Dan Henderson Part I. – la Bête du Gévaudan contre Yakari

1ère Partie : Les transitions au MMA, clefs squelettes de n’importe quel matchup

Et là si j’ai bien fait le taf, j’ai déjà perdu la moitié des lecteurs.

C’est parce que j’adore me la racler et me jeter des fleurs, de une, et parce que malheureusement, comme pour les articles de Polydamas on est obligé d’employer des termes techniques car les situations requièrent d’être vraiment précis avec le vocabulaire. Quand on parle de transitions au MMA, on parle des moyens d’amener le combat d’un secteur à un autre. Un matchup c’est une opposition virtuelle, qui prend en compte les données et paramètres des combattants avec leurs points faibles, leurs points forts et leurs petites habitudes. Et une clef squelette, ben c’est un petit bitonio qui vous permet d’ouvrir n’importe quel porte (oui monsieur).

Ce que ça veut dire c’est qu’en gros, les transitions c’est la clé. Examinons d’un peu plus près les différents secteurs au MMA pour mieux s’y retrouver et amener en grandes pompes la légende Dan « Hendo » Henderson.

Il y a le royaume du « Stand-Up » (debout), ou des combattants échangent des coups en essayant d’en prendre le moins possible (enfin pour la plupart, après il y a les Diego Sanchez de ce monde dont la tactique est d’avancer continuellement et grosso modo de prendre 3 pralines en s’approchant pour pouvoir en caler une des leurs), les combattants qui font leur beurre dans ce domaine sont appelés les « Strikers ». Ils sont généralement les plus redoutés, pour la simple et bonne raison qu’ils peuvent à tout moment vous bâcher le crâne avec une combinaison maison et vous envoyer à l’hôpital méditer sur votre place dans ce bas monde. Leur technique est tellement au point qu’il leur suffit d’un enchainement, d’un coup et le combat est terminé. Et si ils n’arrivent pas à vous faire fermer boutique, il y a de grandes chances qu’ils vous aient labouré suffisamment sur 15 minutes pour que vous pissiez noir. Certains strikers viennent directement de la source, des plus grandes organisations de kickboxing, de muay thaï ou de kyokushin. On pense à des destructeurs de civilisation comme Mirko CroCop, Alistair Overeem, Mark Hunt et plus récemment Tyrone Spong et Stephen Thompson.

Pour vous donner un petit aperçu de ce qui se fait de mieux niveau striking en ce moment, Stephen « Wonderboy » Thompson à la manoeuvre :

Il y a le royaume du « sol ». Là on est dans l’eau, et si tu sais pas nager tu meurs c’est aussi simple que ça. Ce n’est qu’une question de temps. Si debout il y a toujours une chance minime de s’en sortir en balançant une gueuse préhistorique n’importe comment en sortie de clinch ou dans un échange, au sol il n’y a AUCUNE place à la chance, si tu ne sais pas nager, bon courage pour espérer t’en sortir face à un Orque. C’est un jeu d’échec humain à base d’appâts, d’anticipation, de mouvements bien précis pour gagner du terrain et arriver dans une position bien définie en tentant d’annuler toute contre offensive adverse. Dans cette région du Game aussi, le MMA a hérité de ses Bobby Fischer, des monstres ayant passé les 25 premières années de leur vie à peaufiner leur « jiu-jitsu » ou leur « catch-wrestling » et qui ont un beau jour décidé d’aller tenter leur chances dans des compétitions se rapprochant un peu plus d’un combat réel. Et si pour certains le réveil a été brutal (Roger Gracie envoyé rattraper la sonde galiléo par Melvin Manhoef), pour d’autres ça a fonctionné à merveille et des gagnants de l’ADCC, la plus prestigieuse compétition de Jiu-Jitsu sont même devenus champions à l’UFC (Fabricio Werdum, le tombeur de Fedor) !

Une mise en bouche, sous la forme d’un classique mais efficace top 20 des soumissions à l’UFC :

Mais pour passer d’un royaume à l’autre, pas si simple..

C’est la qu’intervient la lutte. Si vous la maitrisez vous pouvez mettre le pékin d’en face sur son boule et commencer à travailler pour une soumission, du Ground & Pound et vous pouvez même, si vous êtes un vrai bandit ne rien faire, contrôler l’adversaire et gagner du temps en montrant bien que le mec (ou la fille) en dessous ne peut rien faire; c’est le « Lay & Pray » et c’est clairement pas le style préféré des fans, m’enfin il se défend.. Mais vous pouvez également maintenir le combat debout et travailler à un constat à l’amiable avec votre tibia en guise de stylo Mont-Blanc. C’est vous qui dictez là ou va le combat.

Pour essayer de vous faire saisir l’importance capital de ce secteur, utilisons une simple analogie. La chasse en terrain hostile.

Admettons, sans aucun scénario préalable, à la Tekken, que vous vous retrouviez dans une forêt du Yukon de nuit. Vous êtes un chasseur et vous savez qu’un loup pas coopératif, et dans son élément, en a après vous. Ce loup c’est le Wrestler, le combattant qui a un clair avantage niveau lutte. Ce qui suit est assez simple, si vous êtes le Van Helsing de ces forêts Canadiennes, vous le débusquez en 2 minutes, vous l’éclatez avec votre arbalète-gatling. Terminé. Ça, ce sont les strikers d’élite, des mecs ultra rodés debout avec assez de notions en lutte et au sol pour officier tranquillement et méthodiquement.

UFC 67

Maintenant, si vous n’êtes pas un ultra spécialiste, on a un problème, parce cette saloperie de loup ne fait pas de bruits et peut attaquer de toutes les directions. Si vous avez les sens aiguisés et de bon réflexes, vous arriverez peut-être à tirer juste avant qu’il ne vous atteigne et même si vous le ratez vous vous êtes donnés un peu plus de temps pour essayer de trouver une solution. Vous avez un opinel, certes, alors si jamais il vous saute dessus vous avez quelques armes, mais ce serait quand même prendre un sacré risque d’y rester… Ce sont les combattants sans véritables spécialités, des fighters assez bon partout mais transcendants nulle part. Si ça va au sol, ils ont un bon niveau de grappling pour espérer s’en sortir, se relever ou pourquoi pas même tenter la soumission, c’est leur opinel. Mais ils ne sont vraiment dominants nulle part, et si ils sont mis au sol il y a de grande chances pour qu’ils se fassent maintenir en position inférieure et pilonner par le lutteur de calibre international. Des gusses habitués à soulever, slammer, manipuler et faire tomber des masses inertes depuis qu’ils sucent leur pouce. Alors si vous allez au sol avec eux et que vous n’êtes pas un magicien du sol, leur puissance physique et leur technique vous fatigueront et alors que vous vous évertuez vainement à sortir de cette merde vous prenez des morsures de requin marteau à toutes les deux secondes.. Le fameux ground & pound.

Si vous êtes le Gérard Majax du Jiujitsu, alors lorsque le loup vous taclera c’est le début de la vraie bagarre. Sa technique et sa puissance contre tout votre armada. Des couteaux de bouchers, des tasers, des cordes de piano.. Vous avez l’arsenal de l’agent 47 dans les poches de votre short Cargo. Vous appartenez donc aux Grapplers, de vraies plaies pour les lutteurs si les mecs se débrouillent aussi debout.

Vous avez maintenant les 3 grands axes avec des infinités de variations : des lutteurs tombés amoureux du stand up, des strikers à la « takedown defence » cimentée, les combattants bon partout qui développent une lutte adaptée au MMA et une défense inviolable. Et vous avez les loups, alpha, un peu bricolos qui se construisent des missiles antichars.

Ça, c’est Dan Henderson.

Bienvenue en Enfer.

By Rust

Photo By: thefoullanguage.com, foxsports.com
3 Discussions on
“Dan Henderson Part I. – la Bête du Gévaudan contre Yakari”

Leave A Comment

Your email address will not be published.