Elizabeth Swaney, la skieuse halfpipe qui s’est qualifiée aux JO sans savoir faire de figure

Elizabeth Swaney est une athlète olympique. Réussir à se qualifier aux Jeux Olympiques est une performance incroyable. Malgré ça, certaines qualifications sont moins incroyables que d’autres.

L’espace d’une soirée, Swaney est apparue comme un ovni, une débutante dans un sport qui met en valeur les plus belles figures nécessitant une technicité exceptionnelle.

24 places sont attribuées pour une qualification en half-pipe aux Jeux Olympiques. Cependant, ces 24 places ne sont pas nécessairement attribuées aux 24 meilleures skieuses half-pipe du monde. Une nation peut envoyer au maximum 4 athlètes dans une même discipline, règle qui concerne un pays comme les États-Unis qui possède 6 skieuses dans les 20 meilleures du monde. Conséquemment à des pays qui n’utilisent pas toutes leurs places disponibles et de nombreux retraits à cause de blessures, la dernière qualifiée pour le halfpipe était la 34e mondiale dans les classements, Elizabeth Swaney.

Pour se qualifier, les règlements de la Fédération Internationale de Ski imposent au moins un classement dans le top 30 d’une étape de Coupe du Monde, et un nombre de points minimum, ce à quoi Swaney s’est conformée. Bénéficiant d’étapes de Coupe du Monde où il y a moins de 30 skieuses engagées, et de run sécures, où sans faire de grabs, de flips ou de spins, Swaney assure des petits sauts, et ne tombe pas ce qui lui permet d’assurer à chaque run un minimum de points, souvent entre 20 et 40.

Ses performances ont provoqué des réactions diverses, entre bienveillance et désaccord affirmé. Les réactions les moins enthousiastes mettaient en valeur le fait que les Jeux Olympiques regroupent les meilleurs athlètes du monde, et que par sa participation, Elizabeth Swaney se moquait de cela, du travail de sportifs et du ski halfpipe en général.

L’exemple d’Elizabeth Swaney est comparable à la performance de German Madrazo. Le mexicain de 43 ans a commencé le ski de fond il y a un an, assez longtemps pour lui permettre de se qualifier pour Pyeongchang. Le porte-drapeau du Mexique a finalement terminé dernier de sa course (15 km), à plus de 26 minutes du vainqueur. Il s’était notamment exprimé à propos de sa qualification : « Ce n’est pas important si t’as 43 ans ou s’il n’y a pas de neige au Mexique et ce n’est pas important si tu n’as pas l’argent pour poursuivre ton sport. Ce qui est important est que si tu veux le faire, tu peux le faire. »

Bien que l’histoire de Madrazo soit digne d’un véritable conte de fées, il est également légitime de se mettre à la place d’autres athlètes, qui sacrifient également leur vie quotidienne à leurs sports et qui échouent sportivement à quelques centièmes, points, ou autres critères d’une qualification olympique, également synonyme de rêve d’enfant pour eux.

Il est aussi légitime de se questionner sur la participation d’Elizabeth Swaney d’un point de vue éthique. En 2013, la Californienne de 33 ans a commencé des compétitions en coupe du monde pour le Venezuela, avant de préférer le Hongrie au Venezuela en 2015, profitant des origines hongroises de ses grands-parents.

Pour pouvoir participer aux Jeux Olympiques de Pyeongchang, Swaney a donc profité de plusieurs concours de circonstances exceptionnels et d’une faille dans le système de qualification à merveille. Quand certains dénonceront un problème éthique et sportif, d’autres mettront en valeur la belle histoire que cette athlète représente.

Photo By: Montage La Sueur

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