Quand Neal Adams dessine Batman

Holà les fans de pop-culture ! Aujourd’hui on va s’attaquer à un autre individu ayant forgé la mythologie des héros que nous connaissons. Cette fois-ci ce ne sera pas seulement un scénariste qui sera la star de cet article, mais un dessinateur. Je veux bien sûr parler du grand Neal Adams !

Mais qui est Neal Adams ?

Avant toute chose pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Neal Adams est un auteur et un dessinateur de renom ayant forgé et réinventé le côté sombre et lugubre d’un personnage bien connu : Batman. Cependant son parcours n’a pas été si « facile » si je puis dire. À la suite d’un refus de la part de DC pour travailler chez eux, il décida de se lancer dans le comic strip (Mini bande dessiné mise en scène pour communiquer des messages publicitaires. Ils sont publiés sur des affiches, dans des journaux, etc), tout en vaquant à d’autres occupations comme la réalisation d’affiches de films, de dessins de modes, de storyboard etc.

Neal Adams - Batman

Après quelques années, il décida de retourner vers son ancien « ami » DC comics à une période où Marvel commençait à devenir le centre de toutes les attentions (c’est à dire entre la fin des années 60 et le début des années 70). DC ayant besoin de renouveau au cours de cette période difficile, ils décidèrent cette fois-ci d’engager Neal. Il retomba amoureux du monde du comics books par la même occasion et dessina sur bons nombres de séries mettant en scène des personnages bien connus aujourd’hui par les fans de comics comme Batman, Flash, Superman, Deadman, etc. Il participa aussi à la création d’antagonistes phares de la chauve-souris que je vous présenterai sûrement un peu plus tard au cours de cette Review …

Première partie : Cross-Over Time !

Maintenant, place au comics dont je veux vous parler. Il fait partie de la collection DC ARCHIVES et porte pour titre : Neal Adams, Batman La Légende (nous tenons à remercier tout particulièrement l’éditeur URBAN pour nous avoir envoyé ce comics).

Neal Adams Batman

Cet ouvrage est un recueil des grandes histoires qu’a coscénarisé et illustré Neal Adams au sein des séries World’s Finest Comics (avec Batman et Superman) et The Brave and The Bold (avec Batman en main character se battant aux côtés d’alliés comme Aquaman, Flash …) dans un premier temps.

Alors que dire à propos de ces numéros dans leur globalité… Pour ma part, je les ai trouvés très ennuyants à lire. Je m’explique. La plupart des histoires sont plus ou moins sans intérêt et n’arrivent pas selon moi à tenir en haleine le lecteur comme les aventures de Batman ont l’habitude de le faire. Sans parler de certains retournements de situation tirés par les cheveux, je pense notamment au crossover entre Batman et Flash.

Néanmoins, il y a tout de même quelques numéros qui arrivent à sortir du lot. Dont les crossovers avec SGT ROCK et Green Arrow.

Ce qui est appréciable avec le premier, c’est d’une part le côté historique mis en avant. En effet, on retrouve Bruce Wayne en pleine seconde guerre mondiale se battant au côté d’une escouade Américaine dirigé par le SGT Rock (Sergent d’infanterie au cours de la Seconde Guerre mondiale). C’est la première fois que j’ai l’occasion de lire une telle histoire de la chauve-souris qui s’encre dans un contexte historique et c’est plutôt rafraîchissant comme changement d’ambiance. D’autre part, ce numéro mêle aussi une atmosphère proche des films d’espionnage. Étant donné que la mission de Wayne est d’infiltrer un repaire nazi pour obtenir des informations sur les contre-mesures qui seront prises par les forces de l’Axe quant aux débarquements secrets organisés par les États-Unis, et se voit donc jouer le rôle d’un vendeur de vin français. En plus de cela il s’octroie une autre identité au sein de son escouade, sans compter sur ses deux autres personnalités : Bruce Wayne et Batman. On arrive donc à un numéro mélangeant deux atmosphères différentes, mais qui réussit le pari d’être attrayant pour le lecteur.

Batman and Sgt RockThe brave and The Bold : Batman and Sgt Rock – Juin/Juillet 1969

Quant au numéro mettant en scène le Green Arrow, on a l’occasion d’observer nos deux millionnaires face à un questionnement interne : laquelle de mes deux identités est la plus importante ? Dois-je n’en choisir qu’une et m’y consacrer pleinement ?

Vous voyez où je veux en venir ? Ce sont des questions centrales dans la vie de n’importe quel héros possédant une identité secrète et nécessite une réelle réflexion tant bien pour les personnages que pour les lecteurs. Ce numéro est donc intéressant, car il est avant tout bien écrit et offre des réponses non dénuées de sens pour le lectorat. Ah oui et mention spéciale pour le costume de Green Arrow qui a été modifié sous l’impulsion d’Adams et qui a permis à Oliver Queen d’être affublé de sa fameuse barbichette !

Arrow batmanNouvelle barbichette et costume pour Ollie (image tirée du comics)

Seconde partie : T’as du talent Neal, occupe-toi de Batman et fais nous rêver !

En revanche, là les gars on s’attaque à du sérieux. Continuons l’épopée de Neal ! Après les exploits qu’il a réalisés sur les numéros de The Brave and the Bold, le superviseur des séries Batman (Detective comics et Batman) a contacté M.Adams pour dessiner sur les bds principales du chevalier noir.  Quelles en sont les raisons me direz-vous (en plus de son succès sur The Brave and the Bold) ? Tout simplement, car la plupart des fans de DC et Julie Schwartz (le superviseur) ne comprenaient pas pourquoi le « véritable Batman », que tout le monde voulait lire et voir en action, ne se trouvait pas dans les bandes dessinées principales. Et c’est donc à la suite de cela qu’on s’est retrouvé avec M.Adams au cœur même des péripéties du Dark Knight.

Certaines histoires qu’il a réalisées sont bien entendu présentes dans ce volume 1. Mais qu’est-ce qu’on peut en penser ? Malgré quelques numéros totalement passables selon moi (dont un mettant en scène un Batman chantant avec ses camarades policiers des chants de Noël … Oui, oui vous avez bien lu …), d’autres sont beaucoup moins farfelues. Je parle notamment des derniers numéros de cet ouvrage consacrés à la naissance d’un des ennemis phares de Bruce Wayne : Le Man-Bat !

Le Man-Bat arrive à rattraper en grande partie les autres histoires de Neal par sa profondeur et ses enjeux qui sont représentés par la fine frontière qui existe entre l’homme (Kirk Langstrom scientifique passionné par les chauves-souris) et la bête (le Man-Bat). On peut y suivre les conflits internes auxquels fait face Kirk avant de devenir le monstre que nous connaissons. En plus de cela, une réelle angoisse se fait ressentir à chaque page tournée et je pense que les dessins de Neal n’y sont pas pour rien.

batman 2Quand l’homme rencontre la bête (image tirée du comics)

Cependant, l’ensemble de cet affrontement n’est pas présent dans ce tome ! Vous l’aurez donc compris, il me tarde juste d’avoir le volume 2 entre mes mains pour enfin avoir le fin mot de l’histoire !

Et sinon, incontournable ou pas ?

Alors en soit on peut se dire que le volume 1 de « Neal Adams Batman La Légende » est incontournable, car il regroupe justement, comme son nom l’indique, les travaux d’Adams sur le millionnaire a la double identité (si ce n’est plus) qui ont inspiré un grand nombre d’artistes qui opèrent aujourd’hui ! Je pourrais aussi vous parler des dessins qui sont incroyablement peu dépaysant pour une personne ayant l’habitude de lire des comics récents. Je tiens vraiment à mettre l’accent sur ce point, car il est vraiment étonnant que des illustrations viellent de 40 ans puissent ne poser aucun (ou peu de) problème au(x) lecteur(s). Eh bien entendu, certaines parties de cet ouvrage me paraissent bons d’être lu pour bien comprendre la mythologie de certains individus.

Néanmoins, comme je vous l’ai dit, la qualité du comics est vraiment en forme de dents-de-scie. La majorité des numéros sont vraiment moyens, sur les 15 numéros présents, seulement 4 sont très intéressants, les autres étant soit acceptables soit totalement oubliables. Cependant, comme le disait Neal, ses premiers travaux sur Batman n’étaient pas les plus aboutis, car il n’arrivait pas à visualiser complètement le chevalier noir qu’il voulait, et que c’est vraiment au fil des aventures présentes dans ce tome qu’on peut observer une montée en gamme de sa part.

Pour finir sur cette review, qui ma foi fût plutôt longue, je vous dirais que si vous voulez découvrir un classique des comics dessinés par un de ses piliers jetez-vous sur Batman La Légende. Mais qu’a contrario si vous désirez vous extasier devant chaque case, aussi bien en termes de scénario que de qualité de dessins, et qu’il vous faut un livre qui vous passionne dès les premières pages, selon moi, ce comics n’est pas fait pour vous.

Photo By: DC Comics

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