Cercle

Connu des amateurs d’électro depuis un bon bout de temps, Cercle est aujourd’hui suivi au quotidien par quasiment un million de personnes à travers le monde. Comment ce média culturel débarqué il y a tout juste 4 ans a bouleversé les codes de la musique électro ? Nous étions au premier festival organisé par le média le 11 mai dernier au Château de Chambord.

Sur sa page Facebook, Cercle se présente simplement comme une « livestream platform dedicated to promoting artists & venues ». Le concept n’est pas nouveau : Avant eux, un jeune anglais du nom de Blaise Bellville créait en 2010 Boiler Room, un média underground qui diffusait en live sur Internet des DJ sets à audience réduite. Certaines de ces sessions sont aujourd’hui devenues cultes et ont permis la propulsion d’un certain nombre d’ « artistes Soundcloud » tels que Kaytranada, dont le DJ set à Montréal reste encore parmi les plus populaires de la chaîne.

La différence de Cercle réside peut-être dans le choix des endroits sélectionnés pour la diffusion des lives. En effet, la chaîne qui à ses débuts diffusait des lives dans les clubs de la capitale (Faust, Nuba etc..) a progressivement élargi son spectre afin de proposer des émissions dans des lieux toujours plus insolites. Ces endroits ? Des cathédrales, des châteaux, des musées, des monuments historiques ou encore des massifs montagneux.

Parmi les lives phares de la chaîne, on note notamment la performance de Fakear sur le Pic du Midi, le live de Boris Brejcha au Château de Fontainebleau, le set de Pan-Pot au Musée de l’Air et de l’Espace, Monika Kruse sur la Tour Montparnasse etc… Et comme si ça ne suffisait pas, le média peut se targuer d’avoir organisé la première véritable soirée électro à l’aéroport Charles-de-Gaulle qui a accueilli la star de « l’électro posé » Petit Biscuit.

Mais deux émissions auront marqué les esprits en France comme dans le monde. La première : la performance de Nina Kraviz sur le premier étage de la Tour Eiffel. En effet, bien avant l’explosion du clip Au DD des deux frères de PNL sur la Dame de Fer, Cercle avait réussi l’exploit de faire venir l’une des DJ les plus respectées de la techno/house pour une poignée de privilégiés sur le lieu, et pour des milliers de spectateurs sur Internet. La deuxième : Le live d’1h30 (à huis clos) de la star de Roche Musique, FKJ, dans la plus grande étendue de sel au monde, à savoir Salar de Uyuni en Bolivie, à plus de 3000 mètres d’altitude. Car oui, la popularité de Cercle dépasse les frontières et le concept s’exporte aujourd’hui à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et en Europe de l’Est.

Victime peut-être de ce succès relativement rapide, le dernier festival Cercle au Château de Chambord, qui a vu ses billets partis en quelques minutes et a attiré plus de 20 000 personnes, a aussi vu un certain nombre d’entre eux, laissés à l’entrée. Premier véritable festival organisé par le média, l’afflux de personnes (certains venus même de l’étranger) fut tel que la logistique en place ne fut pas suffisante pour contenir une foule venue festoyer plus de 10h dans les jardins du château. En effet, peu habituée à accueillir un nombre de personnes aussi important (events habituellement sur un public plus restreint), la machine de l’organisation s’est clairement enrayée, laquelle a ensuite toutefois publié un communiqué explicatif. Malgré tout, on retiendra la performance historique de noms comme Polo & Pan, Jean Tonique, Bon Entendeur et surtout Solomun dans cet endroit prestigieux qui fêtait cette année ses 500 ans (vidéo du live de Solomun ci-dessous).

De mémoire, jamais auparavant dans l’histoire de la musique électro, une telle offre de lives n’avait été proposée, et surtout démocratisée. En effet, ce genre musical qui a longtemps été réservé à une certaine catégorie de population devient, par l’impulsion d’initiatives de ce genre, accessible au plus grand nombre grâce à la magie d’Internet (et pour les plus rapides réussissant à obtenir des tickets sur place pour les évènements Cercle systématiquement sold out). De la même manière, l’électro qui a longtemps souffert par le passé d’une mauvaise réputation liée à la consommation de drogues et autres substances illicites par son public, fait aujourd’hui son entrée dans les plus grands monuments du patrimoine français. Peut-être une sorte de revanche. Intelligemment d’ailleurs, la majorité des lives du média français sont proposés en semaine (le lundi), comme pour limiter au maximum les éventuels débordements.

À sa façon, Cercle fait donc le pont entre culture, patrimoine et musique électronique, une initiative que l’on valide à 100%.

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