Trash Talk Legends – Le point de vue Diaz

Nicholas et Nathan Diaz, plus connus sous les diminutifs de Nick et Nate, sont sans aucun doute la fratrie la plus renommée dans le monde du MMA.

Si les frères Emelianenko, Nogueira, Rua, Pettis ou encore Overeem sont aussi tous passés pro, le déséquilibre de succès entre lesdits frères est à chaque fois saisissant. Par exemple je suis prêt à parier que si je vous parle d’Alexander, Rogerio, Murilo, Sergio ou Valentijn, vous me répondrez ce qu’on répond à quelqu’un qui vous annonce qu’il va bientôt faire tout noir. Ce sont pourtant, et dans l’ordre, les noms des frères un peu moins « bankables » attribués aux noms cités ci-avant.

Si les « Diaz Bros » sont si populaires dans la MMA-sphère, c’est bien sûr par leurs accomplissements exceptionnels dans la cage : leur boxe aussi précise qu’étouffante, leur Jiu-Jitsu aiguisé comme une lame de katana et leur cardio d’Uruk-Haï leur aura fait gagner un respect unanime dans la communauté des fans et des combattants. Mais ce qui les a hissés au statut de Légendes incontestées du sport, c’est une autre partie de leur arsenal, pourtant tout aussi destructrice dans la cage : leur Trash-Talk, verbal et non-verbal.

Trash Talk Legends - Le point de vue Diaz

Monnaie courante hors de la cage, le trash talk consiste à attaquer son adversaire, verbalement ou via une gestuelle provocatrice, pour tenter de le déconcentrer et de lui faire perdre ses moyens. Porté au rang d’Art par Mohamed Ali, cette pratique a été reprise avec brio par les frères Diaz : qui ne se souvient pas des doubles doigts d’honneur de Nate contre Donald Cerrone, de la sieste de Nick en plein combat contre ANDERSON SILVA ou encore des barquettes de gifles certifiées « Stockton Slap » grillées comme des petits pains à l’arrière de la tête de leurs adversaires respectifs (de « Stockton », une banlieue brûlante de Los Angeles, leur lieu de naissance et de résidence), le grand Conor lui-même n’y ayant pas échappé.

Si ces moments Velouté Fruix resteront à jamais gravés dans la rétine des petits et des grands, ils ont pourtant valu au clan Diaz la réputation de vulgaires animaux sans éducation, de dangereux psychopathes à éloigner des enfants, à la limite d’une vaccination contre la rage. On réorientera alors le jeune fan vers un George St-Pierre, pur, innocent et immaculé comme la vierge Marie, s’exprimant sans le moindre mot de travers et respectant ses adversaires du début à la fin. D’après certains proches, ses larmes seraient même utilisables pour guérir le tétanos et agrandir les pénis…

Néanmoins les frères Diaz, loin d’être les benêts cruels dont on essaie de leur affubler la casquette, ont une réflexion très élaborée sur le sujet et absolument fascinante, qui poussera à réfléchir les gâchettes faciles de la critique.

Pour eux, rien dans un combat de MMA ne justifie la classe et la politesse qu’on leur demande d’avoir. Voici les extraits d’une interview des deux frères il y a quelques années qui vous permettront de les comprendre un peu mieux et d’y voir un peu plus clair :

« Nick Diaz – Certains adversaires avant un combat viennent me voir en souriant, essaient de me serrer la main en me souhaitant bonne chance. Pourquoi est-ce que tu me souhaites bonne chance alors que tout ce que je vais faire demain, c’est essayer de te démolir ? (…)

Nate Diaz – Tout ce que les gens voient de nous, c’est lorsqu’on combat à la télévision. Les gens parlent de classe, mais est-ce qu’il y a vraiment de la classe à se prendre des coudes dans la face ? Alors pourquoi moi je devrais rester classe quand je me prends des séries de coudes au visage ? Pourquoi je devrais faire attention à ce que je dis alors qu’on essaie de m’éclater, de me mettre en sang devant mes amis, ma famille et le monde entier ? Alors oui, je m’en fiche de lever un doigt d’honneur pour ça. (…)

Nick Diaz – Si quelqu’un tente de te mettre au sol, de te slammer par terre pour t’écorcher le visage, presque de tenter de te tuer ? (…) Je pense juste que ce sport a déjà parcouru beaucoup de chemin pour être ne serait-ce qu’appelé comme ça : « un sport », pour que ça puisse être diffusé à la télé. Je pense que [d’avoir ce comportement] m’aide à ne pas tomber dans l’illusion que c’est un sport. Ce n’est pas un sport, c’est vraiment plus que ça. On se bat, ça n’a toujours été qu’un combat. »

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Il apparaît donc, après avoir écouté leur version, que lorsqu’ils traitent par exemple leur adversaire de « petite pute » avant, pendant ou après un échange dans le cage c’est pour eux une manière de hérisser les poils, de feuler pour désorienter et ne surtout pas laisser leur adversaire prendre le dessus psychologiquement dans une situation d’extrême danger. C’est un raisonnement qui se défend : comment se fait-il aujourd’hui que l’image d’une personne prenant un tibia pleine balle dans la tempe soit d’une certaine manière plus acceptable et moins violente qu’une injure ou une provocation ? Si la pensée implicite est de protéger et préserver un public non averti, finalement en quoi la violence physique est-elle plus recevable que la violence verbale ? Ne devraient-elles pas être mises sur un pied d’égalité ?

Ce sont toutes ces questions que posent les frères Diaz. D’autant que leur comportement après le combat est absolument exemplaire, renforçant encore la crédibilité de leur point de vue en rassurant sur leur système de valeurs.

Après la guerre totale de Nick Diaz contre Paul Daley, livrée avec le Pack ‘« petite salope », « qu’est-ce qui se passe, souris sale pute » et gestes de défi tout au long du combat’, Nick est allé trouver Paul et sa famille pour échanger quelques mots de réconfort, saluer tout le monde et serrer les mains des proches. Offrant une marque de respect d’une puissance plus grande encore que si les interactions entre les deux hommes avaient été limitées à leur strict minimum et totalement convenues par les standards du politiquement correct. Seulement ces images-là ne sont pas celles qui font le tour de la toile. Et ce n’est qu’un exemple parmi de nombreux, car il en est de même pour Nate après toutes ses batailles.

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Qu’ils se soient soldés par des victoires OU des défaites, les Diaz sont reconnus par tous comme étant extrêmement respectueux de leurs adversaires à la suite de chaque combat. N’est-ce finalement pas LÀ le plus important si ce que l’on cherche dans tout ça c’est de promouvoir une morale et des valeurs ?

Les plus ultra-hardcores d’entre vous dresseront alors la comparaison avec la guerre pour détruire l’argumentaire, faisant valoir le fait qu’utiliser des armes chimiques dans un conflit devient alors recevable tant qu’on rend hommage à la bravoure des troupes ennemies à la fin. Mais je rappelle que RIEN de ce que font les frères Diaz dans une cage ne viole les règles. C’est seulement mal vu parce que c’est grossier.

Alors bien sûr n’allez pas voir dans tout ça une apologie de la vulgarité, parce que même si parfois ça soulage et que savoir punchliner comme Seth Gueko dans la vraie vie ce serait quand même surpuissant, disserter comme Macron c’est quand même plus classe et plus riche lexicalement que de parler en collant bout à bout des refrains de Kaaris on ne va pas se mentir.

Alors ne commence pas à parler, à dire des choses que tu ne pourras pas assumer parce qu’on va te plier en deux, on va te faire manger tes lunettes, je vais t’arracher tes couilles je vais te lécher la chatte, alors FAIS ATTENTION !

Mvooiiilà, et pour finalement clore cet article je ne dirai qu’un mot :

STOCKTON MOTHERFUCKER ! STOCKTON !

Rust

Rust

Envoyé La Sueur à l'international, MMA chez La Sueur
Machine à tuer sympathique. La courtoisie est toujours de mise.
Rust

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