Victoria House, London UK.15th February 2020. Isabel Manns shows her Autumn Winter 2020 designs at their catwalk show at London Fashion Week. © Chris Yates

L’industrie de la mode a toujours été l’une des plus polluantes au monde. En effet, la fabrication de vêtements se fait souvent au prix de l’usage d’énormes quantités d’eau et de l’utilisation de fibres dérivées de la pétrochimie. Devant la montée croissante des inquiétudes environnementales par le grand public, les marques commencent à réagir notamment de l’autre côté de la Manche.

Jamais la question de l’environnement n’a été aussi largement évoquée dans le milieu de la mode que durant cette saison. En coulisses comme sur les catwalks où toutes les tendances commencent, les designers intégraient de plus en plus cette réflexion dans l’esprit de leurs collections.

En exemple, lors de sa dernière fashion week de Londres, le British Fashion Council dévoilait un calendrier constitué de marques qui avaient toutes ou presque invité leur audience à se rendre compte des limites d’un modèle basé sur la surconsommation. On y retrouvait ainsi les grosses marques (Vivienne Westwood, Bora Aksu, Aadnevik, Burberry, JW Anderson etc…) mais également de nombreuses autres marques émergentes.

Parmi celles-ci, la marque Tobefrank & Molyneaux choisissait d’affirmer son identité autour du concept de sustainability (cf. « The company passionately believe it’s possible to create a genuinely inspirational fashion brand for people who want to know exactly what they’re wearing and where it comes from » dans le communiqué de presse). Ainsi, la plupart des denim, cuirs utilisés, ont tous été développés à partir de tissus durables (fibre recyclée, cuir végétal) et avec le minimum de consommation d’eau dans la production de denim. Le message de la marque est clair : prouver que l’on peut protéger la planète, tout en ne faisant aucun compromis sur le style. Dans le même esprit, Jiri Kalfar utilisait le jardin d’Eden comme inspiration pour sa collection Automne/Hiver 2020, afin d’inviter son audience à réimaginer une planète où l’homme était en paix avec son environnement et la nature. Là aussi, le designer, conscient dès ses débuts de l’impact néfaste de la production de vêtements sur l’environnement, invitait son public à embrasser l’idée que le concept de mode durable puisse être tout aussi fun.

De la même manière, Agne Kuzmickaite présentait au Victoria House une collection relativement sportswear-oriented qui invitait à la réflexion face aux problèmes écologiques, mais aussi politiques, et sociologiques du monde moderne. La question du female empowerment n’a d’ailleurs pas été en marge des défilés du monde entier cette année, plusieurs marques comme Jenn Lee, Sabirah ou encore Marques Almeida ayant choisi de s’attaquer également à ce sujet, là où on sait que la mode a un gros rôle à jouer dans les questions de women self-acceptance, mais aussi plus largement de diversité

Mulberry, grosse marque de luxe anglaise allait même encore plus loin en reconstituant dans son flagship store de Londres une ligne de production où le visiteur était amené à voir en direct le processus de création du sac Portobello, le premier sustainable bag de la marque. À côté de cela, la marque proposait même des workshops et live talks mêlant mode et concepts durables. Exact même son de cloche chez Isabel Manns, où la question du zero waste et même la réduction des pièces dans la collection était au centre de sa dernière présentation à la Fashion Week de Londres.

Dans le domaine du streetwear, on peut citer la marque DB Berdan comme un des nombreux exemples pour ses compères. Créée en Turquie, la marque utilise en grande partie des matériaux biodégradables dans la confection de ses collections, les fermetures étant par exemple faites à partir des bouchons en plastique sur les bouteilles d’eau.

De la même manière, et pour leur dernière collection AW20, le label londonien a collaboré avec ORTA, une entreprise turque recyclant le denim. Osman présentait quant à elle, et lors de la même semaine, un film dévoilant les réalités de la fast fashion. La notion du temps et de la course à la montre a enfin été évoquée par la marque Apujan lors de son dernier défilé londonien.

Dans le monde entier, les professionnels de l’industrie se mobilisent. Plus que jamais, les marques doivent donc aujourd’hui montrer l’exemple en termes de protection de l’environnement avant qu’il ne soit trop tard. Et cela commence par les podiums.

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