Contrat Supermax Lillard

Alors que Damian Lillard s’apprête à signer une extension au supermax extrêmement juteuse avec les Portland Trail Blazers, ce type de contrats questionne.

En 2017, la NBA mettait en place les contrats supermax pour les vétérans (à part de 7 années dans la ligue). Des contrats monstrueux pour les franchise players ayant obtenu des sélections au sein des équipes All-NBA ou élus Joueur Défensif de l’année ou bien MVP. Dans le cadre de ces accords, le salaire du joueur peut compter jusqu’à 30-35% du salary cap d’une équipe (plus de détails ici). Surnommé « Kevin Durant Rule », le supermax doit permettre aux petits marchés de conserver leurs superstars. En effet, seule la franchise dans laquelle le joueur évolue peut proposer ce contrat. S’il devient agent-libre, il tire un trait sur cet accord XXL. C’était et c’est l’objectif affiché par la NBA avec ces contrats. Depuis son instauration, le supermax a bénéficié à quelques joueurs : John Wall (4 ans et 170.9 millions), Stephen Curry (5 ans et 201.1 millions), Russell Westbrook (5 ans et 206.8 millions) ou encore James Harden (4 ans et 170.9 millions).

Contrats classiques vs. supermax

Le principal problème du supermax est qu’il n’est pas suffisant pour donner envie aux joueurs de rester. Kawhi Leonard, Jimmy Butler et bientôt Anthony Davis, ont tous eu des envies d’ailleurs et devraient obtenir gain de cause. En effet, lorsqu’un joueur est échangé, il conserve la possibilité de signer cette énorme extension. C’est seulement lorsqu’il arrive en fin de contrat que la question se pose véritablement. Agent libre à l’été 2018, LeBron James pouvait ainsi signer pour 5 ans et 203 millions de dollars avec les Cavaliers. Cleveland étant son ancienne équipe, elle était la seule à pouvoir lui proposer ce supermax ! Finalement, il signa pour les Lakers et pour le maximum, hors supermax, soit 4 ans et 153.3 millions de dollars. Certes, le supermax donnait un avantage de 50 millions aux Cavaliers, mais pour une superstar du calibre de LeBron James, ce n’est en rien significatif. C’est tout le problème du supermax. Lorsqu’une superstar/pokémon comme Kevin Durant ou LeBron James est agent libre, ce ne sont pas 50 millions (sur 5 ans) qui feront la différence… Si la NBA était restée sur les bases des contrats max à 100 millions sur 5 ans hors supermax, et 200 millions sur 5 ans avec le supermax, la donne aurait sûrement été différente.

Les petits marchés coincés

Face à l’essor des supermax, les franchises des petits marchés se retrouvent dans une situation bien inconfortable. En effet, si leur superstar est éligible au supermax, elles doivent offrir ce contrat. Une offre moindre risquerait d’être mal perçue, par le camp du joueur, par les fans et par les médias. On se retrouve donc dans une situation où Damian Lillard s’apprête à signer un supermax de 4 ans et 191 millions de dollars ! Lors de la dernière année de cette extension XXL, il aura 34 ans… et touchera 52.8 millions de dollars (saison 2024-25). Payer autant un joueur, alors qu’il ne sera plus dans ses meilleures années paraît insensé. Aussi et surtout, un tel contrat réduit drastiquement les chances de Portland pour entourer leur franchise player d’autres superstars… Malheureusement pour l’équipe de l’Oregon, elle n’a pas beaucoup d’autres choix. Dame DOLLA est le plus grand Blazer de l’histoire et est, à 29 ans, au sommet de son jeu.

Obligeant les franchises à sortir le portefeuille, mais pas suffisamment dissuasif pour empêcher les superstars de quitter les petits marchés, le supermax profite surtout aux joueurs. Pour changer les choses, le NBA CBA (Collective Bargaining Agreement) devrait opter pour des différences de contrats bien plus importantes. Pas sûr que l’association des joueurs y soit favorable… Dans sa configuration actuelle, le supermax ne convient qu’aux véritables superstars du type LeBron James, Stephen Curry et Kevin Durant. Le genre d’athlète qui transforme votre franchise, sportivement comme dans le marketing. Deux ans après la signature, le contrat de John Wall est en passe d’être considéré comme le pire de la ligue.

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