Toronto Raptors 2018-2019 : MVP potentiel, effectif ultra solide, enfin contenders ?

Cette saison, les Toronto Raptors sont bien armés pour atteindre les Finales NBA. La franchise californienne s’établit comme la place forte à l’Est.

L’été dernier, après la plus belle saison régulière de leur histoire, les Toronto Raptors faisaient leur révolution. Premiers de Conférence Est (59-23), les Raptors affrontaient leur bête noire au second tour des playoffs : les Cleveland Cavaliers de LeBron James. Sans Kyrie Irving, parti aux Celtics, les Canadiens apparaissaient comme favoris sur le papier. Pourtant, ils tomberont brutalement en quatre petits matchs. La magnifique saison prenait fin soudainement avec une véritable humiliation. Le Président Masai Ujiri se décidait alors à tout changer. Ainsi, il renvoyait le coach Dwane Casey. En poste depuis 2011, il avait sans cesse fait progresser la franchise canadienne. Avec lui, la franchise connut sa période la plus faste, enchainant 5 campagnes de playoffs de suite entre 2014 et 2018 et se qualifiant pour les Finales de Conférence en 2016. Toutefois, les années Casey furent aussi marquées par l’incapacité chronique de la franchise à exister contre les Cavaliers de LeBron James.

Une autre décision extrêmement forte marqua aussi l’intersaison 2018 : le départ de DeMar DeRozan. Sélectionné en 9e position de la Draft 2009 par Toronto, il était devenu le leader et symbole de la franchise. Parmi les meilleurs joueurs offensifs de la ligue, DeRozan formait un redoutable duo avec son ami Kyle Lowry. En très grande forme en 2017-2018, il apporta 23 points, 3.9 rebonds et 5.2 passes. Il changea même son jeu pour le bien de l’équipe. Estimant que le maximum avait été atteint avec DeRozan, le front-office l’échangea en compagnie de Jakob Poltl et d’un 1er tour de Draft 2019 contre Kawhi Leonard et Danny Green. Sur le papier, la franchise canadienne réalisait une plus-value intéressante. En effet, Kawhi est le MVP des Finales 2014 et est le meilleur « two-way player » de toute la NBA. Cette belle prise fut rendue possible par une chose : le joueur arrive en fin de contrat à l’été 2019. Cela signifie qu’il pourrait partir des Raptors pour rien du tout en fin de saison. La franchise aura donc échangé DeRozan contre Danny Green. Évidemment, le plan pour les Canadiens est que Leonard souhaite resigner.

Depuis ce grand chamboulement, la franchise carbure à plein régime. C’est bien simple, elle se livre un duel à distance avec les Milwaukee Bucks pour le meilleur bilan de la ligue. Le collectif n’a jamais paru aussi, Kyle Lowry excelle comme jamais dans son rôle de meneur et surtout… Kawhi Leonard est revenu au niveau stratosphérique lorsqu’il était aux Spurs. Cette saison, il apporte ainsi 26.7 points (48.7%), 8.3 rebonds et 2.9 passes par match. Préservé par les Raptors, il ne joue pour le moment pas les back-to-back. Pourtant, son équipe fonctionne. « C’est vraiment un talent immense et quand les enjeux montent un peu, il va jouer un peu plus dur. » a dit le coach Nick Nurse à propos de Kawhi. Preuve de cette parfaite intégration, Leonard a même réussi le meilleur match de sa carrière offensivement. Face au Jazz, le 1er janvier dernier, il a ainsi apporté 45 points (16 sur 22) ! Pas vraiment attendu cette saison, Kawhi est désormais un MVP crédible. Soutenu par tout son public canadien, à chaque fois dans une ambiance dingue, il pourrait bien prolonger son séjour.

Autre révélation de l’année côte Raptors : Serge Ibaka. Arrivé en février 2017, il s’offre un second souffle depuis l’arrivée de Nick Nurse. Ainsi, l’intérieur tourne à 16.2 (53.8%), 7.3 rebonds. Bien que perturbé par les blessures, Kyle Lowry connaît une saison intéressante. Délesté de son rôle de scoreur, il brille en tant que playmaker. Avec 9.8 passes de moyenne au moment où nous écrivons ces lignes, il est l’un des meilleurs passeurs de la ligue. Cela s’explique là encore par l’intégration réussie de Kawhi Leonard. L’ancien Spur ayant moins besoin de la gonfle, il laisse le soin à son meneur de coéquipiers de s’occuper de cela. N’oublions pas non plus Pascal Siakam que personne n’attendait ! Pour sa deuxième saison en NBA, il tourne à 14.9 points, 6.6 rebonds et 2.7 passes. Il a parfaitement su tirer profit du temps de jeu accordé par son nouveau coach !

Pour vérifier par nous-mêmes l’état de la franchise, nous nous déplacions directement au Canada. Avec notre sens du timing, quasi légendaire, on sélectionnait deux chocs : Raptors vs. Sixers et Raptors vs. Bucks. Tout simplement des rencontres entre les trois meilleures équipes de la Conférence Est. Sur les deux matchs, Toronto s’imposa face à Philly 113-102 et perdit contre Milwaukee 104-99. Un bilan contrasté à domicile face à ces deux grosses écuries, mais la franchise progressait.

« Ce sont juste des gars qui veulent gagner. Nick fait un bon travail en permettant à chacun de se sentir à l’aise et en le laissant jouer son jeu. » – Kawhi Leonard

Très clairement, les Toronto Raptors jouent tout cette saison ! Premiers de Conférence Est la saison passée, ils doivent faire aussi bien en 2018-2019. Le véritable baromètre de la réussite des Canadiens sera les playoffs. Aujourd’hui, on peut considérer qu’autre chose que des Finales NBA sera décevant. Les Sixers et les Celtics apparaissent comme les principaux obstacles dans cette quête. En cas d’échec, Kawhi Leonard pourrait alors partir. N’importe quelle franchise pourra lui proposer jusqu’à 141 millions de dollars sur quatre ans. De leur côté, les Raptors seront les seuls à pouvoir envoyer 190 millions de dollars sur quatre ans. Certes, c’est un avantage financier conséquent, mais sans garantie sportive, il ne devrait pas rester.

En se séparant de DeRozan et Casey, deux personnalités adorées des fans, Masai Ujiri a montré qu’il ne faisait pas de sentiment. Les résultats sportifs seront donc le seul indicateur de réussite des siens. En cas d’échec et de départ de Kawhi, on pourrait entrer dans une nouvelle période turbulente au Canada. Il n’y aurait pour option que la reconstruction pour cette franchise. En effet, on voit très mal le collectif, si talentueux soit-il, calibré pour rivaliser avec les plus grosses cylindrées sans franchise player digne de ce nom. Les prochains mois s’annoncent passionnants pour l’équipe favorite de Drake !

Photo By: NBA

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