Rencontre avec Yuksek qui signe enfin son grand retour
Tonight, Always on the Run,… toutes ces petites bombes de l’électro ont été composées par Yuksek. Originaire de Reims, Pierre-Alexandre Buisson est l’un des artistes les plus doués de sa génération et il revient avec un nouvel EP intitulé Sweet Addiction. Quelques jours après sa sortie, on a rencontré le DJ pour qu’il nous en dise un peu plus sur son nouveau projet, mais aussi sur son label Partyfine.
Salut Yuksek, 5 ans sans
projet solo depuis ton dernier album Living on The Edge of
Time, pourquoi ce si long break ?
Oui c’est juste
que pour bien faire les choses, il faut avoir envie de les faire.
Pendant ces dernières années, j’avais envie de travailler sur
d’autres projets et collaborer avec d’autres gens. Il y avait aussi
qu’à chaque projet solo, je n’étais pas très satisfait, donc
mécaniquement cela a pris un peu de temps.
C’est pour cela que tu t’es
plus dirigé vers le rôle de producteur ?
Oui, je l’ai
toujours fait pour d’autres personnes. Produire est quelque chose
que j’aime bien faire. Durant cette période, il y a également eu la
création du label Partyfine, un projet que j’avais dans la tête
depuis longtemps déjà.
Ces derniers jours, tu as
donc sorti ton dernier EP baptisé Sweet Addiction qui est
dans un esprit très soul. Comment tu es venu vers ce style et
comment tu as construit cet EP ?
J’ai toujours écouté
beaucoup de musique quelque soit le style et il y a des genres qui
font plus écho a ce que tu es à certaines périodes de ta vie. En
l’occurrence, la soul et le disco m’inspirent beaucoup en ce
moment. Quand je suis en studio, je ne sais jamais trop à l’avance
ce que je vais faire, c’est un peu automatique.
Cet EP va-t-il découler sur
un album ?
Oui, oui l’album est d’ailleurs fini et
devrait sortir à la fin de l’année – début de l’année
prochaine.
Beaucoup de gens te
connaissent pour le single Tonight sorti en 2008 déjà. Comment ta
musique a évolué depuis ?
Je ne sais pas trop… Comme
je disais, les inspirations me viennent sur le moment et mes albums
ne sont pas forcement réfléchis. Mon premier était vraiment quelque
chose qui était plus dans l’air du temps. En 2008, on était
quelques-uns comme Justice ou Sebastian à faire ce son un peu
compressé et agressif très French Touch. Mon premier album en 2006
était un peu plus soul et finalement, je reviens un peu dans
l’esprit dans ce premier maxi.
Parlons un peu de
Partyfine. Comment t’es venu l’idée de créer ce
label ?
Cela faisait longtemps que j’avais envie de
faire un label et un collectif comme celui-là. J’avais envie de
produire des artistes, de les aider à construire leur morceau en
studio et de commercialiser leur musique.
Comment se passe la
relation avec les artistes de ce label ?
Il y en a
certains qui se gèrent tout seul,s par exemple Jean Tonique où là
je donne plus un avis sur ces morceaux. Pour les autres, on passe
du temps en studio comme avec Get a Room où on construit les
morceaux ensemble. Dans tous les cas, avec n’importe quel artiste
j’ai toujours un rôle dans la construction de leurs sons.
Est-ce que tu as un poulain
favori parmi tous ces artistes ?
Non pas du tout.
Après il y a des choses qui marchent plus ou moins, mais j’adore
tout ce que l’on sort avec Partyfine.
Venons-en à la BO du film
Marguerite et Julien, réalisé par Valérie Donzelli.
Comment tu es venu sur ce projet ?
Ils (Valérie
Donzelli et Jérémie Elkaïm- ndlr) avaient pris un morceau à moi
pour La Guerre est Déclarée, le grand succès de Valérie et
Jérémie. J’avais adoré ce film et je ne savais pas du tout qu’il y
avait une chanson à moi quand je l’ai vu. Je me suis dit que ce
serait bien de les rencontrer. Un jour et par le plus grand des
hasards j’ai rencontré Jérémie et je lui ai dit que s’ils avaient
besoin d’un compositeur, ils pouvaient faire appel à moi. Cela a
pris 3 ans, entre-temps Valérie a refait un film (Main dans la
Main), mais sans compositeur comme pour La Guerre est
Déclarée. Un jour, elle m’a appelé en me disant qu’elle avait
besoin d’un compo pour son prochain long-métrage. Elle m’a donné le
scénario et j’ai commencé à faire deux thèmes un électro et
un classique qu’elle a beaucoup adoré. Quand on a confronté
ces deux morceaux avec l’image, ça ne marchait pas du tout, car
Marguerite et Julien est plus un film d’époque. On a donc
décidé de faire du classique avec un orchestre symphonique.
Ils m’ont fait confiance là-dessus et j’en suis très reconnaissant, car je n’avais pas d’expérience dans ce domaine. J’ai fait le conservatoire quand j’étais plus jeune, c’était donc quelque chose que je pouvais maîtriser, mais je n’en avais aucune preuve. Heureusement qu’ils connaissaient et aimaient ma musique sinon je me serais fait jeter.
On voit que beaucoup de
musiciens électro se dirigent dans cette voie, on pense notamment à
Sébastien Tellier (Saint Amour, Marie et les Naufragés).
C’est quelque chose que tu souhaites poursuivre à
l’avenir ?
Ouais carrément ! Ce serait même dans les
choses que j’ai le plus envie de faire en ce moment. Bizarrement,
Je me suis senti plus libre en faisant une musique de film qu’en
faisant un album. C’est peut-être pour cela que je n’en ai pas fait
depuis un certain temps.
Et sur le clip de Sweet
Addiction sorti la semaine dernière, le fait que tu as bossé dans
le cinéma, tu as donné plus d’importance à ce clip ou pas du
tout ?
Un peu oui, mais je n’ai jamais donné
d’importance aux clips en général même aux miens d’ailleurs. Cela
se voit, car il n’y a pas vraiment de cohérence entre le son et
l’image dans mes précédents clips. Avec Sweet Addiction,
j’avais envie de faire un truc à la fois simple et qui me
ressemble. Là, on est vraiment dans mon univers avec le studio et
cette petite fantaisie de forme.
Quel est le morceau ou
l’artiste qui t’a convaincu de faire ce métier ?
Non
il n’y en pas un en particulier. Comme je te disais, c’est plus la
musique en général. Je n’ai pas vraiment de frontières, j’écoute de
tout et je ne suis pas fan de quelqu’un en particulier à part
peut-être James Murphy et LCD Sound System qui m’ont pas mal
influencé surtout dans leurs approches.
Est-ce que tu as un artiste
ou un album qui t’a marqué depuis le début de
l’année 2016 ?
Bonne question (il réfléchit)… Non
si je mets tant de temps à te répondre c’est qu’il n’y en a pas. Je
vais y réfléchir, mais j’ai beaucoup travaillé sur mon album cette
année et je n’ai pas eu le temps d’écouter beaucoup de musique.
Merci Yuksek et très bonne continuation.



















[…] abouti avec quelques gros feats. On note aussi le clip magnifique issu de la collaboration entre Yuksek et Thomas Pesquet. Également, gros coup de coeur pour Madeline Juno. Enfin, H.E.R. dont nous vous […]