La « Stockton Slap » – Terroir de Caractère

La Stockton Slap ou à la recherche du respect

Stockton Slap (n.f) : spécialité Californienne préparée giflée et à la vapeur, servie accompagnée d’une assiette de « live trash-talk ». Uniquement par les chefs étoilés Nick et Nate Diaz.

La Stockton Slap (de l’anglais « slap » : torgnole, et Stockton, ville du Comté de San Joaquin en Californie), introduite dans le monde du MMA par Nick Diaz tout d’abord puis reprise avec succès par son frère Nate, est tout simplement l’Art de déstabiliser l’adversaire en lui calant une bonne mornifle. Utilisée comme Joker, elle peut servir à désorienter psychologiquement un adversaire qui montre des signes de faiblesse, ou à appeler un adversaire conservateur dans son approche à se livrer un peu plus.

Stockton Slap Nate Diaz

Si on décortique les derniers combats de Nate, on remarque qu’il ne commence à parler à Michael Johnson et Conor McGregor que lorsqu’il a saisi leur rythme et qu’il commence à les contrer avec succès ou à toucher plus régulièrement. Et c’est alors seulement, quand il sait que l’adversaire sent la panique monter, qu’il sort la grosse botte secrète de forain susnommée. Sensations garanties.

Contrairement à Nick, Nate se permet en plus une grimace hilare à chaque insulte ou Stockton Slap, il est alors difficile d’imaginer l’état de détresse ressentie par le clampin d’en face… Vous êtes en train de perdre le contrôle du combat, vous avalez châtaigne sur châtaigne, votre boîte crânienne commence à résonner des coups répétés et quand vous levez les yeux ou que vous captez un mot au passage, vous comprenez que le mec en face se marre comme un gosse, vient de vous mettre une gifle devant des centaines de milliers de personnes et vous annonce nonchalamment que vous avez une petite bite. C’est absolument terrifiant, ravageur d’efficacité et généralement les combattants en perdent tous leurs moyens.

Les « Diaz Brothers » sont tellement connus pour ça que tous les combattants qu’ils rencontrent avouent même s’être entraînés particulièrement à rester lucides sous la pression en demandant à leurs sparring-partners ou à leurs entraîneurs de les insulter comme un poissonnier un jour de marché pendant les séances d’entraînement !

Stockton Slap

Néanmoins vous l’imaginez, la technique n’est pas infaillible. La rencontre entre Nick Diaz et Carlos Condit en est le parfait exemple : Condit, par ailleurs combattant et finisseur hors pair, décida pour son affrontement avec le « Stockton Brawler » d’adopter une stratégie qui allait lui attirer l’ire de bon nombre de fans : l’approche « point fighting ». Pour faire court, il n’était plus question de mettre KO ou soumettre Nick, seulement de marquer plus de points que lui aux yeux des juges. Le combat fut alors une longue séquence de fuite en arrière de Carlos, prenant soin de déposer quelques pièges à loups sous forme de low-kicks, de genoux ou de combinaisons en poing, juste assez appuyés pour toucher et maintenir à distance, sans prendre le risque de se livrer.

Démuni et frustré, Nick tenta alors la « Stockton Slap » de la dernière chance,  à laquelle il ajouta un « WHAT ? » de défi pour essayer de faire réagir de quelque façon que ce fût le « Natural Born Killer », espérant alors le tirer de force de son gameplan vers des eaux plus profondes… Sans succès. Condit resta discipliné jusqu’au bout et récolta une décision partagée plus que contestable.

Si elle n’est donc pas l’arme ultime, elle aura malgré tout fait rentrer les fils prodigues de Stockton dans la légende tout autant que leurs accomplissements purement sportifs, colossaux au demeurant.

Faire ça à Robbie Motherfucking Lawler, là faut quand même une énorme dose de gangsta shit

Bas Rutten, un des pionniers du sport, considère même que la gifle est une arme sous-utilisée au MMA. En effet, elle arrive avec l’angle d’attaque (sur le côté) d’un crochet, sans nécessiter pour autant de plier le bras, ce qui est primordial pour générer de la puissance sur un crochet poing fermé. La gifle, qui peut être donnée bras tendu, est alors une inestimable arme de diversion, elle permet d’attirer l’attention et de détourner la garde comme le ferait un crochet, sans nécessiter de se rapprocher pour autant. Le cross qui suivra pourra alors être donné à pleine puissance, car délivré d’une distance beaucoup plus propice à un impact optimal.

Le man sait ce qu’il fait, il a lui-même été « King of Pancrase » en gros le champion d’une des plus grosses organisations de MMA alors que le sport apprenait alors tout juste à faire ses lacets tout seul, et où les coups paumes ouvertes uniquement étaient autorisés ! Il a également été Champion poids lourd à l’UFC. Amis rageux, passez devant on vous suit.

Le problème c’est que pour gifler au beau milieu d’un combat à mains nues, il faut une telle dose de confiance et de gangster attitude que peu s’y risquent, vraiment très peu.. de mémoire d’homme, les frères Diaz  sont même les seuls à l’avoir tenté à l’UFC. Très loin des « Slapping Contest » d’une débilité à peine compréhensible, la « Stockton Slap » est donc un art. Un met servi à des occasions très particulières et pas préparées par n’importe qui. En fait la « Stockton Slap », c’est comme quand on commence à mettre des Hôtels au Monopoly : la partie continue, mais tout le monde sait qu’à partir de maintenant, ça n’est plus qu’une question de minutes…

Rust

Rust

Envoyé La Sueur à l'international, MMA chez La Sueur
Machine à tuer sympathique. La courtoisie est toujours de mise.
Rust
Photo By: foxsports.com, mma.tv
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