Avant Dennis Schröder, avant même Dirk Nowitzki c’est un autre joueur allemand qui fut le premier à fouler les parquets américains et aussi  l’un des pionniers européens en NBA : Detlef Schrempf.

Detlef Schrempf, l’ex-pilier de la Mannschaft a bien vu le jour le 21 janvier 1953 à Leverkusen, plus célèbre pour son Bayer que pour son club de basket, mais c’est à l’âge de 17 ans au cours d’un échange linguistique que l’adolescent se retrouve pour la première fois aux U.S.

La suite semblera plus appartenir à  un conte de fées qu’à un immense coup de pot, c’est le coup de foudre pour le jeune Detlef « qui se débrouillait avec un ballon »(sic.) et ne remettra pas les pieds dans son Allemagne natale avant un bon bout de temps. Il effectue tout son « scolarship » dans l’université de Washington, tout comme Isaiah Thomas ou le bondissant Nate Robinson. Après avoir effectué la totalité de son cursus dans la capitale (11.9 pts/6.2rbs/2.3ast), les scouts assistent au développement d’un style de jeu relativement peu répandu aux States. En effet le bonhomme a une stature assez longiligne (2.08m) mais pas fluette pour autant un peu comme Kevin Durant avant l’heure.

Il est donc choisi par les Mavs (Dirk tu nous entends ?) en 1985 à la 8e position s’il vous plaît. Pour autant il devient un simple joueur de rotation souvent cantonné au « Garbage Time » avec une saison 1988-1989 où il plafonnera à 9.5pts/4.5rbs/2.3ast. Trop grand et pas assez rapide pour jouer petit ailier, mais pas assez solide pour aller batailler en tant qu’ailier fort sous les raquettes très rugueuses des années 80. Mais c’est le Head Office d’une équipe des Pacers en perte de vitesse qui flaire le bon coup et le trade contre le vétéran Herb Williams. Associé avec des joueurs tels que Reggie Miller, qui se révélera cette année-là avec une première participation aux matchs des Étoiles, mais aussi Chuck Persons ou encore Rik Smits, la mayonnaise prend aussitôt. Jusque-là perçue comme une équipe relativement médiocre uniquement bonne à tanker, les Pacers seront la véritable révélation de la saison et Schrempf en sera le 6e homme. En accrochant le 8e spot à l’Est, la franchise d’Indiana participe pour la première fois aux play-offs dans l’ère « moderne de la NBA » bien que balayé par les Pistons en 3 manches sèches. Si la saison 1989 était une surprise pour tous, les Pacers vont devenir des clients réguliers et le teuton n’y sera pas étranger avec deux titres de Sixth Man Of The Year en 1991 et 1992. Homme à tout faire il terminera la saison 1992-1993 comme seul joueur présent dans le top 25 de 3 catégories statistiques (19.1PPG/9.5RPG/6.0RPG). Mais 1993 est aussi l’année où il sera sélectionné pour la première fois pour un All-star Weekend historique, car il reste le tout premier européen à y participer ; pas mal pour un joueur en sortie de banc à qui l’on prédisait un enfer dû à sa morphologie inhabituelle.

Et c’est après sa meilleure saison en carrière que surviendra son transfert aux regrettés Seattle Supersonics (#BringSeattleBack) où il rejoindra la bande à Payton et Shawn Kemp. C’est désormais en tant que starter que « The Grand Teuton » va continuer à bâtir son nom dans son style si atypique. Il y gagnera sa deuxième et troisième sélection au All-Star Game (1995,1997) ainsi qu’une place en NBA All-Third Team (1995). Toutes ces années sont synonymes de playoffs mais toujours pas de titre et  les années passant et les trades se multipliant, le tour de l’allemand viendra en 1999, après s’être fait coupé il se réengage dans la foulée avec les Trail Blazers où son statut de gendre idéal contraste un peu avec l’image de Bad Boys renvoyée par la franchise à l’époque. Barré par la concurrence avec un temps de jeu en baisse l’allemand tout comme ses stats qui se retrouvent divisés par deux. C’est donc en 2001 qu’il décide de prendre sa retraite et de revenir à ses amours quelques années plus tard.

Au-delà de son image de gentil garçon et de joueur inclassable, il faut retenir de Detlef Schrempf sa fidélité à ses clubs (il n’est jamais resté loin d’Indiana) et reviendra en tant que coach assistant chez les Supersonics en tant que coach assistant entre 2005 et 2007. Il a d’ailleurs tellement marqué cette ville qu’un groupe local, Band of Horses, lui a dédié une chanson un honneur que même les Hall of Famers n’ont pas !

Mais il reste aussi fidèle à son pays qu’il représentera en 1983 et 1992 avec 3 Eurobaskets et 2 Jeux olympiques sans succès marquant. Aujourd’hui à la tête de sa fondation qu’il préside avec sa femme depuis son retrait du basket en 2006, le bonhomme se porte plus que bien merci pour lui. S’il fait beaucoup aussi pour le basket dans son pays, ce genre de joueurs sobre et efficace avec Nowitzki, Schröder –et peut être aussi Zipser- nous laisse entrevoir que le basket allemand a de beaux jours devant lui et qu’on n’est pas près de s’en lasser. Par Louis

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