lors de l’écriture du scénario, ils en étaient venus (lui et ses camarades) à la conclusion qu’il faudrait au moins trois films pour raconter entièrement sa nouvelle épopée.  Nous sommes donc sur un retour en douceur pour le réalisateur. Il ne reste plus qu’à voir ce qu’il nous réserve pour la suite. Si suite il y a …

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