Nick « the Quick » Van Exel ou l’enfant parti trop vite

Si aujourd’hui le « baby-faced assasin » aka Stephen Curry n’a plus besoin d’être présenté, le premier joueur à être véritablement associé à la baby face n’est autre que Nick van Exel. Il incarne comme un look et une attitude nostalgique des 90’s avec cette grande gueule de 1.85m montée sur roulement à billes, mais aussi cette tête enfantine sur un corps d’athlète.

Rien ne sort de l’ordinaire lorsqu’on se penche sur l’enfance de l’ex n°9 des Lakers, abandonnée par son père, élevé par une mère dans un bled du Wisconsin  dont les playgrounds ont vu et revu le jeune Nick. Dès le lycée, il parvient à faire parler son shoot et sa vitesse avec 1300 points inscrits pour le lycée St. Joseph. Si de telles facultés baskets laissent augurer l’entrée dans une prestigieuse université, son dossier scolaire ne lui permet d’accéder qu’à la très modeste Trinity Valley Community College où son talent lui fait intégrer l’université de Cincinnati au bout de deux ans. Un parcours qui ne laissait donc pas envisager une stature de futur Laker.

De son parcours universitaire on retiendra une année conclue par élimination sur le fil en OT dans l’Elite Eight face à North Carolina, c’est au cours de cette même année que « NVE » tournera à 18 pts et 5 ast de moyennes, loin des statistiques vrombissantes de Beastbrook, mais ça tient la route. C’est donc avec d’autant plus de surprise que Le jeune Nick se retrouve drafté en 1993 par les Lakers -tout de même-, mais à la 37ème position( !). En quête d’un meneur digne de ce nom depuis que Magic a quitté le navire en 1992, Coach Pfund lui confie les clés du camion avec 81 matchs joués dont 80 comme titulaire. On peut même dire que cette expérience fut une réussite avec un premier exercice avec 12.6 pts et 5.8 ast, ce qui lui vaut de se glisser dans les débats concernant le ROY remporté cette année par un certain Chris Webber qui aura une carrière pas trop moche par ailleurs.

Situé entre la fin du showtime des années 80 et l’avènement du duo Shaq-Kobe, « Van Excellent » n’a jamais  été là au bon moment, avec les bons joueurs quand il le fallait. Souvent associé à une image de bouche-trou Nick Van Exel a tout de même réussi la prouesse de tenir une carrière longue de 880 matches avec 14.4pts/2.9rbs/6.6 ast/2.2 stl , couronnée par une sélection au All-Star Game en 1998 ; sa seule récompense individuelle. Si son jeu a souvent été comparé à celui de notre TP national , plus qu’un joueur c’est avant tout un sacré personnage que ce « NVE » sur un terrain de basket, beaucoup plus « bad boy » comme en témoigne son passage aux « Jail Blazers » lors de la saison 2004-2005. Une anecdote qui le résumerait bien est ce fameux match entre son équipe des Lakers et son futur club des Denver Nuggets. Mécontent d’un coup de sifflet contre lui, le bonhomme ne se gêne pas pour aller pousser l’arbitre jusque sur la table d’arbitrage.

Résultat des courses : sept matchs de suspension et 187000$ d’amende, mais également la confirmation d’un sacré personnage dans le paysage de la fantasque ligue. Si sa carrière se termina dans la grande discrétion des Spurs de Popovich en 2006 comme back-up de Parker justement, on retiendra sa routine de lancers francs à 1m de la ligne, ou son côté enfantin avec ses grands yeux ébahis surmontés de cette arcade entaillée . On le retiendra surtout comme un précurseur de joueurs comme Iverson qui ont su insuffler un nouveau souffle qui n’a laissé personne indifférent avec une candeur mêlée de provocation comme de grands ados, mais qui par leur jeu nous ont tant fait rêver. Par Louis D.K.

Photo By: setcelebs.com

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