Interview Eliot Berthon : L’avenir du hockey français

A 23 ans, Eliot Berthon est en pleine ascension. Régulièrement sélectionné en équipe de France  cet hiver en Équipe de France, cet attaquant d’1m 75 pour 82 kg joue dans l’une des meilleures ligues d’Europe en Suisse avec le HC Bienne. Nous l’avons rencontré juste après le tournoi international d’Innsbruck où la France a affronté sur 3 jours la Slovaquie, la Slovénie et l’Autriche.

Bonjour Eliot, revenons tout d’abord sur le tournoi en Autriche où ça s’est plutôt bien passé pour toi avec 3 points au total. Comment s’est déroulé le rassemblement ?

Ça s’est bien passé même si j’appréhendais pas trop ce stage, le stage précédent en Pologne s’était déjà bien déroulé. J’y suis allé vraiment décontracter pour prendre du plaisir et faire des bons matchs. Le coach m’a donné de belles responsabilités, j’espère que ce sera donc de bons augures pour la suite des évènements.

La France finit ce rassemblement avec 1 victoire et 2 défaites. Quelle est l’importance de ce type de tournoi : gagner des matchs ou tester les joueurs ?  

Je dirais que les résultats n’ont pas beaucoup d’importance, même si l’équipe gagne des matchs c’est toujours valorisant et bon pour le mental. On est surtout là pour tester la cohésion et tester des joueurs qui sont susceptibles de faire les championnats du monde. En fait un tournoi comme celui qu’on a joué en Autriche est surtout là pour préparer les gars aux futures échéances.

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Tu es désormais bien intégré en équipe de France  et tu as de bonnes chances de faire les mondiaux en avril prochain. Quel est ton sentiment là-dessus ?

Pour moi, c’est un objectif de faire les championnats du monde chaque année, après il y a beaucoup de joueurs et on n’est pas dans la tête des entraîneurs, ce sont eux qui vont décider ce qui va se passer. Je pense que j’ai montré de belles choses et les entraîneurs ont été contents de ce que j’ai produit durant ce week-end. Après voilà, c’est clair que  c’est mon objectif cette année, il faudra faire de bons matchs de préparation et continuer à montrer de belles choses.

La concurrence reste-t-elle saine entre les joueurs, malgré le fait qu’elle soit de plus en plus relevée surtout au niveau des attaquants ?

Oui elle est saine, c’est ce qui fait la force de l’équipe de France. Il y a vraiment un bon esprit, une bonne ambiance même si c’est sûr qu’il y a de la concurrence et c’est ça qui permet aux joueurs de se surpasser pour porter le maillot. Même si on peut être retranché juste avant les mondiaux, il faut être soudé et de toute façon les plus jeunes joueurs auront la chance faire les championnats du monde à un moment donné. On n’est pas tous éternels, certains vont bientôt arrêter leur carrière internationale et à ce moment les jeunes pourront faire partie de la sélection.

 

Avec le Tournoi de qualification olympique (TQO) en septembre et le mondial 2017 qui approchent, les coaches vous mettent-ils déjà la pression ?

On a un petit peu parlé du TQO où on est passé à côté la dernière fois. Ça reste dans un coin de notre tête même si on se concentre avant tout sur les championnats du monde qui arrivent. Cependant, on sait qu’il y a une grosse échéance et qu’on devra être prêt pour se qualifier. C’est l’objectif de pas mal de joueurs de faire les JO, le rêve de tout sportif, il faudra donc être bon à ce moment-là. On ne doit pas passer à côté des JO une nouvelle fois, ce serait une grosse déception.

 Le fait que ce TQO se joue en septembre vous permettra d’avoir une équipe beaucoup plus compétitive avec notamment Pierre-Edouard Bellemare et Antoine Roussel…

Ouais c’est possible qu’ils soient là, c’est bien que tous les meilleurs joueurs y participent. De plus le fait de jouer en début de saison, peut être un bon tremplin pour la suite en club. Jouer le TQO en février, c’est toujours difficile avec les play-offs qui arrivent.

Parlons désormais de ta saison en Suisse où tu joues pour le HC de Bienne en LNA, entre ta blessure survenue en début de championnat et la dernière place au classement c’est une saison vraiment difficile non ?

Ouais à titre personnel c’est vrai que ça été difficile, je suis tombé de Très-Haut avec cette nouvelle blessure (Eliot fut plusieurs fois blessé durant la saison précédente). Là je rejoue et ça fait maintenant un moment que je n’ai pas eu de problèmes, ça me fait un peu bizarre maintenant d’enchaîner les matchs, mais ça fait du bien. Depuis mon retour ça se passe plutôt bien avec pas mal de réussite. Après au sujet de notre dernière place, c’est sûr que c’est dur, il y a des échéances importantes qui arrivent et va falloir sauver notre place dans la LNA. À nous de faire les choses correctement et d’éviter de faire la série de la mort contre le champion de LNB (en Suisse, la promotion/relégation se joue dans une série au meilleur des 7 entre le perdant des play-downs de LNA et le champion de LNB).

Comment aborde-t-on les play-downs ? Est-ce une approche différente des play-offs ?

Les play-offs c’est plus réjouissant, tu joues vraiment pour gagner et l’atmosphère est différente. Entre ces deux types de compétition, c’est le jour et la nuit, en play-offs ça fait plaisir de jouer, tu as une récompense au bout. Pour nous ça va être difficile, on a pas mal de points de retard, on va devoir cravacher pour éviter de se faire peur.

Tu as signé un contrat  de 2 ans avec Ambri-Piotta toujours en LNA qui débute la saison prochaine, parle-nous de cette signature : 

Ambri est la première équipe qui m’a approché en vue de la prochaine saison. Ils avaient déjà parlé avec mon agent quand j’étais blessé, c’était une preuve que cette équipe s’intéressait à moi. Bienne ne me faisait pas forcement d’offre donc quand Ambri a montré de l’intérêt je me suis dirigé vers eux. Même si Bienne est venu par la suite  discuté avec moi, mais décision était déjà prise, j’avais envie de partir là-bas. Ça va être une bonne expérience et cela ne peut qu’être bénéfique.

Tu as fait toute ta carrière en Suisse, serais-tu tenté de jouer dans d’autres ligues européennes dans le futur ?

Je me sens bien en Suisse,  on est dans l’une des meilleures ligues d’Europe et il y a un très bon style de vie. Après les autres championnats font envie, comme la Suède et la Finlande, mais pour l’instant je suis bien ici et je ne vois pas l’intérêt de partir et de recommencer tout à zéro. J’ai fait de belles années en Suisse même si j’ai eu pas mal de blessures.

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Tu fais partie des Français qui se sont expatriés très tôt, penses-tu que c’est une nécessité pour les jeunes hockeyeurs qui veulent réussir ?

Je ne sais pas si on peut prendre tout le monde pour exemple, après de mon côté je ne regrette pas du tout mon choix. J’ai pas mal d’amis qui jouent en France et ça s’est toujours bien passé pour eux, ce sont maintenant des très bons joueurs. En tout cas, si un jeune me demande si c’est une bonne décision, je répondrais oui. Un jeune se développe plus vite à l’étranger, on y joue plus de matchs et il y a plus d’intensité.

Tu es parti à quel âge en Suisse ?

Je suis parti tout seul à 13 ans, j’étais dans une famille d’accueil. C’est bien, ça forge le caractère et ce sont des étapes qui aident à avancer, cela a donc été une bonne décision.

Quel a été le meilleur souvenir de ta carrière ?

La promotion avec Lausanne en LNA où je n’étais même pas censé être dans l’équipe au départ 5Eliot fut prêté à Lausanne en cours de saison, alors qu’il était à Genève). Cela a été une saison formidable, surtout la fin où c’était l’apothéose. J’ai eu plein d’autres moments sympas comme mes premiers play-offs avec Genève.

Quel type de joueur es-tu ? As-tu un style de jeu particulier ?

C’est un peu dur de répondre, mais je dirais que je suis un joueur énergique. J’essaye de créer du danger, d’apporter une touche offensive. Je suis un jouer assez discipliné aussi dans l’ensemble même si ça m’arrive de péter un peu les plombs. Je suis un gros travailleur, au service de l’équipe, quelqu’un qui peut apporter du danger.

Terminons sur la Ligue Magnus avec Brest où ton frère joue. Que penses-tu de la saison des Albatros, assez exceptionnelle ?

J’ai la chance d’avoir mon père qui suit pas mal. De mon côté, je suis plus mon frère que l’équipe, mais j’ai entendu qu’ils font une super saison. Ils vont jouer les play-offs contre Angers, c’est quand même une grosse performance pour eux.  Je suis content pour mon frère, ça se passe très bien pour lui et je leur souhaite de faire un beau parcours, ce serait bien qu’une équipe outsider puisse aller le plus loin possible en play-offs.

Suis-tu régulièrement la Ligue Magnus ?

J’ai pas mal de potes qui jouent en France, je ne pourrais pas te donner le classement exact, mais je regarde les résultats de temps à autre. Je regarde surtout ce que font mes potes comme Romain Gutierrez, Antony Rech et d’autres, mais je ne suis pas à fond la Magnus.

Merci, Eliot et bon courage pour les prochaines échéances.

Photo By: lematin.ch, planetehockey.com
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